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L’apaisement autour d’Ormuz soutient les marchés, tandis que l’investissement lié à l’IA devient le moteur clé d’une croissance américaine ralentie.
Cette semaine a vu une reprise des frappes ciblées américaines sur des sites militaires iraniens près du détroit d’Ormuz, ravivant les craintes de destruction des infrastructures énergétiques, avant que des avancées diplomatiques significatives ne prennent le dessus.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran ont progressé vers un accord de principe prévoyant une extension du cessez-le-feu de 60 jours et une réouverture progressive du détroit sans péages. Ce développement a entraîné un net soulagement sur les marchés, avec un reflux marqué des cours du pétrole sous les 100 dollars le baril, après un pic au-dessus de 110 dollars. Ce mouvement offre un soulagement bienvenu sur les anticipations inflationnistes et a permis au S&P 500 d’atteindre un nouveau record.
Les chiffres du PIB américain du premier trimestre 2026, révisés à +1,6 % en rythme annualisé (contre +2,0 % en estimation initiale), illustrent un changement clair de composition de l’économie depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. La consommation des ménages a ralenti à +1,4 %, avec une consommation de biens atone à +0,4 %, pénalisée notamment par les droits de douane. Si la balance commerciale s’améliore, particulièrement sur les biens, cela semble davantage résulter de la vigueur des exportations de pétrole et de gaz que de la politique tarifaire de la Maison-Blanche. Le principal moteur de la croissance est désormais l’investissement privé brut, qui a progressé de +7 % en rythme annualisé, largement alimenté par les dépenses liées à l’intelligence artificielle, tandis que l’investissement résidentiel recule de 6 %. Les dépenses gouvernementales ont rebondi (+4,4 %) après le shutdown du trimestre précédent. L’inflation PCE a été de +3,8 % sur un an, tirée par l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente reste autour de +3,3 %. Cela contraste avec l’inflation en zone euro, où les pressions inflationnistes sont restées étonnamment modérées en avril.
Trois goulets d’étranglement majeurs continuent néanmoins de peser sur la dynamique inflationniste mondiale.
Dans ce contexte, nous maintenons une exposition constructive aux actions à moyen terme, soutenue par la résilience des bénéfices technologiques et les perspectives de désescalade géopolitique. À court terme, nous conservons nos protections en cas d’échec des négociations. Nous restons positifs sur les obligations, qui offrent des rendements attractifs et un potentiel d’appréciation en cas de résolution du conflit.
Les conséquences de l’enlisement du conflit au Moyen-Orient continuent de se refléter dans les indicateurs, notamment en France où la confiance des ménages s’est de nouveau dégradée et plus fortement que prévu. Le rebond de l’énergie érode le pouvoir d’achat des ménages, ce qui pèse sur la confiance et la consommation, et vient ainsi limiter les perspectives de croissance française cette année.
Du côté microéconomique, les dernières publications se succèdent, à l’image de Soitec qui, après un parcours boursier impressionnant depuis le début de l’année, a dévoilé des résultats conformes aux attentes. Le management adopte toutefois un ton prudent sur les perspectives, même si les activités photoniques poursuivent leur accélération. Derichebourg a de son côté publié des résultats solides portés par le rebond des volumes de recyclage, la hausse des prix des métaux non ferreux et l’amélioration des marges. Le secteur automobile a souffert, notamment après la présentation du premier modèle 100 % électrique de Ferrari, qui ravive la prudence des investisseurs sur l’électrique dans le très haut de gamme. Dans les softwares, Capgemini cherche à se renforcer dans la chaîne de valeur de l’IA, sans totalement dissiper les craintes liées aux risques de disruption, tandis que Dassault Systèmes a été pénalisé par les annonces de Mistral, dont les nouveaux partenariats industriels font craindre une remise en question partielle de ses solutions. Enfin, la semaine a été marquée par plusieurs annonces d’opérations stratégiques : Saint Gobain a cédé ses activités de distribution de carrelage dans les pays nordiques, Sopra Steria est en négociations pour acquérir l’activité Manufacturing Engineering de Daher Industrial Services et Worldline a également annoncé la cession de ses activités en Nouvelle Zélande.
Les marchés actions américains ont poursuivi leur progression pour la sixième semaine consécutive. Le S&P 500 a gagné 1,21 %, le Nasdaq Composite 2,18 % et le Russell 2000 2,35 %, portés par les valeurs de croissance et de l’IA.
La thématique de l’IA demeure en effet au cœur de la dynamique boursière.
Dans le secteur technologique, Micron (+26 %) a franchi la barre des 1 000 Mds$ de capitalisation, soutenu par la forte demande de mémoire liée à l’IA et par un relèvement agressif de son objectif de cours par UBS. Microsoft a bénéficié des attentes autour de nouvelles annonces IA lors de sa conférence Build, tandis que Dell a profité de l’annonce d’un contrat de 9,7 Mds$ avec le Pentagone, qui renforce sa position dans l’infrastructure IT des grandes organisations. Snowflake a progressé après des résultats supérieurs aux attentes et une mise en avant marquée de ses offres en matière d’IA, alors qu’à l’inverse Zscaler a été sanctionné, les investisseurs jugeant son discours trop prudent sur la croissance future malgré un bon trimestre.
Le secteur de la consommation discrétionnaire affiche une bonne performance cette semaine. Best Buy a publié des résultats supérieurs aux attentes, avec des marges mieux tenues, ce qui contribue à rassurer sur la solidité de la demande en électronique grand public. Tesla progresse également, porté par le rebond des immatriculations en Europe, ce qui alimente l’idée d’un redémarrage du cycle du véhicule électrique après un début d’année difficile.
Le secteur de la santé (+0,60 %) figure parmi les contributeurs positifs de la semaine, soutenu notamment par le segment des life sciences, même si sa progression est restée plus mesurée que celle de la technologie ou de la consommation. Agilent a publié des résultats nettement supérieurs aux attentes, marqués par une solide croissance du chiffre d’affaires, une amélioration des marges et un relèvement de ses perspectives pour 2026, grâce au cycle de renouvellement des instruments et au dynamisme du diagnostic du cancer. De son côté, Boston Scientific a fait l’objet de quelques prises de bénéfices à la suite de commentaires plus prudents sur certaines lignes de produits. Dans l’ensemble, les grands acteurs du médicament et des dispositifs médicaux continuent toutefois d’être privilégiés par les investisseurs, en tant que valeurs de qualité au sein de portefeuilles diversifiés, dans un environnement économique devenu plus incertain.
À l’inverse, le secteur de l’énergie affiche une nette sous-performance sur la semaine, avec un recul d’environ 4,4 %. La baisse des prix du pétrole a pesé sur les majors pétrolières. BP a, de son côté, davantage reculé sur fond de facteurs spécifiques liés à la destitution de son président pour des questions de gouvernance. Par ailleurs, des groupes comme Exxon Mobil ont subi des prises de bénéfices, après leur solide parcours au cours des semaines précédentes. Le secteur financier a également terminé en baisse. Certaines banques, à l’instar de JPMorgan, ont été pénalisées par des commentaires prudents sur l’évolution des coûts et le niveau de profitabilité à venir, dans un contexte de baisse des rendements longs moins favorable à la marge d’intérêt.
Enfin, le secteur des services de communication termine en légère hausse, porté par Meta Platforms, qui poursuit la monétisation de ses plateformes grâce à de nouvelles offres d’abonnement et à un recours accru à l’IA générative. À l’inverse, d’autres grands acteurs comme Alphabet évoluent de manière plus hésitante, dans un contexte où le cycle publicitaire demeure surveillé de près.
L’indice MSCI EM a progressé de 2,33 % en USD. La Corée, Taïwan, le Mexique et l’Inde ont enregistré des hausses de 7,37 %, 4,03 %, 1,34 % et 1,06 %. La Chine et le Brésil ont quant à eux reculé respectivement de 2,04 % et 0,84 %.
En Chine, les bénéfices industriels d’avril ont bondi de 24,7 %, soit leur plus forte progression en plus de deux ans, portés par l’essor de l’IA et la hausse des prix des matières premières. La Banque populaire de Chine (PBoC) a laissé le taux du MLF à 1 an à un plus bas historique de 1,45 %, signalant un renforcement du soutien de Pékin après un ralentissement de l’activité en avril. Sur le front commercial, l’Union européenne a annoncé un élargissement des quotas d’importation et des droits de douane visant l’acier, les produits chimiques et les technologies propres chinois. Côté technologie, Huawei a dévoilé sa « loi de mise à l’échelle Tau », une alternative temporelle à la miniaturisation géométrique des transistors, visant à produire d’ici 2031, avec SMIC, des puces aux performances équivalentes à du 1,4 nm. ByteDance envisage jusqu’à 70 Mds$ d’investissements en 2026 dans ses infrastructures d’IA et a fait appel à Qualcomm pour concevoir des puces sur mesure destinées à ses centres de données. CXMT, premier acteur chinois de la mémoire, a obtenu le feu vert pour la plus importante introduction en bourse sur le continent depuis 2022 et prévoit de lever au moins 4,3 Mds$. À l’inverse, Xiaomi a vu ses bénéfices reculer en raison de la hausse des coûts de mémoire et a annoncé un programme de rachat d’actions de 20 Mds HKD, tandis que PDD a manqué ses objectifs de bénéfices, ses marges ayant été pénalisées par une concurrence intense et par de « profondes transformations » de son modèle.
En Corée du Sud, le syndicat de Samsung a approuvé un accord salarial, écartant la menace d’une grève de 18 jours. Les employés de la division semi-conducteurs devraient bénéficier de primes moyennes d’environ 340 000 dollars dans le cadre d’un programme de participation aux bénéfices sur dix ans, indexé sur la rentabilité de l’activité puces. LG Energy Solution a, de son côté, signé un contrat de stockage d’énergie de 1,6 Mds$ avec DTE Energy dans le Michigan, profitant de l’essor des centres de données aux États-Unis. Par ailleurs, le Service national des pensions a relevé son objectif d’investissement en actions domestiques de 14,9 % à 20,8 %, constituant un soutien structurel aux flux vers le KOSPI (Korea Composite Stock Price Index).
Taïwan a enregistré une croissance du PIB de 14,55 % au premier trimestre et a relevé ses prévisions de croissance pour 2026 de 7,71 % à 9,64 %, grâce au développement des semi-conducteurs pour l’IA. Les États-Unis ont officialisé un partenariat économique stratégique de 250 Mds$ avec l’île. Dans ce contexte, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, s’est engagé à porter les dépenses annuelles auprès des fournisseurs taïwanais à 150 Mds$, contre environ 100 Mds actuellement. De son côté, le PDG de TSMC a annoncé une augmentation de plus de 30 % de la participation des employés aux bénéfices, alors que les profits liés à l’IA s’envolent.
En Inde, le swap d’achat-vente USD/INR de 5 Mds$ lancé par la RBI a été sursouscrit à près du double, signe d’une forte demande de liquidités en dollars. Parallèlement, l’Inde et la Chine ont tenu de nouveaux pourparlers sur la coopération frontalière, illustrant un dégel progressif des relations diplomatiques. Une délégation commerciale américaine de haut niveau doit se rendre à New Delhi pour le prochain cycle de négociations sur l’accord commercial bilatéral (BTA).
Au Mexique, le taux de chômage est ressorti à 2,46 % en avril, sous le consensus (2,69 %), tandis que la banque centrale a abaissé sa prévision de croissance 2026 de 1,6 % à 1,1 % sur fond de faiblesse de l’investissement. Parallèlement, les États-Unis et le Mexique ont entamé le premier cycle officiel de négociations bilatérales dans le cadre de l’USMCA.
Au Brésil, l’inflation annuelle s’est accélérée à 4,64 % début mai et les anticipations pour 2028 continuent de se détériorer, selon la banque centrale. Le gouvernement fédéral et le District fédéral ont conclu un accord de recapitalisation de Banco de Brasília (BRB), tandis que la Chambre des députés a approuvé un amendement constitutionnel mettant fin à la semaine de travail de six jours.
La semaine a été dominée par le conflit entre les États-Unis et l’Iran, source de forte volatilité sur les marchés. En début de semaine, l’espoir d’un accord de paix a propulsé le S&P 500 à un nouveau record historique, tandis que les rendements obligataires reculaient sur fond de désinflation perçue. À l’inverse, les nouvelles frappes américaines sur l’Iran ont entraîné une nette remontée du pétrole. Vendredi matin, un accord de cessez-le-feu provisoire a été annoncé, restaurant l’appétit pour le risque.
Sur les taux, le 10 ans US s’est établi autour de 4,48 bp en milieu de semaine, tandis que la courbe 10-2 ans s’est de nouveau pentifiée à +49 bp. En Europe, le Bund allemand à 10 ans a ouvert autour de 3,03 % le vendredi 22 mai, avant de se détendre vers 2,98 % mercredi, puis de remonter à 3,00 % jeudi. Dans le même temps, le spread Bund/US s’est resserré à son plus bas niveau depuis neuf mois, à environ -151 bp.
Sur le crédit, les spreads du High Yield EUR se sont resserrés de 2 bp à 284 bp mercredi, avec un rendement de 6,20 %. L’activité primaire a été particulièrement dynamique avec plus de 50 Mds€ émis sur cette semaine écourtée, établissant un record mensuel pour mai.
Côté High Yield EUR corporate, l’indice Bloomberg Pan-European High Yield (ex-Financials) a progressé de 0,09 % mercredi, à 416,17, prolongeant une performance mensuelle de 0,71 %. Parmi les opérations primaires marquantes figurent notamment PolarDC, avec une émission de 800 M€, à échéance juin 2030, assortie d’un coupon d’environ 8,2 % (E+600 bp), constituant un record sur le segment nordique HY, ainsi que Co-Operative Group, avec une émission de 350 M£, échéance décembre 2031, coupon de 8,25 % et notation BB-.
Côté Investment Grade EUR, le segment a affiché une performance de 0,63 % sur la semaine.
Le marché des hybrides corporate a également bénéficié d’une demande soutenue dans un environnement de spreads serrés, avec un rebond à noter des hybrides d’émetteurs immobiliers. En parallèle, le segment de la dette subordonnée financière est resté très actif, porté par des émetteurs de premier plan tirant parti de la fenêtre de marché avant la fin du mois. Parmi les transactions notables figurent AXA, avec une émission Tier 2 de 750 M€ à échéance 2056, assortie d’un coupon fixe de 4,375 % jusqu’en mai 2036 puis Euribor 3 mois +240 bp ; SCOR SE, avec 500 M€ Tier 2 à échéance juin 2056 et coupon fixe de 4,510 % jusqu’en juin 2036, accompagnés d’une offre de rachat sur 750 M€ de subordonnées 2047/2048 ; Generali, avec 750 M€ de Tier 2 Solvency II ; et Santander, avec une émission AT1 perpétuelle callable à 10 ans assortie d’un coupon de 7,25 %.
Achevé de rédiger le 29 mai 2026. Ceci est une communication marketing.
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