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L'interview Patrimonia de Sassan Golshani, directeur du développement. Peqan poursuit son développement avec 250 M€ sous gestion, 9 fonds lancés et 2 000 investisseurs accompagnés via 300 CGP.
Stéphane : Je suis ravi, on va parler d’une classe d’actifs qui m’est chère avec un camarade qui m’est cher également. Je reçois Sassan, qui vient nous présenter Peqan ou nous parler de Peqan.
D’abord Sassan, grosse affluence cette année en 2025 pour Patrimonia.
Sassan Golshani : Oui, très heureux d’être à ce Patrimonia. Me concernant, c’est le quatrième. Concernant Peqan, l’intérêt est fort de la part des professionnels du patrimoine pour ma classe d’actifs, si j’ose dire, parce que Peqan a été un pionnier et un précurseur de la démocratisation des actifs réels auprès des professionnels du patrimoine.
Stéphane : C’est bien que tu me fasses cette transition, parce qu’avant de parler de l’actualité de Peqan et des produits, tous les deux, on a fait depuis quelques années pas mal d’émissions sur le private equity. Est-ce que c’est le moment d’arrêter d’en faire, puisque tout le monde s’y intéresse ?
Sassan Golshani : Cela fait 50 ans que l’on fait du private equity, que les institutionnels font du private equity. On ne va évidemment pas arrêter d’en faire. Mais le private equity n’est pas non plus une classe d’actifs magique.
Il peut y avoir des distorsions de performances liées à l’environnement macroéconomique, et aujourd’hui c’est le cas. La hausse des taux d’intérêt et le risque géopolitique ont provoqué un élément : l’augmentation de la durée de détention.
Les investisseurs se plaignent d’un élément du private equity : l’argent revient un peu moins rapidement qu’auparavant. C’est toujours le fameux triptyque risque, rendement, liquidité. C’est donc un curseur très important.
Stéphane : Comme tout le monde s’y met, il faut que les clients, au travers de leurs conseillers, soient bien informés. Cela reste un produit informé. Mais c’est démocratisé en vrai quand même.
Sassan Golshani : La démocratisation du private equity, ce n’est pas Peqan. J’aimerais dire que c’est Peqan, mais c’est Apollo, Blackstone, KKR, tous les géants du private equity qui se tournent vers ces investisseurs privés.
C’est une tendance lourde et cela répond à une problématique en France, qui est la transformation du paysage de l’épargne. Si vous êtes un jeune trentenaire comme toi et moi, Stéphane, que vous voulez mettre de l’argent de côté et que vous acceptez cette illiquidité, vous allez vous tourner vers cette classe d’actifs parce que, sur le long terme, votre potentiel de performance — qui n’est pas garanti, je le rappelle — est probablement plus important.
Cela en fait une brique essentielle de la gestion de patrimoine.
Stéphane : Et surtout, cela fait du sens parce que tu rentres plus dans le détail de ton investissement que si tu fais du coté, où c’est noyé. Revenons à Peqan. Quelles sont les actualités que tu veux mettre en avant ?
Sassan Golshani : Nous continuons à nous développer. Nous étions quatre, nous sommes douze. Nous avons 250 millions d’euros sous gestion. Cela représente neuf fonds entre ceux qui sont fermés et ceux qui sont ouverts à la commercialisation.
Cela représente à peu près 2 000 investisseurs qui nous ont été apportés par 300 professionnels du patrimoine qui nous font confiance. Avec toujours, chez Peqan, la possibilité d’accéder à des produits à moins de 100 000 euros et la possibilité d’accéder à des produits plus gestion de fortune, accessibles à partir de 100 000 euros.
Stéphane : Est-ce que tu peux nous parler un peu de l’offre en détail ? Nous sommes à Patrimonia, c’est un salon professionnel.
Sassan Golshani : Bien sûr. Nous allons lancer notre troisième millésime de fonds de fonds diversifiés de private equity, accessible à partir de 10 000 euros. Il sera accessible aux investisseurs à partir de la fin de l’année.
Actuellement, nous avons aussi une solution assez sophistiquée sur une stratégie qui me plaît beaucoup et qui est au cœur de l’ADN de Peqan : le secondaire. Nous en faisons depuis le début chez Peqan. Cela représente presque 90 millions d’euros d’engagements pour nous à travers différents gérants.
Le secondaire, c’est avant tout un couple risque-rendement intéressant, parce que l’on a une bonne visibilité sur les actifs. On a de la diversification parce qu’en rachetant des portefeuilles avec une maturité plus élevée, on a une vision sur ces actifs. Enfin, on a une vélocité du capital, c’est-à-dire que l’argent est plus vite appelé et plus vite renvoyé. Cela plaît aux investisseurs privés.
Nous avons lancé un nouveau fonds qui s’appelle Peqan Convictions Secondaires, dans lequel nous avons référencé trois gérants qui interviennent sur des maturités différentes de portefeuille : quatre à six ans avec Adams Street, six à huit ans avec Blackstone et huit à dix ans avec Coller Capital.
Stéphane : Est-ce qu’il y a, dans le marché actuel, plus d’opportunités sur le secondaire aussi, dans le contexte actuel du financement global ?
Sassan Golshani : C’est une très bonne question. Le secondaire n’est jamais que la dérivée du marché primaire. Plus le marché primaire croît, plus le secondaire, qui était initialement un outil de liquidité pour les investisseurs institutionnels, se développe.
Il y a aussi d’autres éléments. On a parlé de la hausse de la durée de détention liée aux incertitudes économiques. Les gérants se tournent donc vers le secondaire pour avoir cette liquidité.
Il y a également un changement d’attitude, puisque les gérants auprès des institutionnels ont une gestion un peu plus active et se tournent vers le secondaire. Le marché secondaire croît de 18 % par an. Il était de 165 milliards en 2024, il sera autour de 200 milliards en 2025 et on estime qu’il dépassera les 300 milliards.
Stéphane : Merci beaucoup Sassan pour toutes ces précisions. On se retrouve l’année prochaine, évidemment.
Sassan Golshani : Bien sûr, Stéphane, merci.