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Plusieurs évolutions récentes sont venues confirmer la volonté des décideurs politiques européens de continuer à orienter la régulation en faveur d’un renforcement de la…
Par Olivier DAVID, Gérant du fonds VEGA Europe Autonomie
Il y a tout juste un an, le fonds VEGA Europe Autonomie recentrait sa stratégie de gestion sur la thématique de la souveraineté européenne. Outre l’adoption de sa dénomination actuelle, cette évolution impliquait alors de réorienter ses investissements vers 7 secteurs particulièrement critiques pour l’autonomie du Vieux Continent, tout en accordant une prépondérance à la Défense et l’Aéronautique étant donné l’impératif du réarmement.
Bien entendu, sur l’année écoulée, la performance n’a pas manqué de réagir à la conjoncture économique et financière, marquée notamment par les atermoiements sur les droits de douane américains, l’avènement de l’IA ou, plus récemment, par la guerre au Moyen-Orient. Cela dit, nous sommes convaincus que son évolution reste structurellement influencée par l’action politique en faveur de la défense des intérêts européens.
En ce sens, le régulateur a présenté début juin son paquet « souveraineté numérique » visant à mieux encadrer le développement du secteur des semi-conducteurs (Chips Act 2.0), de l’informatique en nuage et de l’IA (Cloud and AI Development Act, CADA). Alors que le 1er Chips Act adopté en 2023 a permis de déclencher 52 milliards d’euros d’investissements publics et privés, contribuant par exemple à financer les projets de méga-usines de STMicroelectronics à Crolles ou d’Infineon à Dresde, la seconde version entend plutôt stimuler la demande avec 120 milliards d’euros d’investissement préconisés à l’horizon 2035.
De son côté, le CADA a notamment pour ambition de tripler le marché européen des centres de données d’ici 5 à 7 ans tout en imposant un cadre de souveraineté à 4 niveaux pour les services cloud et collaboratifs.
D’autres évolutions récentes découlent d’une volonté de protéger la compétitivité de l’industrie européenne, comme le doublement des droits de douane sur les importations d’acier et la réduction de moitié des quotas d’importation en franchise de droits, entrés en vigueur au 1er juillet et qui devraient profiter aux producteurs domestiques tel que Voestalpine. Citons également le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, en place depuis le début de l’année, qui cible les importations en provenance de pays aux normes environnementales moins strictes.
Pour l’avenir, nous gardons un œil sur une éventuelle révision des règles de concurrence pour favoriser l’émergence de champions industriels européens ou encore sur l’allègement envisagé des exigences en capital imposées aux banques dans l’idée de réduire les distorsions de concurrence et de mieux répondre aux besoins de financement de l’économie.