Aviation, data centers, obligations vertes : le durable sous pression (Ostrum AM)

Entre aviation internationale, explosion énergétique des data centers et retours remarqués sur le marché des obligations durables, janvier 2026 illustre les tensions croissantes entre transition climatique et réalités économiques. Tour d’horizon des signaux clés du mois sur les marchés ESG.
Le point mensuel de janvier 2026 sur l’actualité des obligations durable, par Timothée Pubellier, CFA et gérant obligataire senior chez Ostrum Asset Management
3 points à retenir
- Le mécanisme CORSIA devient un levier central de la décarbonation de l’aviation internationale à l’approche de son caractère obligatoire en 2027.
- La montée en puissance de l’intelligence artificielle accentue fortement les enjeux de durabilité des data centers, poussant les régulateurs à agir.
- Les États confirment leur rôle moteur sur le marché des obligations durables, avec des émissions innovantes et de grande ampleur.
MySustainableCorner – Janvier 2026
Aviation internationale et mécanisme CORSIA
Comment l'aviation internationale peut-elle réduire son empreinte carbone face à l'urgence climatique ? CORSIA (Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation) est un programme international créé pour limiter l'impact environnemental des vols internationaux. Il impose aux compagnies aériennes de compenser la croissance de leurs émissions de carbone en achetant des crédits carbones. Ces crédits financent des projets écologiques, comme la reforestation ou des énergies renouvelables. À partir de 2027, la participation à CORSIA sera obligatoire pour tous les vols internationaux. Il impose aux compagnies aériennes de compenser la croissance de leurs émissions de carbone en achetant des crédits carbones. Ces crédits financent des projets écologiques, comme la reforestation ou des énergies renouvelables. À partir de 2027, la participation à CORSIA sera obligatoire pour tous les vols internationaux.
Data centers et pression énergétique
Les data centers font face à des défis croissants en matière de durabilité, liés à une consommation d’électricité et d’eau élevée, fortement accentuée par la montée en puissance de l’intelligence artificielle. Selon l’International Energy Agency, leur demande mondiale d’électricité pourrait plus que doubler d’ici 2030 pour atteindre environ 945TWh (l’équivalent de la consommation électrique actuelle du Japon), exerçant une pression accrue sur les réseaux et renforçant les risques de transition à court terme dans certaines régions. En réponse, la réglementation pousse de plus en plus en plus les opérateurs à adosser une partie de leur consommation à des sources d’électricités décarbonées (comme en Allemagne et en Chine) ou à renforcer les exigences de reporting en matière d’efficacité énergétique et de durabilité, notamment en Europe et en Australie.
Marché des obligations durables : Chili et Italie en tête
Le Chili est revenu sur le marché des obligations durables en janvier 2026 avec un Sustainability-Linked Bonds (SLB) d'une durée de 10 ans de 1,5 Md€. Il s'agit de la première SLB à proposer un indicateur clé de performance (KPI) lié à la biodiversité. Le Chili est le premier pays à avoir émis des obligations dans tous les formats durables possibles (Vertes, Sociales, Durables et SLBs).
L’Italie est également revenue sur le marché des obligations vertes en janvier, avec un 5eme BTP Green pour 10 Md€ (soit un total de 70 Md€ de green bonds pour le pays), dont les fonds seront utilisés pour financer des projets et infrastructures liés au climat. Le département du Trésor devrait revenir sur le marché des obligations vertes cette année et devrait émettre entre 9 et 13 Md€ de BTP Green au total, d’ici fin 2026.
Le chiffre du mois
< 3 %
Proportion des émissions mondiales de CO2 attribuée à l’aviation
Source : Bloomberg, janvier 2026
Le graphique du mois
Impact de CORSIA sur l'aviation internationale et la réduction de l'empreinte carbone
En 2024, les 10 plus grands groupes aériens ont émis près de 138 millions de tonnes de CO₂ sous le régime CORSIA, pour un coût de compensation estimé à environ 383 millions de dollars.

Source : Bloomberg, janvier 2026
