Créé en avril 2015, IVO Emerging Markets Corporate Debt est un OPCVM crédit investi sur des titres de dettes d’entreprises offrant un fort potentiel de valorisation ou de portage. Le fonds offre une exposition opportuniste aux différents segments de la dette d’entreprise : Investment Grade, High Yield, en USD et en EUR. La stratégie d’investissement du fonds IVO EM Corporate Debt est de privilégier une sélection d’entreprises reconnues dans les pays émergents ; cela permet au fonds d’investir opportunément avec une décote, dans des sociétés de qualité.
Le mois d’avril a été marqué par un rebond rapide des marchés globaux à la suite de la mise en place d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran, les investisseurs anticipant progressivement un scénario de désescalade au Moyen-Orient. Toutefois, le cessez-le-feu reste fragile et les tensions autour du détroit d’Hormuz demeurent élevées malgré l’intervention de la flotte américaine et le lancement du «Project Freedom». Dans ce contexte, les prix de l’énergie sont restés durablement élevés, le Brent clôturant le mois à $114/bbl.
Les premières pressions inflationnistes liées au choc énergétique commencent par ailleurs à se matérialiser, avec une inflation américaine remontant à +3,3% en glissement annuel en mars contre +2,4% en février. Dans la zone euro, l’inflation a également accéléré à +3,0% en glissement annuel en mars, contre +2,6% en février. Dans ce contexte, les marchés ont revu à la hausse leurs anticipations de taux directeurs: le marché n’anticipe désormais plus de baisse de taux aux États-Unis en 2026 (contre deux baisses attendues en début d’année), tandis qu’il s’attend désormais à près de trois hausses de taux dans la zone euro (contre aucune attendue en début d’année).
Cette réévaluation continue d’exercer une pression haussière sur les taux de référence: le taux américain à 10 ans a augmenté de 5 pdb sur le mois pour clôturer à 4,37%, tandis que le taux allemand à 10 ans a progressé de 3 pdb pour terminer à 3,04%. Les actifs émergents ont nettement rebondi au cours du mois d’avril après la forte correction observée en mars, soutenus par la détente partielle des tensions géopolitiques et le resserrement des spreads de crédit. Les spreads du CEMBI Broad Diversified se sont ainsi resserrés de 33 pdb, avec une forte surperformance du segment HY (-56 pdb) par rapport à l’IG (-19 pdb).
En Turquie, les spreads corporates se sont nettement resserrés (-70 pdb), dans un mouvement généralisé de compression des spreads porté par le retour de l’appétit pour le risque. En Ukraine, les spreads corporates se sont resserrés (-54 pdb), portés notamment par le remboursement de l’obligation Metinvest 2026, qui a renforcé la confiance des investisseurs sur certains crédits ukrainiens. Au Brésil, les spreads corporates se sont également resserrés (-54 pdb), avec un rebond marqué de plusieurs situations idiosyncratiques.
La restructuration du géant pétrochimique Braskem connaît des développements favorables, notamment à la suite d’un accord portant sur la cession de la participation de Novonor, actionnaire historique du groupe, à IG4, soutenu par les banques brésiliennes locales, principales créancières de Braskem. Par ailleurs, la mise en place d’une gouvernance partagée avec Petrobras réduit significativement le risque d’un scénario désordonné. Sur le plan politique, les marchés ont également été attentifs à plusieurs échéances électorales importantes.
Au Pérou, le scénario politique s’est clarifié autour d’un second tour perçu comme plus favorable aux marchés entre la candidate de droite populiste Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori, et le candidat de gauche Roberto Sanchez, permettant un resserrement des spreads corporates péruviens (-26 pdb). En Europe émergente, les élections hongroises ont marqué un tournant politique majeur avec la victoire du parti d’opposition Tisza de Péter Magyar.
Avec une majorité constitutionnelle au Parlement, les marchés anticipent un rapprochement avec l’Union européenne, susceptible de permettre le déblocage progressif des fonds européens gelés et une amélioration du profil macroéconomique du pays. Les spreads corporates hongrois ont fortement réagi à cette perspective plus favorable (-82 pdb). Enfin, au Bénin, l’élection de Romuald Wadagni, ancien ministre des Finances soutenu par la coalition du président sortant, a été perçue positivement par les marchés, les investisseurs anticipant une continuité de la politique macroéconomique et budgétaire du pays.
Les spreads souverains se sont resserrés d’environ 50 pdb. La surperformance du fonds par rapport à son indice en avril s’explique principalement par notre surpondération au segment High Yield. Les obligations brésiliennes, première exposition géographique du fonds (12,3% à fin avril), ont particulièrement bien contribué à la performance du portefeuille.
Les obligations indiennes et turques, qui avaient fortement corrigé en mars, ont également rebondi, notamment dans le secteur des énergies renouvelables. Le marché primaire a par ailleurs fortement repris au cours du mois et nous avons participé à 5 nouvelles émissions, portant à 19 le nombre total de nouvelles émissions auxquelles nous avons participé depuis le début de l’année. Durant le mois, nous avons réduit notre exposition au secteur des télécommunications à la suite du remboursement de l’obligation Liquid Telecom.
Nous avons également renforcé notre exposition au secteur de l’énergie, notamment en Colombie et en Angola.