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Les statistiques donnent l’impression d’un marché viticole dynamique, mais cette progression masque une situation beaucoup plus fragile. En 2025, près de 10.930 transactions ont été enregistrées, en hausse de 26,4 %, pour 19.000 hectares échangés. La valeur totale du marché a bondi de près de 50 %, à 1,6 milliard d’euros.
Cette envolée est toutefois largement artificielle. Quatre ventes de grands crus bourguignons dépassant chacune 100 millions d’euros représentent à elles seules un quart de la valeur des transactions. Dans de nombreuses régions, les exploitations peinent au contraire à trouver des acquéreurs et les prix diminuent.
Les vignes bénéficiant d’une AOP ont perdu en moyenne 2,8 %, à 171.400 euros l’hectare. Bordeaux est particulièrement touché, avec une baisse supérieure à 20 % en deux ans. Hors AOP, le recul atteint 7,7 %, tandis que les vignobles destinés aux eaux-de-vie s’effondrent de 54,5 %, pénalisés notamment par les difficultés du Cognac à l’exportation.
La baisse de la consommation, les campagnes d’arrachage et le changement climatique accentuent les difficultés. Le prochain départ à la retraite de nombreux viticulteurs pourrait encore accroître l’offre de propriétés et renforcer le pouvoir de négociation des acheteurs.