Pétrole et inflation : la croissance mondiale sous pression ? (Arkéa AM)

Entre tensions énergétiques persistantes, ralentissement industriel en Europe et dynamique contrastée en Asie, les marchés mondiaux évoluent dans un environnement incertain où l’inflation reste sous surveillance. Décryptage des dernières tendances macroéconomiques et financières.
Le point hebdo d'Arkéa Asset Management daté du 18 mars 2026
3 points à retenir
- La hausse des prix de l’énergie maintient une pression inflationniste mondiale et soutient le dollar.
- L’économie européenne, en particulier allemande, montre des signes de ralentissement marqués.
- L’Asie affiche une dynamique contrastée, portée par le commerce chinois mais fragilisée par la demande intérieure japonaise.
Etats-Unis : une inflation stable dans un marché de l'emploi qui s'ajuste
Inflation
L'indice CPI global de février ressort à 2,4% sur un an, égalant le rythme annuel de janvier et ressortant légèrement en dessous des prévisions des économistes. Le core CPI a augmenté de +2,5% en glissement annuel, conformément aux attentes.
Emploi
Les demandes d'allocation chômage sont ressorties en ligne à 213.000. Le taux de chômage en février a été de 4,4% (contre 4,3% estimé).
Pétrole
Les tensions énergétiques continuent de peser sur les perspectives économiques mondiales et asiatiques. Les prix du pétrole restent proches du seuil clé des 100$ le baril, avec le BRENT autour de 99,85$ et le WTI près de 95,05$, malgré un léger repli après la décision des Etats-Unis d'accorder une licence de 30 jours permettant l'achat de pétrole russe actuellement bloqué en mer.
Europe : ralentissement de l'industrie allemande, un risque pour la Zone Euro ?
Confiance
L'indice de confiance des investisseurs Sentix est tombé à -3,1 en mars contre 4,2 le mois précédent. Notons que ce niveau reste supérieur aux attentes des économistes qui tablaient sur -5,0.
Economie
Les attentes économiques ont chuté à 3,5 contre 15,8 en février, tandis que l'indice mesurant la situation actuelle s'est détérioré à -9,5 contre -6,8.
PIB
Le PIB CVS (Corrigé des Variations Saisonnières) a progressé de 0,2% au quatrième trimestre (contre +0,3% estimé).
Inflation
L'IPC de février est ressorti à +0,5% en glissement annuel (en ligne).
Allemagne
La confiance des investisseurs est retombée à -12,1 contre -6,9 le mois précédent, ce qui suggère un nouveau ralentissement de la première économie européenne. Les commandes industrielles ont chuté de 11,1% en janvier sur un mois, bien plus que la baisse de 4,5% attendue par les économistes. Les exportations ont chuté de 2,3% en janvier, leur plus forte baisse depuis mai 2024, sous l'effet d'un recul de la demande en Chine et en Europe. Les exportations vers la Chine ont notamment plongé de 13,2%. L'inflation annuelle a légèrement ralenti à 2,0% en février, contre 2,1% en janvier.
Asie : la reprise des échanges en Chine face au coût des matières premières
Chine
Les exportations chinoises ont bondi de 21,8% sur un an en janvier-février, largement au-dessus des attentes (7,1%), tirées par la forte demande en électronique et semi-conducteurs. L'excédent commercial a atteint 213,6Md$ sur la période contre 169,2Md$ un an plus tôt. Les importations de brut ont augmenté de 15,8% sur un an sur les deux premiers mois de 2026 à 96,93Mt, soit environ 11,99Mb/j. Les importations de minerai de fer ont augmenté de 10% sur un an à 210,02Mt sur les deux premiers mois de l'année. Les exportations de terres rares ont progressé de 23% sur un an à 10 468 tonnes en janvier-février.
Japon
L'économie japonaise a progressé de 1,3% en rythme annualisé au quatrième trimestre 2025, surpassant nettement l'estimation initiale de 0,2% et légèrement au-dessus du consensus (1,2%). En rythme trimestriel, la croissance atteint 0,3% contre 0,1% initialement. Les dépenses des ménages ont reculé de 1,0% sur un an en janvier, un signal négatif pour la demande intérieure.
Marchés : fuite vers le dollar et repentification de la courbe des taux
Actions
Une légère correction sur la semaine après une tentative de rebond mardi suite à des perspectives de déblocage du détroit d'Ormuz, rapidement invalidées les jours suivants. En Europe comme aux Etats-Unis, la rotation se poursuit en faveur des entreprises tirant bénéfice de la hausse de l'énergie (énergie, chimie) ou peu sensibles aux cycles économiques (télécoms, tech, utilities).
Obligations
Hausse des taux d'intérêt, avec des taux à long terme qui progressent davantage que les taux courts en Zone Euro, ce qui traduit une anticipation d'inflation un peu plus élevée, en raison des impacts attendus liés à la hausse des prix de l'énergie.
Devises
Le dollar se renforce dans un contexte d'aversion au risque et de pétrole plus cher. A l'inverse, l'euro recule, pénalisé par la vulnérabilité énergétique de la zone.
