Le monde merveilleux de la reflation

Par Ethenea

Depuis près d’un an, le soutien apparemment sans fin des banques centrales, ainsi que les mesures budgétaires successives, ont alimenté un boom sans précédent sur le marché actions. Actuellement, il semble que tous parlent d’un environnement reflationniste persistant. Quel en est l’effet sur la construction de portefeuille d’un fonds multi-actifs ?

La reflation se définit généralement comme la phase initiale d’une reprise économique après une période de contraction. Suite à la pandémie de 2020, les mesures de soutien sans précédent adoptées par les autorités monétaires et budgétaires, ainsi que le déploiement progressif des vaccins contre la Covid-19, ont instauré les conditions préalables à une reflation économique mondiale. Un tel environnement est considéré comme positif pour les actifs à risque. Tout d’abord, les États-Unis vont bénéficier de la combinaison de la politique budgétaire et monétaire. Toutefois, la hausse des prix des matières premières et l’augmentation de la demande d’importations devraient également s’avérer profitables à l’ensemble des marchés émergents. 

En prévision de la poursuite de la reprise économique, les taux d’intérêt augmentent régulièrement, mais modérément, sans peser sur les prix des actions, qui continuent également à progresser. L’on assiste presque partout à une hausse des taux d’intérêt. Dans la zone euro, celle-ci a toutefois quelque peu ralenti car, d’une part, la croissance y est légèrement plus faible et, d’autre part, les taux d’intérêt doivent rester bas en raison de la dette publique élevée de certains Etats membres. Cela concerne principalement la partie longue de la courbe de rendement, qui devrait au moins retrouver les niveaux d’avant la crise, comme cela s’est déjà produit dans de nombreux cas. 

En tant que gestionnaires de portefeuille actifs, nous avions déjà ajusté le positionnement de notre fonds multi-actifs, Ethna-Aktiv, en conséquence au cours de l’année dernière. A première vue – surtout si l’on considère que les tendances observées sont déjà dominantes depuis un certain temps – l’allocation d’actifs appropriée semble être claire :

  • Les actions sont préférées aux obligations, les entreprises cycliques, les petites capitalisations et les titres des marchés émergents sont les plus performants. L’expérience montre que ce type d’environnement favorise les valeurs financières et énergétiques. Toutefois, les titres « value » qui ont sous-performé pendant un certain temps devraient également mieux se porter durant cette période.
  • Les prix des matières premières continuent également à grimper. Tous les types de métaux industriels et les sources d’énergie devraient bénéficier de cette évolution. Après une consolidation des hausses de prix déjà considérables ces 12 derniers mois, leur progression devrait se poursuivre. 
  • Tout cela s’accompagne d’un dollar américain globalement faible.

Il y a tout juste un an, cependant, à la veille de la pandémie, l’allocation d’actifs optimale était différente. Nous nous trouvions alors en « fin d’automne » d’un cycle économique dont la durée ne pouvait pas réellement être anticipée. En conséquence, un positionnement modéré à légèrement surpondéré en actions et une sensibilité élevée aux taux d’intérêt dans un portefeuille obligataire beaucoup plus important qu’aujourd’hui, représentaient alors l’allocation optimale.
En comparaison, la composition actuelle du portefeuille représente un véritable tournant. L’évolution de l’environnement de marché a nécessité un certain nombre d’ajustements de l’allocation. Même sur cette période d’investissement relativement courte, il est clair que le simple fait de pouvoir investir dans diverses classes d’actifs ne garantit pas un portefeuille équilibré, mais constitue simplement une condition préalable de base. Pour réussir sur le long terme, nous pensons que l’ajustement flexible des décisions d’investissement à un environnement macroéconomique changeant est essentiel.