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Les investisseurs pourraient sous-évaluer l’ampleur du resserrement monétaire à venir, selon Deutsche Bank. Son stratège Henry Allen souligne que la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont toutes relevé leurs taux au cours des deux dernières semaines.
Plusieurs facteurs pourraient prolonger ce mouvement. Le pétrole avoisine 100 dollars le baril et la hausse des matières premières n’aurait pas encore produit tous ses effets sur l’inflation. La diffusion des coûts énergétiques au reste de l’économie pourrait entretenir les tensions sur les prix.
Les banques centrales semblent également déterminées à éviter les erreurs du précédent épisode inflationniste. Leur réaction serait désormais plus rapide, après plusieurs années durant lesquelles l’inflation a dépassé leurs objectifs.
Parallèlement, les conditions financières restent favorables : les actions américaines évoluent près de leurs records et les écarts de rendement sur le crédit se sont réduits. Des taux plus élevés pourraient donc être nécessaires pour freiner suffisamment l’activité.
Henry Allen rappelle qu’en 2022, les marchés avaient initialement anticipé environ deux points de hausse des taux américains, contre plus de quatre finalement appliqués.
Il nuance toutefois les conséquences boursières : une économie robuste peut soutenir les actions malgré le resserrement. En 1999, le S&P 500 avait ainsi gagné près de 20 % malgré les hausses de la FED.