Le ratio or/pétrole s’envole : un signal de stress… pas forcément économique

Le « gold-oil ratio », qui mesure le nombre de barils de pétrole qu’une once d’or permet d’acheter, atteint des niveaux inédits depuis 2020, traduisant à la fois la flambée du métal jaune et la chute du brut. Avec un or à près de 4.350 dollars l’once et un Brent autour des 60 dollars le baril, ce ratio s’établit à 69, contre une moyenne de 18 sur le long terme, selon DWS.
Traditionnellement, ce baromètre illustre la peur du marché : le pétrole chute lorsque la croissance ralentit, tandis que l’or monte en période d’incertitude. « Le pétrole, vital pour l’économie réelle, souffre en cas de ralentissement, tandis que l’or devient refuge », résume Stephen Innes (Spi AM).
Mais la hausse actuelle tient à des causes multiples : excès d’offre pétrolière, reflux du dollar, baisse des taux, et surtout achats massifs d’or par les banques centrales désireuses de réduire leur dépendance au billet vert.
Autrement dit, l’ascension du ratio reflète autant des tensions géopolitiques et des facteurs structurels que la peur économique pure. Si Deutsche Bank prévoit qu’il pourrait grimper encore (jusqu’à 72 ou 73 barils par once en 2026), le marché, lui, reste loin d’une panique comparable à celle du printemps 2020.
