Tracfin alerte sur une explosion des soupçons de blanchiment concernant le marché de l’art

Le secteur de l’art est de plus en plus dans le viseur de Tracfin. En 2024, la cellule de renseignement financier de Bercy a enregistré 1.109 déclarations de soupçon liées au marché de l’art, soit une progression spectaculaire : +35 % sur un an, +68 % par rapport à 2022 et plus du double par rapport à 2021. Cette dynamique traduit une prise de conscience croissante des risques, mais aussi la vulnérabilité persistante du secteur.
Dans un focus récent, Tracfin rappelle que le fonctionnement même du marché de l’art en fait un terrain favorable au blanchiment de capitaux : transactions internationales fréquentes, valorisation subjective des œuvres, multiplicité des intermédiaires, forte confidentialité et facilité de transport ou de stockage. Autant de caractéristiques qui permettent de dissimuler l’origine de fonds illicites ou de recycler des capitaux criminels.
Les infractions détectées concernent en priorité la fraude fiscale, mais aussi l’abus de biens sociaux, l’escroquerie, le blanchiment et, dans certains cas, le financement du terrorisme, notamment via le trafic d’antiquités pillées.
Dans les faits, ce sont surtout les banques qui alimentent Tracfin, à l’origine de 58 % des signalements. Les opérateurs du marché de l’art restent en retrait, malgré leurs obligations légales, ce qui souligne un décalage entre le niveau de risque identifié et la mobilisation réelle des professionnels du secteur.
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