La chute des prix du pétrole risque d’être fatale pour les producteurs dont les coûts sont élevés

Par Randeep Somel, Equipe Actions chez M&G

La baisse des prix du pétrole : une opportunité pour les investisseurs ?

Il y a trois ans, l’OPEP s’est élargie pour devenir « OPEP + » (avec des pays tels que la Russie, le Kazakhstan et le Mexique) pour faciliter le contrôle de l’approvisionnement en pétrole. Cette coopération s’est effondrée au début du mois lorsque la Russie a refusé de réduire sa production pour maintenir le prix du pétrole, entraînant alors une forte riposte de l’Arabie saoudite qui a déclaré qu’elle ne subirait pas le poids des réductions et qu’elle augmenterait sa production à faible coût.

Les pays de l’OPEP et de l’OPEP+ n’ont pas fonctionné à pleine capacité afin de maintenir les prix plus élevés. Leur relation étant désormais rompue, ils atteignent des taux de production records et inondent le marché. Cela a lieu à un moment où la demande mondiale de pétrole diminue du fait de l’impact économique négatif du COVID-19 (Coronavirus), entrainant un prix du pétrole très faible.

A moyen terme, la pression sur le prix du pétrole va rester à la baisse. Si l’Arabie saoudite veut imposer une discipline à plus long terme, elle doit montrer qu’elle est déterminée à faire face aux nouvelles menaces qui pèsent sur l’approvisionnement. L’offre à coût élevé, tel que le schiste américain, devra être retirée définitivement du marché pour que celui-ci retrouve son équilibre, ce qui pourrait prendre jusqu’à un an. 

Le pétrole sur le déclin

Le passage à l’électrification constitue une menace à long terme pour la demande de pétrole. Environ deux tiers de la demande sont utilisés pour le transport. Les sources d’énergie renouvelables (éolienne, solaire) ou encore l’hydrogène produit de façon renouvelable associé à une meilleure capacité de stockage d’énergie (à savoir les batteries au lithium) vont continuer à concurrencer le pétrole comme principal carburant pour les transports.

La législation ne sera pas non du plus favorable au pétrole : à titre d’exemple, le gouvernement britannique a annoncé vouloir interdire la vente de toute nouvelle voiture à essence et diesel d’ici 2035. Les consommateurs vont commencer à réagir à ces changements et à modifier leurs comportements et leur consommation en conséquence. 

Les entreprises Royal Dutch Shell, BP et Total ont toutes récemment acheté des sociétés de recharge de batteries de voitures. Celles-ci constatent clairement que l’industrie se tourne vers les véhicules électriques à batterie et veulent pour autant rester des acteurs incontournables. La chute du prix du pétrole risque donc d’être fatale pour les producteurs dont les coûts sont élevés, contraints alors de devoir sortir définitivement du marché.

Cet environnement représente un bon point d’entrée pour les investisseurs qui souhaitent acheter des sociétés productrices de pétrole à bas prix capables de traverser la période actuelle de prix bas et d’attendre que le marché atteigne un nouvel équilibre de prix plus élevés.