Logo
Marchés

IA et marchés : le retour des réflexes défensifs (Ostrum AM)

19/02/2026
IA et marchés : le retour des réflexes défensifs (Ostrum AM)

Entre doutes sur la rentabilité de l’intelligence artificielle et regain d’intérêt pour les obligations souveraines, les marchés financiers amorcent une rotation prudente malgré des indicateurs économiques contrastés. Une semaine marquée par la volatilité technologique, la détente des taux longs et des signaux macroéconomiques ambivalents.

Le point hebdo d'Ostrum Asset Management daté du 17 février 2026 par Axel Botte, directeur stratégie marchés


3 points à retenir

  • La montée en puissance de l’IA fragilise certaines valeurs technologiques et déclenche une rotation vers les actifs obligataires.
  • Les données macroéconomiques américaines restent contrastées entre emploi solide et inflation modérée. 

  • Les marchés financiers privilégient une posture plus défensive avec un repli des taux longs, une pression sur le Nasdaq et des arbitrages sectoriels en Europe.


L’IA, source de rupture pour les marchés ?

Les bouleversements attendus de l’IA pèsent sur les valeurs boursières dans la technologie en particulier favorisant le repli vers les obligations. Le T-note et le Bund passent sous 4,20 % et 2,80 % respectivement malgré des données d’emplois meilleures qu’attendu. L’or retombe sous 5.000 $ alors que le yen rebondit enfin.

Après une séquence géopolitique intense, l’actualité est de nouveau dominée par les publications de résultats d’entreprises. Le bon chiffre d’emploi américain n’a pas tout à fait l’effet escompté. Le marché boursier semble tester systématiquement la résilience des entreprises confrontées à l’IA. D’autres thématiques émergent et les vieux réflexes sécuritaires refont surface au profit de l’actif sans risque. L’or recule toutefois.


Données macroéconomiques : des signaux contrastés entre États-Unis et Europe

Les publications économiques américaines laissent perplexes. Après une série de statistiques du marché du travail médiocres (ISM emploi, JOLTS, enquête Challenger, inscriptions au chômage), l’emploi est ressorti en hausse de 130k en janvier, et même 172k dans le secteur privé. La santé constitue la principale source d’emplois avec une contribution solide du secteur de la construction (+33k). La majorité des autres secteurs de l’économie maintiennent ou réduisent légèrement les effectifs. Le taux de chômage diminue à 4,3 %. La population active ralentit (l’immigration étant devenue négative), ce qui abaisse le point mort des créations d’emplois pour stabiliser le chômage. Par ailleurs, l’indice des prix se modère. L’IPC de janvier est ressorti à 2,4 %, les prix du logement et de la santé augmentant de 0,2 % sur le mois. En zone euro, le PIB du 4ème trimestre a été confirmé à +0,3 %. En revanche, le taux de chômage se dégrade en France, au détriment des jeunes notamment. Le PIB britannique affiche une maigre croissance de 0,1 % au dernier trimestre plombé par l’investissement et le déficit extérieur.


Marchés financiers : rotation sectorielle et retour vers les obligations souveraines

Sur les marchés financiers, les intervenants semblent retrouver leurs vieux réflexes. Les attaques s’accumulent sur les valeurs de logiciels et les entreprises potentiellement fragilisées par les progrès de l’IA subissent des décotes. Les marchés se replient vers les dettes souveraines représentées par le Bund ou les Treasuries. La technologie américaine, jusqu’ici insubmersible, fait face aux doutes sur leur niveau de levier réel et leur capacité à rentabiliser leur capital investi dans l’infrastructure nécessaire à l’IA. Le Nasdaq perd 2% sur la semaine et la rotation sectorielle ou vers les petites capitalisations se poursuit. EN Europe, les marchés se tournent vers l’énergie (pétrole, électricité), les matières premières ou les télécommunications. Les banques subissent aussi des prises de profit. A noter que toute déception sur les résultats ou révision de perspectives sont lourdement sanctionnées. Sur les marchés de taux, l’appétit pour les obligations souveraines à long terme revient. La demande solide aux adjudications de JGBs fait tache d’huile en Europe et aux Etats-Unis enclenchant un mouvement d’aplatissement des courbes de taux. Le S&P 500 pointe à la baisse en fin de semaine, et le T-note sort de sa fourchette 4,20-4,30 % pour s’afficher en clôture hebdomadaire sous 4,10 % avant un long week-end. Les points morts à court terme (swap 2 ans) réagissent à l’inflation publiée sous les attentes. Le Bund suit le mouvement sous 2,80 % sans réel effet sur les spreads souverains. Le marché du crédit reste animé par les émissions des géants de la technologie dont Alphabet qui lance un emprunt à 100 ans en sterling et un autre en franc suisse. Cela doit nous interpeller sur la demande de dollar et la dissémination du risque IA américain. Toutefois, les spreads de crédit sont quasiment stables à 64 pb contre swap. Le high yield européen montre un léger écartement sur la semaine.


A lire également : Le thème de la semaine : Vers un financement de l’UE plus important de la défense européenne

Observatoire des fonds

Articles Macro & Banques centrales

Aucun article associé trouvé

IA et marchés : le retour des réflexes défensifs (Ostrum AM) | ZoomInvest | ZoomInvest