Les investisseurs misent sur la décorrélation pour affronter un marché incertain

Face à la corrélation croissante entre actions et obligations, les investisseurs cherchent désormais des actifs capables d’évoluer indépendamment des grandes classes traditionnelles. Cette quête de décorrélation s’est imposée comme la priorité depuis 2022, dans un contexte marqué par des taux élevés, des tensions géopolitiques et des marchés d’actions déjà chers.
Les sociétés de gestion s’adaptent. Chez DNCA, un fonds de matières premières (Strategic Resources) investit dans les métaux précieux et de transition (cuivre, platine, aluminium) pour offrir une protection contre l’inflation et les chocs politiques.
D’autres, comme UBP AM ou J. Safra Sarasin, misent sur les cat bonds (obligations liées aux catastrophes naturelles) ou sur les fonds d’affacturage, des solutions totalement décorrélées des marchés actions.
Les flux massifs vers l’or (45,6 milliards d’euros en Europe selon BlackRock) et les ETF crypto témoignent aussi de cette recherche d’actifs alternatifs. La fin du modèle 60/40 (60% actions, 40% obligations) pousse les gérants à explorer de nouvelles allocations : 50/30/10/10, selon BlackRock, intégrant des stratégies de performance absolue.
Enfin, la diversification s’étend même à l’intérieur des portefeuilles : la Chine, moins corrélée aux marchés occidentaux, ou les fonds obligataires flexibles deviennent des leviers d’équilibre dans un environnement où l’incertitude est devenue la norme.
