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Les raisins de la colère (Fidelity International)

19/03/2025

À l'évidence, Wall Street et la Maison Blanche ne sont plus sur la même longueur d’onde. Un léger désaccord sur ce qu'il y a d'essentiel dans l'existence. Un différend qui a éclaté au grand jour, il y a une semaine, après que le Président américain n'a pas formellement exclu, sur Fox News, la possibilité d'une récession. Rien que ça ! Avant lui, son secrétaire au Trésor avait balayé du revers de la main le vague à l'âme des investisseurs. Scott Bessent indiquait alors, sur CNBC, que l'économie et les marchés, jusqu'alors "accros aux dépenses publiques", entraient dans "une période de détox". Un sens de la formule qui tend à minorer, en réalité, les effets indésirables de la politique de la nouvelle administration et à dédaigner la morosité dans laquelle s'enfoncent les indices US depuis plus de deux mois… Mais Donald Trump semble se ficher des cordons de la Bourse comme de son premier deal, préférant se focaliser sur la baisse des taux longs ou le déficit. De mémoire d'américain, on n'avait peut-être encore jamais vu ça !

C'est peu dire qu'il y a de la friture sur la ligne entre les sphères politique et économique, outre-Atlantique. Et l'on peut se demander pourquoi les premiers concernés ne s'en sont pas encore émus. Les "oligartechs" ayant rallié la cour présidentielle affichent des pertes boursières cumulées avoisinant les 2 000 milliards de dollars depuis janvier. Dorénavant, les investisseurs s'interrogent : quelle fin justifie ces moyens ? Mais si Donald Trump n'a cure des états d'âme de la communauté financière, il semble toutefois négliger un point important. Aux États-Unis plus qu'ailleurs, les marchés sont, avant tout, le premier plan d'épargne des ménages. Le S&P 500, c'est un peu leur PEA. Dès lors, concomitamment à la dépression indicielle, rien d'étonnant à voir, vendredi, l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan flancher à 57,9 (contre 64,7 en février), soit un plus bas depuis novembre 2022. De sorte que, la neurasthénie boursière actuelle pourrait bien, rapidement, se muer en raisins de la colère… Et - qui sait ? - faire de Wall Street le premier garde-fou politique aux États-Unis.

Classes d'actifs

Une fois encore, dans le climat actuel, la semaine écoulée a été marquée par une nette tendance baissière. En tout cas pour les actions et les obligations qui ont logiquement souffert des derniers développements relatifs à la guerre commerciale américaine. Malgré ce contexte délétère, seules les matières premières parviennent à tirer leur épingle du jeu, emmenées notamment par le rebond des cours du pétrole - le baril de Brent parvenant à repasser le seuil des 70 dollars. Actif refuge par excellence, l'or profite de la dégradation de l'environnement de marché pour passer furtivement, vendredi, la barre des 3.000 dollars l'once.

Les actions signent une nouvelle fois la plus forte baisse de la semaine, soit la quatrième consécutive, témoignant de l'actuelle défiance des investisseurs pour le risque. En cause : la guerre commerciale et ses conséquences sur l'économie américaine. Ce n'est donc pas un hasard de voir les marchés américains figurés - encore -, avec l'Asie-Pacifique, parmi les plus fortes baisses de la semaine. Malgré l'accord pour réformer le frein à l'endettement en Allemagne et les espoirs de cessez-le-feu en Ukraine, l'Europe termine dans le rouge. Seules Londres et Tokyo parviennent à limiter la casse.

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