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Conférence annuelle de Carmignac : essor de l’IA, géopolitique et allocation d’actifs pour 2026

02/02/2026
Conférence annuelle de Carmignac : essor de l’IA, géopolitique et allocation d’actifs pour 2026

Lors de sa conférence annuelle, Carmignac a mis l’accent sur l’essor de l’intelligence artificielle. Les intervenants ont également analysé les tensions géopolitiques et détaillé leurs recommandations en matière d’allocation d’actifs, soulignant l’importance de la gestion active dans un environnement marqué par l’incertitude.

Carmignac a fait salle comble jeudi 22 janvier pour sa conférence annuelle au Pavillon Gabriel à Paris. Kevin Thozet, portfolio advisor & membre du comité d'investissement, a ouvert la séance en indiquant que la société de gestion gère désormais 41 milliards d’euros, contre 33 milliards en janvier 2025. « La collecte a été diversifiée sur des fonds d'obligations flexibles, des fonds crédits avec ou sans maturité, des actions internationales, des actions émergentes, de la dette émergente et de la gestion alternative », précise-t-il. L’année 2025 marque selon lui un retour à la régularité pour Carmignac. Quant à 2026, l’année devrait être guidée par deux grands thèmes : l’intelligence artificielle et la géopolitique.

Raphaël Gallardo, chef économiste, a ensuite présenté ses anticipations pour l’année à venir. Sur le plan géopolitique, après une trêve commerciale, le climat reste tendu : « Malheureusement, Donald Trump a de nouveau brandi l’arme tarifaire face aux Européens dans le cadre du dossier sur le Groenland et face à la Chine dans le cadre de sa stratégie de pression sur l’Iran », note l’expert. En parallèle, les tensions sur l’Ukraine et l’Iran sont élevées. « Sur le dossier ukrainien, Donald Trump a renoncé à sa stratégie de pression sur l'économie russe via les tarifs secondaires, explique-t-il.Nous ne pensons pas qu'il y aura un cessez-le-feu avant au moins l'automne. En attendant, l'armée ukrainienne continuera de cibler des infrastructures énergétiques russes.» Au contraire, sur le dossier iranien, la stratégie de pression économique fonctionne depuis le mois de décembre. « L'économie iranienne est à terre, il y a une opportunité historique pour les Israéliens et Américains de renverser le régime des mollahs, avance-t-il*. Pour ces deux raisons, nous pensons que la prime géopolitique sur le pétrole restera élevée à court terme.»* L’expert évoque ensuite l'assouplissement monétaire : « c’est un facteur positif qui s’essouffle », pointe Raphaël Gallardo, qui précise que la relance budgétaire devrait prendre le relais : *« Nous allons avoir un passage de témoin entre la relance monétaire et une relance budgétaire synchronisée entre les Etats-Unis, la Chine, le Japon et l’Allemagne ».*Cette combinaison devrait selon le spécialiste maintenir une croissance mondiale stable, autour de 3 %, portée par l’IA, le reshoring industriel et militaire et les politiques budgétaires.

L’intelligence artificielle sur le devant de la scène

L’attention s’est ensuite portée sur l’IA, identifiée comme un moteur clé des marchés. Frédéric Leroux, responsable de l’équipe cross asset et gérant s’est d’abord demandé s’il existait une bulle. Comparant cette technologie aux grandes révolutions industrielles, il souligne le fait que « les bulles sont nécessaires pour diffuser la nouvelle technologie dans l’économie ». Elles permettent en outre de financer des investissements colossaux, même si certaines entreprises en paient le prix. La transformation engendrée par l’IA depuis fin 2022 est profonde, mais devrait s’inscrire dans le temps. De plus, les principaux investisseurs dans l’IA sont aujourd’hui de grandes entreprises déjà rentables, capables d’absorber d’éventuels échecs sans disparaître. « Le risque de bulle rapide avec un effondrement des marchés actions n’est vraisemblablement pas le scénario à avoir en tête, les vrais risques sont macroéconomiques », détaille-t-il. Et pour traverser profitablement cette période, il faut selon lui répondre à plusieurs exigences : bien comprendre la technologie et ses tendances, être un gérant d’actifs capable de passer d'un secteur à un autre, et savoir se diversifier.

Maxime Carmignac, directrice générale de Carmignac UK estime de son côté que la gestion active est essentielle pour capter cette valeur. Concernant les actions, elle précise que « la gestion active peut créer de la valeur à deux conditions : un fonds transfrontalier et une part active élevée, au-dessus de 80 % ». Tout en précisant que Carmignac répond à ces deux critères. « L’IA est volatile et brutale, mais on ne peut pas aujourd’hui l’exclure des investissements car c’est là qu’une grande partie de la valeur est créée », ajoute-t-elle. De fait, être accompagné d'experts pour investir au bon moment au bon endroit, notamment dans les sous-jacents de l’IA, est essentiel pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis. « L’écosystème et la flexibilité sont indispensables pour appliquer l’expertise au bon moment », pointe-t-elle. Pour Naomi Waistell, gérante, « le futur de l’IA ne sera pas déterminé par qui a le meilleur modèle, mais par qui peut industrialiser et implémenter l’IA dans l’économie réelle ».

Quelle allocation d’actifs pour 2026 ?

La conférence annuelle a ensuite laissé place à une discussion sur l’allocation d’actifs, qui met en lumière un changement de paradigme : « La nature de la politique économique a changé : d’un côté, les banques centrales sont en retrait, de l’autre, les gouvernements reviennent avec des politiques budgétaires très agressives », indique Jacques Hirsch, gérant. **Cette situation soutient la croissance nominale et les actions, mais pèse sur la duration obligataire et impose une diversification avec, par exemple, les matières premières. L’or demeure un actif clé : « La demande des banques centrales commence à être forte. Pas plus tard qu’hier, la banque centrale de Pologne a annoncé qu’elle allait acheter 150 tonnes d’or », explique Jacques Hirsch. Carmignac apprécie notamment les minières pour leur stabilité et leurs coûts d’extraction bas. Le cuivre est également cité par la société de gestion, qui met en avant la demande croissante pour ce métal.

Sur les marchés actions, l’exposition est guidée par la volatilité. « Nous nous exposons à des valeurs qui devraient bénéficier d’un accroissement de la volatilité, comme les bourses », déclare Jacques Hirsch. Des positions défensives sont également prises dans la consommation de base  pour leur corrélation négative avec le marché. Concernant le crédit et les taux, ils font l’objet d’une attention particulière. « L'intelligence augmentée va bouleverser les marchés de crédit, indique à son tour Pierre Verlé, responsable équipe crédit et co-responsable équipe obligataire. D'un point de vue fondamental, il ne s'agit plus d'analyser  la profitabilité d'un émetteur, il faut comprendre sa robustesse. » D’un point de vue technique, les financements massifs de l’IA vont selon lui modifier l'équilibre entre l’offre et la demande sur le crédit. Au sujet des taux, Carmignac mise sur la prudence, en outre pour les taux américains. Enfin, l’international est considéré comme un levier de performance par le gestionnaire. L’attention se porte sur le Japon et les marchés émergents, notamment l’Amérique latine. In fine, dans un environnement économique et géopolitique marqué par une forte instabilité, Edouard Carmignac, président et CIO, invite l'audience en fin de conférence à « aller au-delà de la mousse des événements » pour se concentrer sur les signaux de fond.

Retrouvez tous les messages clés de la conférence ici

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