Actions
1Obligations
1Flexibles
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Entretien avec Pierre sur Private Equity : comment Archinvest facilite le co-investissement pour les investisseurs privés ?..
Stéphane : Je suis ravi de recevoir un invité que j’aime beaucoup. On s’est rencontrés souvent, mais derrière un écran. Là, on est enfin face à face. Je suis ravi que tu viennes nous voir, Pierre-Olivier Desplanches, cofondateur et directeur général d’Archinvest.
Pour commencer, on va parler de private equity, mais est-ce que tu peux nous réexpliquer un peu la philosophie d’Archinvest et votre approche ? Je pense qu’elle est très intéressante à étudier.
Pierre-Olivier Desplanches : Effectivement. Archinvest, c’est une société de gestion spécialisée dans le private equity. Pourquoi spécialisée dans le private equity ? Parce que les trois cofondateurs viennent de cet univers. Nous avons été investisseurs pendant près de 25 ans.
En ce qui me concerne, j’ai passé près de 20 ans dans plusieurs fonds de private equity, dont près de 20 ans chez Carlyle, un grand fonds international qui s’est beaucoup développé dans le monde.
Nous sommes donc spécialistes de cette classe d’actifs. Comme nous avons vu que les fonds de private equity commençaient à s’intéresser aux investisseurs particuliers, nous nous sommes dit que nous avions un rôle à jouer. Nous connaissons cet écosystème de l’intérieur, nous avons accès à ces gérants, mais surtout nous saurons les sélectionner sur la base de critères pertinents. Malheureusement, la marque ne suffit pas : on ne peut pas se cacher derrière un beau nom pour se dire que c’est forcément une bonne équipe et une bonne performance à la clé.
Stéphane : Vous créez votre boutique, avec évidemment l’expérience qui explique votre capacité à vous lancer. Mais le private equity est très vaste. Comment l’abordez-vous et quel ADN avez-vous décidé de donner à Archinvest ?
Pierre-Olivier Desplanches : L’idée, c’est que nous sommes spécialistes du private equity et que nous avons vocation à proposer toutes les stratégies du non coté au sens large. Cela ne veut pas dire que nous les proposons toutes en même temps. Certaines sont plus pertinentes que d’autres compte tenu de l’environnement de marché.
Aujourd’hui, nous en avons sélectionné trois : le LBO primaire, le LBO secondaire et la dette privée. Cela ne veut pas dire que nous ne ferons pas d’autres stratégies plus tard, comme du venture ou de l’immobilier, lorsque nous penserons que ce sera le bon moment.
Au sein de ces stratégies, nous allons chercher les fonds les plus performants sur la base d’une analyse multicritère. L’idée est aujourd’hui de permettre à des investisseurs particuliers, à partir de 100 000 euros, d’accéder à des fonds qui étaient jusqu’à présent réservés à des institutionnels. Certains sont sursouscrits, très difficiles d’accès, ou pas commercialisés en Europe, comme certains fonds américains. Parce que nous avons fait ce métier, nous pouvons créer une relation et distribuer ces fonds à ces investisseurs.
Stéphane : Ce sont des fonds de fonds, des co-investissements ?
Pierre-Olivier Desplanches : Nous avons trois types de poches. Nous avons des fonds de fonds pour des personnes qui veulent se diversifier, parfois avec des tickets de 100 000 ou 200 000 euros. Nous avons aussi des investisseurs plus sophistiqués qui peuvent investir un, deux ou trois millions d’euros avec l’aide d’un conseil, et à qui nous allons proposer des fonds uniques, donc dédiés à un seul gérant.
Et là, nous lançons une stratégie de co-investissement. Nous avons un fonds de co-investissement qui a vu le jour depuis une semaine.
Stéphane : Cela m’intéresse. Pourquoi le co-investissement ? Peux-tu nous en dire un peu plus sur ses avantages ?
Pierre-Olivier Desplanches : Il faut déjà comprendre d’où vient le co-investissement. Au fur et à mesure, les institutionnels qui confient leur argent à des fonds de private equity ont mis un peu la pression pour obtenir des conditions particulières. Par exemple, ils ont dit : quand je te mets 50 ou 100 millions d’euros, j’aimerais bien avoir 15 % d’allocations sur du co-investissement, souvent sans frais et sans carried interest.
Les fonds ont donc pris l’habitude d’offrir ces opportunités à ces institutionnels. Nous, en tant qu’investisseurs dans les fonds, nous allons avoir accès à ces poches.
La question est : comment accéder à ces opportunités quand on n’est pas aussi gros qu’un institutionnel qui met 100 millions ? C’est assez simple. Tout le monde veut du co-investissement, évidemment, parce que c’est moins cher : il n’y a pas de frais, pas de carried. Mais tout le monde ne peut pas réagir vite.
Le co-investissement se joue dans une fenêtre de tir très courte. Le fonds a signé le deal et il y a quelques semaines avant l’échange des actions et des titres, le closing. En très peu de temps, l’investisseur doit se mobiliser. Beaucoup disent qu’ils n’ont pas le temps de faire passer leur comité. Les fonds savent que nous, c’est notre métier, que nous avons fait cela toute notre vie et que nous avons maintenant un fonds disponible. L’argent est disponible en cours de levée, donc nous pouvons réagir très vite.
Stéphane : Votre savoir-faire, c’est donc d’avoir l’information et les contacts, mais aussi de pouvoir réagir au bon moment.
Pierre-Olivier Desplanches : Nous sommes dans les fonds, donc nous avons accès, et surtout ils savent que nous pouvons agir vite. Nous sommes en amont, parce que nous leur disons qu’il y a une belle opportunité.
Il y a un double filtre : le fonds a fait son analyse et a décidé d’y aller. Nous avons un deuxième regard pour vérifier que nous pensons que c’est une bonne opportunité pour nos investisseurs.
L’autre avantage, c’est que le déploiement est plus rapide. Les opportunités vont arriver ou nous allons aller les chercher. Nous pensons pouvoir déployer un fonds que nous visons à 50 millions d’euros en 12 à 18 mois. Ce n’est pas comme un fonds classique qui se donne quatre ou cinq ans pour investir. Là, au fur et à mesure, nous allons sécuriser ces opportunités et les investir. Nous visons à peu près cinq à sept sociétés dans ce fonds, puis nous viserons des millésimes successifs une fois l’investissement terminé.
Stéphane : Pour finir, j’aime bien le concret. Quelle typologie d’entreprises est ciblée par les fonds avec lesquels tu vas co-investir ? Y a-t-il des choses exclues ou est-ce opportuniste dans le bon sens ?
Pierre-Olivier Desplanches : Beaucoup de fonds sont aujourd’hui sectorisés, mais nous sommes dans beaucoup de fonds. Nous allons donc pouvoir avoir accès à tous les secteurs, de façon diversifiée avec plein de spécialistes.
La plupart des fonds qui ont une très bonne performance, souvent dans le premier quartile, sont dans des secteurs très résilients ou disposent d’accès particuliers. Nous allons donc offrir à nos investisseurs des sociétés très résilientes.
La particularité du produit, c’est aussi qu’il est assez singulier : c’est un fonds fiscal, mais nous allons pouvoir offrir une poche américaine, puisque nous allons investir jusqu’à 30 % dans des deals américains. Le premier deal que nous faisons est justement un deal avec un acteur américain.
Stéphane : Je pense que tous mes confrères qui regarderont cette vidéo iront voir tes équipes pour avoir ces informations en détail, parce que cela peut être très intéressant.
Pierre-Olivier Desplanches : Avec grand plaisir. Peut-être le dernier avantage, c’est le pricing. Comme nous négocions des conditions sans frais et sans carried, même si nous prenons évidemment une rémunération, cela fait baisser la rémunération, qui est beaucoup plus faible que sur un fonds traditionnel.
Stéphane : Très bien. Moins de frais, plus l’aspect fiscal du fonds : c’est une bonne nouvelle. Merci beaucoup.
Pierre-Olivier Desplanches : Merci Stéphane, à bientôt.