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Les grandes valeurs technologiques concentrent l’attention, mais aussi une partie des risques. Lors de son webinaire consacré aux perspectives de marché, Bertrand Puiffe, gérant actions et porte-parole de la gestion chez Fidelity International, a rappelé l’importance d’une analyse approfondie des fondamentaux et des risques pour bâtir des convictions de long terme. Une approche sélective qui conduit notamment à s’intéresser à des entreprises délaissées, mais capables de préserver leurs marges.
Les besoins en électricité pourraient freiner le déploiement de l’IA et mettre à l’épreuve les attentes de croissance.
Certaines valeurs décotées et petites capitalisations offrent des opportunités à examiner entreprise par entreprise.
Sur les obligations, les échéances courtes peuvent présenter un intérêt dans un scénario de taux longs sous tension.
Après plusieurs années de fortes perturbations, l’économie mondiale reste résiliente, portée par l’emploi, le soutien budgétaire et les investissements liés à l’intelligence artificielle, malgré une inflation qui continue de peser sur son équilibre.
Ce soutien de l’IA à l’activité économique se traduit déjà par une forte accélération des dépenses d’investissement des grands acteurs technologiques. Les grands acteurs technologiques mondiaux continuent d’augmenter massivement leurs dépenses d’investissement afin de développer les infrastructures nécessaires à l’IA, notamment les centres de données et les capacités de calcul.
Mais l’énergie reste une préoccupation majeure : aux contraintes d’approvisionnement s’ajoute la demande des centres de données.
L’exemple est concret. Un centre de données doit être alimenté, refroidi et raccordé au réseau. Construire les capacités électriques nécessaires prend du temps, même lorsque les financements sont disponibles. Ces contraintes pourraient ralentir le rythme de développement de l’IA.
Le sujet dépasse donc le potentiel de la technologie : il concerne la vitesse à laquelle les entreprises pourront transformer leurs investissements en bénéfices. Dans des indices américains très concentrés, une déception sur quelques grandes valeurs peut avoir des effets importants. Bertrand Puiffe souligne aussi que les dépenses consacrées à l’IA mobilisent davantage de trésorerie, réduisant les moyens disponibles pour les rachats d’actions.
A noter que les investissements en dehors du secteur technologique n’ont pas encore véritablement décollé, ce qui constitue un facteur de vigilance pour la suite du cycle économique.
Les valorisations apparaissent très hétérogènes selon les régions, les secteurs et les styles d’investissement. Certaines poches du marché, notamment les actions européennes et chinoises, offrent encore des valorisations relativement attractives, tandis que le marché américain reste exigeant malgré la croissance de ses bénéfices. La sélection de titres redevient un facteur clé de performance dans un portefeuille.
Fidelity identifie notamment des opportunités parmi les valeurs « value », faiblement valorisées au regard de leurs fondamentaux, et certaines petites et moyennes capitalisations. Pour le gérant, leur retard de valorisation laisse encore un potentiel de rattrapage.
La décote ne suffit toutefois pas à justifier un investissement. Dans un environnement inflationniste, le critère déterminant est la capacité à répercuter la hausse des coûts dans les prix de vente, tout en préservant les marges.
Interrogé sur la vulnérabilité des petites entreprises aux taux élevés, Bertrand Puiffe insiste sur l’analyse du bilan. Il cite notamment Evolution AB, une position de son fonds nordique, pour illustrer le cas d’une société disposant de trésorerie. La taille boursière ne résume donc pas, à elle seule, la sensibilité au coût du crédit.
C’est cette recherche d’entreprises délaissées, financièrement solides et capables de défendre leurs marges que Fidelity met au cœur de sa sélection.
Sur les marchés obligataires, Fidelity anticipe des taux longs durablement sous tension. Le gérant privilégie donc les échéances courtes pour limiter la sensibilité à une nouvelle hausse des taux.
Il appelle également à la prudence sur le crédit : lorsque la rémunération supplémentaire offerte pour prêter à une entreprise est faible, la sélection des émetteurs devient particulièrement importante. Un rendement ne s’apprécie pas indépendamment des risques pris pour l’obtenir.
Le principal enseignement est sans doute que les marchés entrent dans une nouvelle phase. Après plusieurs années où la hausse généralisée des actifs était largement soutenue par les liquidités et les politiques monétaires accommodantes, les fondamentaux redeviennent déterminants. Plus que jamais, la sélectivité et l’analyse approfondie des risques seront les clés pour identifier les opportunités de long terme.