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Place au dialogue (Auris Gestion)

10/07/2024

Hebdo

Une nouvelle semaine placée sous le signe de la politique avec des élections qui s’enchainent mais ne se ressemblent pas. En France, on commence à peine à y voir plus clair. Contrairement aux attentes, c’est la coalition de gauche qui est ressortie victorieuse (environ 185 sièges) mais suivie de très près par Ensemble (environ 160) et enfin le Rassemblement national (environ 140). La France se retrouve dans une situation inédite avec une Assemblée constituée de trois blocs de taille quasi identique et donc aucune majorité capable de gouverner seule. Qui sera le premier ministre ? Il est, à ce stade, compliqué de prédire la composition du futur gouvernement français. Une chose est sûre, les négociations entre les différents partis afin de former des alliances vont être délicates et risquent de prendre du temps. Une date importante à noter dans le calendrier néanmoins : le 18 juillet, qui marquera la première session de la nouvelle Assemblée mais surtout l’élection de son président. Si aucune majorité n’émerge au cours des deux premiers tours, la majorité relative sera retenue au 3ème tour. Or, une telle configuration serait inédite sous la Ve République. Côté marché, la réaction est contenue, voire légèrement positive (spread OAT-Bund qui redescend aux alentours de 65) : le pire est évité et le scénario le plus plausible est un gouvernement minoritaire doté d’une marge de manœuvre législative limitée. Il ne pourra ainsi pas prendre de mesures radicales concernant les entreprises du pays (nationalisation, augmentation drastique de la fiscalité, etc.). Nous repassons ainsi positifs sur les actions européennes mais restons prudents concernant les taux français. Le risque de paralysie politique, notamment à l’approche du vote du prochain budget pour 2025 ainsi que le risque de mesures un cran plus dépensières devraient continuer à peser sur le spread OAT-Bund. En cas de blocages répétés, il ne faut également pas sous-estimer le risque d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale dans un an, réduisant davantage la visibilité politique en France. Aux Etats-Unis, la situation n’est pas plus claire. Les rumeurs de retrait de Joe Biden sont de plus en plus nombreuses mais toutes démenties. Son parti fait toujours bloc derrière lui mais les journalistes sont dorénavant nombreux à réclamer son départ. Même Reed Hastings, un des principaux donateurs du Parti démocrate, a appelé le président à se retirer de la course. Qui le remplacerait ? De nombreux sondages incluent dorénavant Kamala Harris, qui ressort en bonne posture mais pas gagnante face à Donald Trump. Le nom de Michelle Obama a également été évoqué à maintes reprises comme recours le plus solide, mais pour l’instant celle-ci a nié tout intérêt pour la présidence… Par ailleurs, notons qu’outre-Manche, comme prévu, le Parti travailliste a remporté une victoire écrasante aux élections législatives. Le nouveau premier ministre Keir Starmer a d’ores et déjà annoncé une gestion rigoureuse des finances publiques et le retour à la « stabilité ». Un tel programme devrait faciliter la tâche de la Banque d’Angleterre en vue d’une baisse des taux directeurs cet été.

Enfin mentionnons que cette fois le rapport sur l’emploi n’a pas gâché la fête aux Etats-Unis. Après un indice ISM des services très décevant (48,8 vs 52,7 attendu), les chiffres officiels de l’emploi sont venus confirmer cette tendance. Les créations d’emplois ont continué de baisser (206 k vs 190 k attendu) et il faut souligner que les estimations des mois de mai et d’avril ont été révisées à la baisse. Ces chiffres plaident pour un assouplissement monétaire de la Fed et l’idée d’une baisse des taux directeurs dès septembre est dorénavant renforcée. Le CPI de cette semaine devrait permettre d’y voir plus clair.



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