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Flash Marchés Sycomore – Tensions au Moyen-Orient : un choc géopolitique aux répercussions mondiales

02/03/2026
Flash Marchés Sycomore – Tensions au Moyen-Orient : un choc géopolitique aux répercussions mondiales

Les frappes conjointes d’Israël et des États-Unis sur Téhéran marquent un tournant majeur au Moyen-Orient, faisant basculer la région dans une nouvelle phase d’incertitude stratégique. Entre risque de fermeture du détroit d’Ormuz, tensions sur le pétrole et regain d’aversion au risque sur les marchés, investisseurs et décideurs scrutent désormais l’ampleur et la durée de l’escalade. 

L'actu marchés du 02 mars 2026 par Stanislas de Bailliencourt, Directeur adjoint des investissements chez Sycomore Asset Management


3 points à retenir

  • Le principal risque macroéconomique réside dans une éventuelle fermeture du détroit d’Ormuz, par où transitent 10 à 20 % du pétrole et du gaz mondial.

  • Les marchés pourraient entrer durablement en mode « risk-off », avec un soutien aux valeurs défensives et aux actifs obligataires.

  • Le contexte diffère sensiblement de 2022 : chaînes logistiques moins fragilisées, courbes de taux normalisées et système bancaire moins exposé.


Un nouveau seuil dans l’escalade régionale

Les tensions au Moyen-Orient ont franchi un nouveau seuil après une série de frappes conjointes menées par Israël et les États-Unis sur Téhéran et plusieurs sites militaires iraniens. Ces opérations, qui visaient des infrastructures stratégiques et des responsables de haut rang, ont conduit à la mort du guide suprême iranien, l’Ayatollah Khamenei. À Téhéran, un conseil de direction provisoire semble désormais assurer la continuité du pouvoir.

En réponse, l’Iran a lancé des missiles et drones contre des positions américaines et israéliennes dans la région. Si les dommages restent limités à ce stade, la confrontation s’étend progressivement aux pays du Golfe, où plusieurs bases américaines et installations civiles ont été touchées. L’ONU, l’OTAN et le G7 demeurent pour l’instant non impliqués, tandis que les observateurs s’attendent à une poursuite des frappes dans les prochains jours.


Les impacts macro et marchés

1 - Un risque de fermeture du détroit d’Ormuz

La possibilité d’une fermeture par l’Iran constitue le principal risque.

  • 10–20 % du pétrole et du gaz mondial transitent par le détroit.

  • Le prix du pétrole pourrait évoluer en zone 80–100 $/baril à court terme.

  • L’annonce de l’OPEC+ d’augmenter sa production de +200.000 b/j (avril) reste marginale face aux >10 millions b/j potentiellement affectés.

  • L’Iran s’expose néanmoins à un coût majeur : ses exportations de brut vers la Chine représentent environ 15 % du PIB.


2 - Logistique et commerce mondial

Les perturbations sont significatives.

  • Une hausse - moins importante qu’en 2022 - des primes d’assurance maritime et de risque sur les routes du Golfe.

  • Environ 60 navires sous pavillon/armateur français immobilisés dans la zone, entraînant un renchérissement des coûts de transport.

  • La fermeture d’aéroports paralyse le trafic passagers et cargo.


3 - Réactions de marché : Risk-off / Fly to quality

Le sentiment de marché dépendra fortement de la durée de la crise et de l’évolution du prix du pétrole.

  • Les marchés émergents et asiatiques, affichant une bonne dynamique jusqu’à présent, sont très sensibles aux prix de l’énergie.

  • Même s’il s’agit d’un choc inflationniste externe, la situation pourrait limiter la capacité des banques centrales, en particulier la Fed, à baisser les taux rapidement, en dépit de révisions en baisse des prévisions de croissance.


Les impacts sur les investissements

Les secteurs soutenus

  • Pétrole & Gaz

  • Défense


Les secteurs sous pression

  • Luxe

  • Voyage & Loisirs


Un contexte très différent de 2022

La situation diffère par rapport à celle de 2022 pour l’industrie, avec un impact bien moindre sur les chaînes logistiques. En 2022, les économies développées étaient déjà, avant le début de la guerre, en plein choc d’inflation qui avait provoqué une explosion à la hausse des taux après 10 ans de « Zero Interest Policy ». L’impact avait été très négatif pour les marchés actions, en particulier les secteurs croissance/duration longue comme la Technologie.

Aujourd’hui, les courbes de taux sont normalisées et les valorisations concernant ces secteurs sont revenues à des niveaux approchant leurs moyennes historiques (vs proches des points les plus hauts fin 2021).

L’Iran étant déjà hors du système financier international, les banques sont donc beaucoup moins impactées qu’avec leurs expositions sur la Russie en 2022 qui les avaient obligées à solder leurs opérations avec de lourdes pertes.

La duration pourra donc jouer son rôle sur la partie obligataire beaucoup plus efficacement qu’il y a quatre ans.

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