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Aero Asset 3 : Investir dans le tangible, cap sur la Polynésie – Le Talk de Barthélemy Renaudin, membre du directoire et Hervé de Roquefeuil, directeur du développement chez 123 IM.
Benjamin : Bonjour, bienvenue dans le Talk Private Equity. Aujourd’hui, nous recevons la société 123 Investment Managers avec Hervé de Roquefeuil, directeur commercial. Bonjour Hervé.
Hervé de Roquefeuil : Bonjour Benjamin.
Benjamin : Et nous recevons également Barthélemy Renaudin, membre du directoire. Bonjour.
Barthélemy Renaudin : Bonjour.
Benjamin : Aujourd’hui, on va parler d’actifs tangibles, notamment d’avions. Pour commencer, on va présenter le groupe. Le groupe 123, c’est 100 collaborateurs, cinq filiales et 2 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Hervé, est-ce que vous pouvez compléter cette présentation ?
Hervé de Roquefeuil : Avec plaisir. C’est surtout 30 ans de présence auprès des investisseurs privés, auprès des épargnants privés à travers des CGP. Cela fait plus de 30 ans que nous sommes au plus près de nos partenaires pour structurer ensemble des fonds qui répondent aux besoins de leurs clients.
Nous étions encore la semaine dernière sur des salons. Nous avons puisé beaucoup d’informations sur les besoins de leurs clients pour les prochaines années. C’est plus de 100 fonds qui ont été structurés au sein du groupe ces dernières années, avec cette volonté d’avoir l’offre la plus claire et la plus diversifiée.
Il y a donc une sélection rigoureuse de fonds, faite par les équipes de structuration, avec des véhicules qui répondent aux attentes des clients. Et surtout, le plus important, de la pédagogie et des outils informatiques mis à disposition des CGP pour pouvoir promouvoir et distribuer la classe d’actifs.
Benjamin : Aujourd’hui, on va parler d’actifs tangibles, de ce que vous appelez la practice actifs tangibles chez 123. Ce n’est pas une nouveauté, cela fait de longues années que vous la pratiquez. Pourquoi ce mot practice ? Et actif tangible, on parle de quoi ? Pour moi, cela pouvait être de la forêt ou des activités viticoles. Là, on va parler d’avions, et vous aviez aussi commencé avec des hélicoptères, des Canadair. Barthélemy, pouvez-vous nous présenter cette practice ?
Barthélemy Renaudin : L’actif tangible, c’est acheter un actif réel, que ce soit un avion, un hélicoptère ou un actif industriel, qui a une valeur intrinsèque et qui génère aussi des revenus par son exploitation. En cas de difficulté, cet actif a une valeur : on peut le revendre.
Cela pourrait être un bateau, des wagons, des locomotives ou des actifs industriels.
Benjamin : Quel est l’historique de la maison ? Vous avez commencé avec un premier fonds sur lequel vous avez levé des capitaux auprès des CGP en 2020, mais vous avez un historique plus ancien sur cette practice.
Barthélemy Renaudin : Oui, cela fait depuis 2010 que nous faisons des opérations sur des actifs tangibles, dans des actifs que nous avons déjà cités. En 2020, nous avons structuré des clubs deals dédiés à Aero Asset 1, qui était un portefeuille d’hélicoptères dont nous sommes sortis au bout de deux ans et demi.
Puis il y a deux ans, nous avons lancé Aero Asset 2, qui est un portefeuille d’avions de lutte anti-incendie.
Benjamin : Comment fonctionnent ces club deals ?
Barthélemy Renaudin : Nous finançons l’acquisition d’actifs. Ces actifs sont opérés par une société qui les exploite. Ici, c’est une compagnie aérienne. La fois précédente, c’était un opérateur de lutte anti-incendie.
Notre investisseur reçoit un revenu fixe et, au bout de six ou sept ans, les actifs sont revendus ou l’obligation est remboursée.
Benjamin : Si on parle de track record, aujourd’hui, c’est zéro défaut sur l’historique des fonds lancés. Pouvez-vous nous parler de la performance du fonds 1 et éventuellement de celle en cours sur le fonds 2 ?
Hervé de Roquefeuil : Sur le fonds 1, lancé en 2020, en plein Covid pour remettre le contexte, nous avons réussi à lever plusieurs dizaines de millions d’euros. Les actifs ont été remboursés par anticipation au bout de deux ans et demi, trois ans. Nous avons fait 17 % de TRI net pour les investisseurs, une jolie performance.
Le millésime 2 a été lancé il y a maintenant deux ans. Il a déjà remboursé plus de 26 % aux investisseurs et nous allons continuer ce rythme de distribution semestrielle. Globalement, c’est une practice qui fonctionne très bien auprès des investisseurs privés.
Benjamin : Pourquoi les conseillers plébiscitent-ils cette practice ?
Hervé de Roquefeuil : Premièrement, il y a le côté tangible : savoir concrètement à quoi va son argent. C’est quelque chose de très recherché par les investisseurs aujourd’hui. Il y a beaucoup d’offres, parfois un peu techniques. Là, c’est relativement simple : on achète un actif, on a une contrepartie qui le loue, on touche un loyer. C’est très tangible.
Le deuxième point, c’est la visibilité des cash flows. On a un loyer récurrent qui tombe, les clients et investisseurs ont une distribution semestrielle qui leur est versée. Cela leur permet de voir que cela fonctionne : tous les semestres, ils touchent leur loyer.
Le troisième point, ce sont des maturités globalement plus courtes que sur du private equity traditionnel. Sur le private equity, on est plutôt sur des maturités de huit à dix ans. Sur le financement en dette sur les actifs tangibles, les maturités sont un peu plus courtes, ce qui est recherché par les investisseurs.
Enfin, dans un environnement très complexe, avec Trump, le Moyen-Orient, etc., nous apportons de la visibilité. Quand nous avons lancé le premier fonds en mars 2020, au début du confinement, nous avons distribué et levé ce millésime pendant le confinement parce que nous apportions justement cette visibilité : un actif, un opérateur qui loue l’actif, des loyers qui tombent. Dans un environnement incertain, pouvoir offrir cette visibilité est extrêmement intéressant et rassure les clients.
Benjamin : Pouvez-vous nous présenter le troisième millésime, Aero Asset 3, avec l’ATR 72-600 ? Avec quel opérateur allez-vous travailler ?
Barthélemy Renaudin : Nous finançons, via une obligation de 9 millions d’euros, l’acquisition d’un ATR 72-600. C’est un avion qui vaut une vingtaine de millions d’euros, très commun, très répandu, qui sert au transport régional.
Cet avion va être utilisé pour le transport entre les îles en Polynésie. Il sera exploité par Air Moana, une compagnie créée en 2022, qui exploite aujourd’hui deux avions. Celui-ci sera le troisième et viendra concurrencer l’opérateur historique.
Benjamin : Quelles sont les garanties sur un placement comme celui-ci, et surtout quels sont les risques ?
Barthélemy Renaudin : La structuration de l’opération est très sécurisée. Il y a deux sûretés principales. La première, c’est une hypothèque de premier rang sur l’actif. Cela veut dire qu’en cas de difficulté, on peut reprendre possession de l’actif et le revendre.
La deuxième sûreté, c’est que nous bénéficions d’une caution de la part de l’État polynésien à hauteur de 50 % de l’obligation. Il ne faut pas oublier que le financement est de 9 millions d’euros sur une valeur d’actif qui vaut plus d’une vingtaine de millions. C’est donc un financement très sécurisé.
Il y a toujours des risques d’exploitation, des risques avec l’opérateur, le risque de crédit de l’opérateur. C’est une entreprise récente, en voie de développement. Mais tout cela est balancé par les sûretés prises sur l’actif. C’est l’intérêt du financement d’actifs : on peut se sécuriser sur l’avion que l’on finance.
Benjamin : Et si l’avion disparaît, comme l’avion de Malaysia Airlines qui avait disparu dans le Pacifique ?
Barthélemy Renaudin : Ce sont des choses qui peuvent arriver. Les avions sont évidemment assurés. Il peut y avoir des accidents plus ou moins graves, mais l’avion est entièrement assuré.
Benjamin : Hervé, pour finir, pouvez-vous nous présenter les caractéristiques du deal : TRI, maturité ?
Hervé de Roquefeuil : Avec plaisir. C’est notre troisième millésime, adossé à cet ATR 72. C’est une obligation de 9 millions d’euros que nous allons lever auprès de nos partenaires CGP, avec une maturité cible à sept ans et une distribution de 14 % par an.
Il y a 7 % liés aux intérêts de la ligne obligataire et 7 % liés à l’amortissement de la ligne obligataire des clients. Plus on avance dans le temps, plus on se dérisque. Le minimum est de 100 000 euros, ce n’est donc pas pour tous les clients. Nous visons un rendement cible de 7 %, avec une distribution de 14 % versée tous les ans aux investisseurs.
Benjamin : Si l’on veut voyager dans les îles sans forcément y aller, parce que certains ont peur de l’avion, on peut se dire qu’en investissant dans ce club deal, on aura un peu de rêve et surtout de la performance.
Hervé de Roquefeuil : Exactement.
Benjamin : Et cela vient diversifier ses actifs dans la poche private equity en général.
Hervé de Roquefeuil : Exactement.
Benjamin : Messieurs, merci beaucoup de m’avoir fait voyager dans les îles. Je vous souhaite plein de réussite pour la levée de fonds de ce club deal. À très bientôt chez Zoom Invest pour un nouveau Talk Private Equity.
Hervé de Roquefeuil : Merci à vous.
Barthélemy Renaudin : Merci Benjamin.