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Les acteurs européens essentiels au supercycle de l’IA en 2026 (Generali Investments)

25/01/2026
Les acteurs européens essentiels au supercycle de l’IA en 2026 (Generali Investments)

Alors que les doutes sur une éventuelle bulle de l’IA ressurgissent, les infrastructures, les chaînes industrielles et les politiques budgétaires dessinent une réalité beaucoup plus profonde : celle d’un supercycle encore largement sous-estimé. L’Europe, souvent perçue comme en retrait technologique, pourrait en être l’un des piliers physiques les plus décisifs.

Une analyse datée de janvier 2026, signée Anis Lahlou, CIO et Gérant Actions européennes chez Aperture Investors, une des sociétés de gestion de l'écosystème de Generali Investments


3 points à retenir

  • Le supercycle de l’IA n’en est qu’à ses débuts et repose avant tout sur une expansion massive des infrastructures physiques.

  • L’Europe joue un rôle central dans la fabrication, l’équipement et le déploiement industriel de l’IA, bien au-delà du logiciel.

  • La relance budgétaire européenne apporte une visibilité pluriannuelle aux acteurs exposés à l’électrification, aux centres de données et à l’automatisation.


Nous pensons que la prochaine phase du supercycle de l’intelligence artificielle sera centrée sur le déploiement massif des technologies : dans les appareils, les réseaux, les usines, les systèmes énergétiques, la défense et l’aérospatiale, les équipements dans le cadre médical et le quotidien. C’est précisément dans ces domaines que l’Europe, véritable « continent manufacturier », excelle.

Anis Lahlou, CIO et Gérant Actions européennes chez Aperture Investors


Le plus grand projet d’infrastructure de l’histoire de l’humanité

Malgré les récentes inquiétudes autour d’une éventuelle « bulle », notre conviction en ce début d’année 2026 reste claire : le supercycle de l’IA n’en est qu’à ses débuts. Le monde avance rapidement vers la prochaine grande rupture technologique pour le consommateur. Qu’il s’agisse de lunettes intelligentes, d’objets connectés portables ou d’un compagnon conversationnel, l’IA s’intègre profondément dans l’expérience quotidienne. Des géants de la tech comme de nouveaux acteurs spécialisés s’y positionnent déjà.

Lorsque ce moment charnière surviendra, il pourrait ouvrir la voie à de nouveaux modèles économiques et services, comme l’a fait l’iPhone en 2007 — mais à une échelle bien supérieure, selon nous.

Avant même cette rupture, les infrastructures liées à l’IA connaissent une accélération exceptionnelle (graphique 1).

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La capacité mondiale en GPU devrait être multipliée par cinq pour suivre la demande actuelle. La demande de tokens double tous les deux à trois mois, tandis que la capacité de production des fonderies (l’offre) n’augmente que d’environ 20 % par an¹.

Ce déséquilibre crée une tension structurelle alimentant des investissements IA de plusieurs milliers de milliards de dollars. Même si les centres de données américains représentent désormais près de la moitié de la construction privée de bureaux, le monde reste largement sous équipé pour absorber l’ère IA qui s’annonce (graphique 2)².

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L’Europe : le moteur industriel, discret mais essentiel, de l’ère IA

Parallèlement, l’intelligence artificielle se déploie au-delà des centres de données. Les fabricants d’équipements télécom intègrent des processeurs avancés dans les stations 5G/6G, inaugurant l’ère de l’edge AI — permettant une IA plus rapide, moins coûteuse, et plus proche de l’utilisateur final. Dans cette transition, l’Europe joue selon nous un rôle décisif : elle abrite des leaders mondiaux dans les équipements de réseau, les machines de fabrication de semi-conducteurs et l’automatisation industrielle — les piliers physiques de cette nouvelle infrastructure.

C’est pourquoi nous pensons que l’Europe est bien plus stratégique pour l’IA que le marché ne le perçoit aujourd’hui. Avec ses écosystèmes industriels profonds et un cadre réglementaire centré sur la souveraineté numérique, la résilience énergétique et les infrastructures critiques, l’Europe est un maillon fondamental de la chaîne de valeur mondiale de l’IA et de l’électrification — et non une simple alternative « bon marché » à l’exposition technologique américaine.


Un environnement macro désormais porteur

L’année 2026 marque également le début d’une relance budgétaire majeure en Europe. Le programme d’infrastructures de 500 milliards d’euros prévu en Allemagne, le plus important depuis la Réunification, pourrait ajouter 0,4 à 0,5 % à la croissance de la zone euro dès cette année³, avec un impact accru à partir du second semestre 2026, à mesure que les capitaux seront déployés.

Les signaux sont déjà visibles : renforcement des carnets de commandes liés à la défense, accélération des besoins de modernisation des réseaux, amélioration des prix dans les matériaux de construction économes en énergie. L’ensemble soutient une visibilité de croissance pluriannuelle pour les acteurs exposés à l’électrification, à la puissance des centres de données, à l’automatisation et aux composants critiques.


Gagnants, perdants, et retour de la véritable sélection de titres

Nous observons une dispersion croissante entre les bénéficiaires de l’IA et les sociétés perçues comme en retrait. Deux narratifs dominent : quelques acteurs de l’IA (matériel informatique, cloud) qui « remportent tout », et tous les autres, supposés dépassés.

Nous pensons que cette vision est trop simpliste. De nombreuses entreprises européennes de SaaS ou de logiciels industriels ont été lourdement dévalorisées, le marché anticipant une destruction de valeur liée à l’IA. Or, leurs chiffres ne valident pas ce scénario : elles continuent de croître, de monétiser, et d’être essentielles dans l’IA appliquée aux entreprises.

Cela crée, selon nous, d’importantes opportunités de stock picking, à mesure que ces sociétés démontrent qu’elles sont des facilitateurs, et non des retardataires.


La prochaine phase : physique, industrielle et extrêmement rapide

Après une période 2023–2025 centrée sur les progrès des modèles et l’IA dans le cloud, nous pensons que la nouvelle phase sera celle de l’intégration massive dans le monde réel : appareils, réseaux, usines, énergie, défense, soins de santé, mobilité. Un terrain sur lequel l’Europe excelle.

Nous avançons « super vite » — pour reprendre une formule entendue — et la transformation qui s’annonce nous semble largement sous-estimée par les marchés en Europe. Nous pensons que le supercycle IA ne ralentira pas en 2026. Il se diffusera à travers les capex, les industries et les frontières, et l’Europe se situe selon nous au centre de la chaîne de valeur des facilitateurs de cette révolution.


Notes

¹ Counterpoint Research, octobre 2025
² US Census Bureau, 2025
³ Morgan Stanley, avril 2025

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