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À Patrimonia, Abdoullah Sardi, gérant d’Amplegest Digital Leaders, distingue les modèles économiques de l’IA. Il explique pourquoi il regarde au-delà des grandes capitalisations américaines, vers les semi-conducteurs et leurs fournisseurs.
À Patrimonia, Abdoullah Sardi, gérant d’Amplegest Digital Leaders, distingue les modèles économiques de l’IA. Il explique pourquoi il regarde au-delà des grandes capitalisations américaines, vers les semi-conducteurs et leurs fournisseurs.
Transcription automatique Vimeo, susceptible de contenir des erreurs.
Bonjour à tous, bienvenue sur ce plateau Zoom Invest à Patrimonia. En direct aujourd'hui, je reçois Abdullah Sardi, qui est gérant chez Amplegest sur le fonds Digital Leaders. Bonjour Abdullah, comment vas-tu ? Gérald. Très bien, merci pour l'invitation. Je t'en prie. Il y a beaucoup d'actualités sur la tech aujourd'hui et sur l'intelligence artificielle notamment. La première question que j'aimerais te poser, c'est : qu'est-ce que tu penses des dernières déclarations des grands patrons de l'intelligence artificielle américaine sur ces volontés de coordination, de ralentir le développement des modèles ? C'est une super question. Je pense personnellement qu'il n'y aura pas du tout de ralentissement. Je ne pense pas que les Chinois souhaiteraient, eux, ralentir ou arrêter. Donc il y a vraiment une course vers celui qui aura la meilleure IA et la super intelligence la plus aboutie. Je pense qu'il y a beaucoup d'effets d'annonce, mais très peu de réalité derrière. Je pense que la course vers le développement continuera. Oui, c'est un peu la théorie des jeux. On dit des choses, mais le premier qui fait à lui tout seul, il n'est pas bien. Exactement. Deuxième question quand même, ce qui ressort de tout ça, c'est qu'on perçoit une division ou une séparation entre les hyperscalers qui finalement sont déjà très rentables, qui génèrent du cash et qui finalement pourraient du jour au lendemain arrêter les investissements pour retrouver des cash flows positifs et les producteurs de modèles, Anthropic, OpenAI, qui même si pas encore cotés, ont cette problématique et peut-être plus prégnante sur des cash flows. Comment est-ce qu'on doit se situer par rapport à cette ambivalence ? C'est vrai que c'est deux business models totalement différents. Je dirais que le business model aujourd'hui qui est le plus abouti et qui a une réalité économique, c'est les modèles des hyperscalers, des cloud service providers, parce que derrière les investissements, il y a de la génération de cash, il y a de la croissance et il y a des tokens qui continuent de croître très fortement. Ceux qui peuvent aboutir à un modèle tenable et avec un retour sur investissement important, c'est déjà les hyperscalers. Alors qu'on a en face les business, les laboratoires frontières qui eux sont toujours en train de chercher leur modèle. On ne peut pas savoir ce qui va se passer sur les cinq prochaines années, mais le modèle va évoluer. On n'est pas à l'abri à ce que l'un des modèles frontières soit absorbé pour dégager de la marge. Oui, c'est clair. L'autre élément intéressant et important dans cette course à l'IA, c'est évidemment ce que je vois que tu tiens dans la main, ce sont les semi-conducteurs. Quid ? Quels impacts pour les semis de ces déclarations ? On a eu un moment un petit peu peur qu'effectivement cette course au modèle freine la demande. Je vois, toi, tu me disais tout à l'heure avant de démarrer cette interview que ce que tu as dans la main, c'est en pénurie. Dis-nous en un peu plus là-dessus. Déjà, ça fait le lien avec la question précédente, c'est que peu importe le business model, que ça soit les cloud service providers ou les hyperscalers ou les laboratoires frontières, ils continueront de fortement investir parce que la demande en intelligence ou la démocratisation de l'intelligence, le fait que le token baisse fait qu'on a besoin de produire plus. Donc la consommation crève les plafonds, la consommation de token crève le plafond et ça ne cesse de croître. Du coup, on a besoin de quoi ? On a besoin de les produire. Pour les produire, on a besoin de semi-conducteurs. Récemment, au moment où on parle, les brokers continuent de réviser à la hausse les investissements. Ce qui est intéressant par contre, c'est que tout le monde sait qu'Nvidia a pris la plus grosse part de marché sur les accélérateurs, mais ce que le marché n'avait pas en tête, c'est que c'est ce petit composant qui est le processeur est en pénurie aussi. Alors qu'il y a deux ans, on aurait dit : « Les processeurs, c'est old school, on oublie. » Ce qui va autour. Parce que comme tu me disais, ça, c'est le cerveau, il faut les mémoires autour. Les mémoires aussi. Il faut la mémoire, mais je ne peux pas ramener tous mes petits jouets, j'en ai beaucoup. Mais le processeur, grosse pénurie. De ce que je vois, les rumeurs de marché, c'est qu'AMD, l'année prochaine, tous les CPU Venice sont vendus. Donc, on part sur un stock qui est déjà déplété. Et pour rester sur de l'actualité pure, Meta News, l'agent qui vient de sortir, il tourne sur deux cœurs de processeur AMD avec de la mémoire 16 gigas. Si on pense qu'il va y avoir plusieurs centaines de millions de personnes qui l'adoptent, la pénurie n'est pas encore derrière nous. D'où le rebond aussi d'AMD ces derniers jours grâce à ces annonces de News qui ont tiré d'ailleurs Meta en bourse de façon assez énorme. Il nous reste une bonne minute trente. J'aimerais quand même que tu nous expliques comment tu positionnes le fonds Amplegest Digital Leaders aujourd'hui. Est-ce qu'il y a des préférences sectorielles ? Un ou deux exemples de valeurs aussi peut-être ? Bien sûr. La philosophie sur Amplegest Digital Leaders, en tout cas en ce moment, c'est de se dire que les grosses capitalisations reflètent au sein de leur valorisation une cristallisation de la valeur de l'IA qui est déjà bien présente, bien reflétée. Et nous, on suit le fléchage de CapEx. À qui va profiter les prochains CapEx ? Nous, on pense que c'est Taïwan, des petites sociétés de petites capitalisations taïwanaises, quelques sociétés européennes. Il y aura des US, mais le fonds aujourd'hui est 50 % US, 30 % Taïwan et 20 % Europe, parce que la création de valeur et la richesse créée sur les prochaines années va plus flécher vers ces régions-là. Oui, donc on reste toujours dans cette diversification géographique qui est importante dans ton fonds. La performance suit pour le moment. Toujours confiant aussi pour 2027 ? Oui, on revient d'un roadshow de trois semaines où on était à Chicago, on était à Taipei, on a rencontré tout l'écosystème du semi-conducteur au moment où les clouds disaient qu'ils allaient remettre en question. On reste confiant parce que tout l'écosystème, on voit qu'il y a une effervescence, un investissement qui reste très prononcé et soutenu pour 2027 et les années d'après, surtout. Merci beaucoup Abdullah. Au plaisir de te retrouver peut-être pour un face à face en studio cette fois-ci. Merci. Et bon Patrimonia à toi. Merci beaucoup.