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Bourse : l’Amérique s’enrhume… jusqu’à quand ? (Pictet AM)

02/04/2025

Après deux années exceptionnelles, la bourse américaine avait besoin d’une respiration. L’Europe en a profité pour tirer son épingle du jeu. Mais bonne nouvelle : les flux d’investissement commencent progressivement à revenir vers les actions technologiques américaines.

Les actions européennes brillent

Depuis le mois de janvier, le momentum est clairement du côté de l’Europe. Les actions européennes surperforment les actions américaines. Le CAC 40 est en hausse de 8,9%, le Dax allemand de 15% et l’IBEX espagnol de 14,6% (source : Bloomberg, données en date du 21 mars 2025) tandis que les principaux indices américains sont dans le rouge. Les bonnes nouvelles s’accumulent sur le plan économique : inflation en baisse, plan de réarmement ambitieux, relance économique en Allemagne, amélioration de l’activité dans le secteur manufacturier, baisse des taux et possible paix en Ukraine etc. Tout semble sourire à l’Europe. 

Est-ce que ça va durer ? Difficile de le savoir. La décote des actions européennes s’est fortement atténuée. Lorsque la rotation géographique a commencé en janvier, le différentiel de valorisation était de 40% entre les actions américaines et les actions européennes. Il n’est plus que de 23% aujourd’hui. Nous nous rapprochons des niveaux d’avant-Covid, lorsque les actions européennes étaient décotées en moyenne de seulement 15% par rapport aux Américaines. Dorénavant, c’est moins l’argument de la valorisation qui semble motiver les flux acheteurs en Europe que la volonté, à tout prix, d’être moins exposé aux actifs en dollar au cas où la guerre commerciale s’intensifie ou que l’économie américaine entre en récession – un scénario à très faible probabilité, selon nous.Historiquement, l’Europe a rarement fait mieux que les États-Unis en bourse. Sur les cinquante dernières années, ce fut le cas seulement à quatre reprises, pendant 3 à 6 ans. Cela fait déjà 17 ans que les États-Unis surperforment le reste du monde. Ce ne serait pas inconcevable que ce soit le tour de l’Europe pour un an voire deux ans. Mais à long terme, la logique veut que les États-Unis reprennent leur place.

Les actions américaines n’ont pas dit leur dernier mot

Qu’on le veuille ou pas, les entreprises de l’IA sont cotées aux États-Unis, pas à la Bourse de Francfort et encore moins à la Bourse de Paris. Une étude du FMI, publiée au début du mois de mars, montre d’ailleurs à quel point un grand écart existe entre les entreprises technologiques américaines et celles européennes. Sur les deux dernières décennies, la productivité des entreprises technologiques américaines cotées a augmenté de 40% alors qu’elle a stagné pour les entreprises européennes. Comment expliquer cela ? En Europe, on investit peu dans la R&D, l’équivalent d’environ 3 à 4% des ventes contre plus de 12% aux États-Unis. Sur le temps long, cet écart de productivité crée un écart de richesse qui se perçoit au niveau du PIB par habitant (différentiel de 30 points de base entre le PIB par habitant en France et celui aux États-Unis !) mais également au niveau des résultats d’entreprises et de leur valorisation boursière.

Qu’on ne s’y trompe pas, beaucoup d’investisseurs ont bien compris qu’on ne peut pas rester à l’écart des actions américaines, même si la politique erratique de l’administration Trump inquiète. Les flux acheteurs commencent timidement à revenir vers les actions technologiques américaines, dans un contexte toujours de forte volatilité. Ces achats sont motivés par des niveaux de valorisation attrayants. En début d’année, la survalorisation des actions technologiques était un sujet. Ce n’est désormais plus le cas. Le ratio cours sur bénéfices de Nvidia se situe à 25. C’est un niveau qui constitue historiquement un point d’entrée majeur des acheteurs au cours des dernières années. D’autres entreprises sont encore moins chères. Le ratio cours sur bénéfice de Meta et d’Alphabet est respectivement à 23 et à 18. Il y a une seule exception : Tesla avec un ratio à 84. L’entreprise est clairement trop chère, c’est pourquoi beaucoup d’institutionnels restent à l’écart.Difficile de savoir si le point bas du marché est atteint. On peut estimer que la zone des 19.000 points sur le Nasdaq 100 et celle des 5.400-5.500 points sur le S&P 500 devraient servir de matelas de sécurité aux indices américains. Il s’agit de zones de support importantes qui, par le passé, ont permis un fort rebond du marché. Ce qui est certain, c’est qu’au regard de la valorisation actuelle, il y aura des achats à bon compte dans les jours et semaines à venir aussi bien de la part des particuliers que des institutionnels. Ce n’est plus le moment de se demander s’il faut vendre, mais plutôt s’il s’agit d’un bon point d’entrée pour acheter progressivement, par exemple chaque semaine, des actions américaines.

Et pour rassurer les plus inquiets, gardez en tête qu’après chaque correction du Nasdaq, un rebond d’au moins 15% à partir du point bas a lieu. C’est systématiquement le cas sur les cinquante dernières années. Ce sera encore le cas cette fois-ci. Conclusion : soyez patient.

Source : Terre d’Epargne, de Pictet Asset Management 



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