Donald Trump relance la dérégulation bancaire et donne un avantage décisif à Wall Street

Les grandes banques américaines s’apprêtent à bénéficier d’un allégement massif des règles prudentielles. L’administration Trump travaille à un vaste plan de déréglementation du secteur bancaire, revenant sur les garde-fous instaurés après la crise de 2008. Objectif : libérer plusieurs milliers de milliards de dollars de capitaux pour financer l’économie américaine et renforcer la suprématie mondiale des établissements de Wall Street.
Selon le cabinet Alvarez & Marsal, ces réformes pourraient libérer jusqu’à 2.600 milliards de dollars de capacité de prêt, soit 16 % du total des actifs bancaires américains. En allégeant les exigences de fonds propres et en abandonnant certaines normes internationales de Bâle III, les géants comme JPMorgan ou Goldman Sachs disposeraient de marges de manœuvre inédites pour financer la transition énergétique, l’intelligence artificielle ou les infrastructures.
Face à ce tournant libéral, l’Europe campe sur une position prudente. Christine Lagarde a exclu tout abaissement des standards prudentiels. Mais certains, comme le chancelier allemand Friedrich Merz, plaident déjà pour une réponse européenne afin d’éviter un décrochage compétitif.
La Fédération bancaire française appelle d’ailleurs à une « troisième voie » : alléger les contraintes nationales qui pèsent sur les banques du continent sans sacrifier la stabilité financière. Car si rien n’est fait, préviennent les acteurs du secteur, l’Europe risque de céder un peu plus de terrain aux géants de Wall Street, qui assurent déjà plus de la moitié des financements de marché sur le Vieux Continent.
