Comprendre la composante gouvernance – le G de ESG

Par l’équipe en charge des actions allemandes et européennes de MainFirst

Le terme « ESG » présente de multiples facettes et couvre un grand nombre de sujets différents de manière simultanée. Tout comme pour la valorisation fondamentale des actions, une approche unidimensionnelle est loin d’être suffisante. Par conséquent, une réflexion multidimensionnelle est nécessaire pour obtenir la vision la plus exhaustive possible d’une entreprise. Le recours à des directives rigides pour évaluer ou classer une entreprise ne reflètent pas suffisamment les réalités de la diversité économique et les caractéristiques propres à certaines entreprises. 

Bien que des progrès quantifiables, par exemple dans la réalisation des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, puissent encore se mesurer et être documentés à l’aide de chiffres, une appréciation de la bonne gouvernance d’entreprise basée essentiellement sur des chiffres est beaucoup plus difficile, sujette aux erreurs et ambiguë. La définition d’une bonne gouvernance d’entreprise est en réalité subjective. En particulier lorsqu’il s’agit d’entreprises familiales, il existe de nombreux points de vue divergents en matière de bonne gouvernance d’entreprise. La législation allemande prévoit la séparation classique des pouvoirs entre le conseil d’administration, le comité de surveillance et l’assemblée générale annuelle. La composition du comité de surveillance, qui supervise la gestion, est un facteur décisif. Est-il composé de penseurs indépendants, critiques et

dotés d’une vaste expérience ? Ou s’agit-il simplement d’hommes nommés au gré de la direction ? Les mandats multiples ne sont que trop fréquents, notamment dans les grandes entreprises. Cela signifie souvent qu’un contrôle rigoureux des problèmes multidimensionnels au sein des grandes entreprises n’est pas garanti.

Pour notre équipe, qui se concentre sur les actions allemandes et européennes, les qualités de gestion ont toujours été le critère le plus déterminant en vue d’un investissement, après la valorisation. L’évaluation de la gestion d’entreprise constitue une partie de l’ADN de notre approche d’investissement. Des qualités telles que l’honnêteté, la fiabilité, la transparence, une pincée de conservatisme, mais aussi la capacité à accepter la critique sont importantes pour maintenir l’intégrité d’une société cotée en bourse. La direction est légalement tenue d’agir en qualité d’intermédiaire entre toutes les parties prenantes. Il est donc d’autant plus important de procéder à une analyse approfondie pour déterminer si les objectifs de la direction correspondent à ceux des actionnaires. Une première indication de ce fait peut être trouvée en se penchant sur les dispositifs d’incitation financière à long terme de la rémunération des dirigeants. Idéalement, même une direction non actionnaire devrait agir dans une optique de durabilité entrepreneuriale, comme si l’entreprise lui appartenait. Toutefois, le fait que les dirigeants ne soient en fait que les employés des propriétaires de l’entreprise – autrement dit, les actionnaires, est une idée souvent négligée dans la salle du conseil d’administration.

Quant à l’institution de l’assemblée générale annuelle, il convient de noter en particulier le rôle des actionnaires majoritaires et leur implication dans ces sociétés. C’est l’une des raisons pour lesquelles les entreprises familiales reçoivent souvent des notations très différentes de la part de diverses agences de notation externes. Cependant, ce sont précisément les entreprises familiales que nous considérons comme les entreprises les plus orientées vers le développement durable. En effet, l’optimisation à court et moyen terme de la rémunération sur la durée d’un mandat de gestion n’y est pas l’objectif principal. À la place, les entreprises familiales responsables pensent en termes générationnels. La réputation et la préservation du travail de toute une vie de la famille sont d’une importance primordiale à leurs yeux. En fin de compte, cette attitude constitue la base d’un succès durable. Sur le même principe, leurs relations extérieures sont également axées sur ce succès continu. La priorité accordée au bien-être à long terme de l’entreprise, y compris de ses actionnaires, de ses employés et des autres parties prenantes, contribue à une plus grande cohérence dans la gouvernance d’entreprise, ainsi qu’à la préservation et à l’augmentation de sa valeur. La réduction des optimisations de la structure du bilan signifie que les dépenses pour la croissance future, grâce à la recherche et au développement ou aux investissements d’expansion, peuvent être financées sans discontinuité, même en temps de crise. Les vagues de croissance inorganique, telles que pratiquées par certaines grandes entreprises, pourraient mettre en péril cette flexibilité même.

Le principal défi des entreprises familiales est la succession, c’est-à-dire la transition harmonieuse d’une génération à l’autre. Tout doit être en place pour que la transition se fasse dans de bonnes conditions. C’est l’un des risques liés à l’investissement dans une entreprise familiale. Ces questions primordiales sont également étudiées et validées lors de nos nombreuses réunions. De plus, en tant qu’actionnaires, le plein exercice de nos droits de vote lors des assemblées générales annuelles revêt une grande importance pour nous et nous les exerçons scrupuleusement et de manière fiduciaire depuis des années.

L’entretien avec un représentant de l’entreprise de haut niveau est une condition préalable pour pouvoir être intégré à nos fonds. Après investissement par le fonds, des actualisations régulières – que ce soit de manière virtuelle, en personne en nos bureaux à Francfort, lors de conférences ou dans l’entreprise elle-même – font tout autant partie du processus, et ont même lieu dans certains cas plusieurs fois par trimestre. Par-dessus tout, nous entretenons des contacts très étroits avec les dix premières entreprises de nos portefeuilles concentrés. Un dialogue actif sur les développements commerciaux en cours, le développement stratégique de ces entreprises et les aspects liés à la durabilité est essentiel.

En règle générale, une approche plus nuancée de la gouvernance est nécessaire lorsqu’il s’agit de petites et moyennes entreprises. Il est compréhensible que ces entreprises n’aient pas toujours les ressources nécessaires pour mettre en place leur propre infrastructure permettant de traiter les nombreuses problématiques liées au contrôle et à la communication des aspects de durabilité. Pour cette raison, ces entreprises passent souvent injustement à travers les mailles rigides et quantitatives des grandes agences de notation et se voient attribuer des notes plus faibles. Mais c’est précisément là que nous intervenons, que nous nous impliquons et que nous nous forgeons notre propre opinion grâce à un échange direct. Cette évaluation différenciée des entreprises s’inscrit parfaitement dans notre approche ascendante de sélection de titres.

Une intégration plus approfondie des critères ESG à notre processus d’investissement a permis, outre le maintien du niveau élevé de la composante « gouvernance », de mettre davantage l’accent sur les questions environnementales et sociétales. Néanmoins, la prise en compte de ces aspects faisait déjà partie de notre évaluation fondamentale de l’entreprise. Nous avons toujours examiné les aspects tels que la rotation du personnel, les risques environnementaux ou la manière dont l’entreprise se comporte avec ses propres employés. Nous avons pris la décision d’intégrer des données supplémentaires et fournies par Sustainalytics dans le processus décisionnel, afin d’obtenir de plus amples informations en amont de nos décisions d’achat. Cela nous permet de disposer d’une vision plus exhaustive de nos entreprises. La transposition de ces connaissances en surperformance à long terme est l’une des principales différences et avantages de la gestion active de fonds par rapport aux stratégies d’investissement passives.

Auteurs: Olgerd Eichler, Evy Bellet, Alexander Dominicus, Alexander Lippert

L’Équipe gère les fonds MainFirst Top European Ideas Fund et MainFirst Germany Fund.

À propos de MainFirst Asset Management

MAINFIRST ASSET MANAGEMENT est une société de gestion européenne indépendante et multi-boutique avec une approche de gestion active. La société gère des fonds communs de placement et des mandats dédiés. Dans le cadre de son approche multi-boutique, MainFirst se concentre sur des stratégies d’investissement au sein de classes d’actifs choisies, à savoir les actions, les obligations, les portefeuilles multi-actifs et produits alternatifs liquides. Nos équipes de gestion expérimentées, qui affichent un historique de performance de longue date, développent des stratégies et des processus d’investissement dédiés et individuels. MainFirst combine ainsi l’expertise et la flexibilité de différentes équipes d’investissement avec les forces et les processus clairement définis d’une vaste plate-forme internationale.