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Les invariants d’un monde qui change (EDRAM)

22/01/2026
Les invariants d’un monde qui change (EDRAM)

Alors que l’ordre mondial se transforme à grande vitesse, certaines constantes humaines continuent de produire les mêmes excès et les mêmes désillusions. Une grille de lecture lucide pour comprendre les dynamiques géopolitiques, économiques et boursières actuelles, sans céder au catastrophisme.

Le point actu d'Edmond de Rothschild Asset Management daté du 23 janvier 2026, par Jacques-Aurélien Marcireau, Co-Responsable de la Gestion Actions


3 points à retenir

  • Les mutations rapides du monde masquent des invariants humains qui expliquent la répétition des excès économiques et financiers.

  • Les victoires de court terme, qu’elles soient géopolitiques ou boursières, portent en elles des coûts différés mais inévitables.

  • Investir reste indispensable, mais certaines périodes exigent une priorité absolue à la préservation du capital plutôt qu’à la recherche de performance maximale.


L’ordre mondial, qu’il soit économique, géopolitique, technologique ou encore sociétal évolue avec une vélocité déconcertante. Paradoxalement, les invariants liés à la nature humaine se manifestent avec une régularité continue.

Les ambitions territoriales, les stratégies déraisonnables au service de projets grandioses, ou encore l’aveuglement face à l’appât du gain, sont aussi vieux que le monde et leurs conséquences n’en sont pas moins récurrentes.


Une grille de lecture des excès contemporains

C’est à l’aune de ces invariants que l’on peut offrir une lecture simple des actions récentes du président Donald Trump, des investissements hasardeux issus de la décennie de taux zéro et de l’engouement sur les infrastructures IA, ou encore de la vision uniformément positive des stratégistes pour les perspectives boursières en 2026 toutes classes d’actifs confondues.

Les conséquences sont connues, l’incertitude est le calendrier pour la matérialisation des effets de ces actions.


Géopolitique : le prix différé des victoires rapides

Sur le plan géopolitique, les victoires de court terme ne manqueront pas de susciter une défiance supplémentaire vis-à-vis des Etats-Unis dont le prix économique sera porté par les entreprises exportatrices qui ont bénéficié à plein du soft power américain au cours des décennies écoulées, face aux alternatives chinoises ou autres.


Économie : quand les excès détruisent la valeur

Sur le plan économique, les excès se traduiront par de la destruction de valeur, la liquidité des marchés ne pouvant jouer qu’un rôle de retardateur. Même des puissances disposant de tous les leviers économiques à l’image de la Chine n’ont réussi à éternellement différer les excès – notamment du marché immobilier -, pourquoi supposer que la baisse des taux puisse dissimuler éternellement le fait que certaines licornes ne devraient même pas exister et que de nombreux datacenters dédiés à l’IA générative finiront avec des retours sur investissements bien en deçà des espoirs, fruits d’une surcapacité et concurrence farouche ?


Marchés actions : la capitulation des sceptiques

Enfin, concernant les perspectives boursières 2026, trois années de marchés en ébullition (+27 %, +20 % et +7 % respectivement en euro pour 2023, 2024 et 2025¹) ont eu raison des investisseurs prudents, qui cumulent désormais un manque à gagner colossal. Ils n’ont plus vraiment de crédibilité à exprimer leurs doutes, qui seraient aussitôt assimilés à une simple aigreur de s’être trompés. Toutes les fins de marchés haussiers sont marquées par la capitulation des sceptiques et donc de l’acheteur marginal.


Investir sans illusion mais sans retrait

Après lecture de ces lignes, la tentation de la grotte, de l’abri anti atomique et de l’investissement en cash est forte. Ce n’est pourtant pas notre message.

Se tenir à l’écart des marchés actions est impossible pour préserver et fructifier un patrimoine en termes réels, dans un monde ou l’inflation est fille de la (re)fragmentation du monde.

Cependant, certaines années, il faut investir avec comme objectif de ne pas perdre, et non pas de gagner le plus possible et se prémunir des risques liés aux trois vecteurs identifiés précédemment.


¹ Source : Edmond de Rothschild AM (France) et Bloomberg. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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