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Fund Focus est une séquence dédiée aux solutions d’investissement et aux innovations produits. Avec Stéphane Van Huffel, un ou une experte produit explique en toute transparence la construction d'un.
Benjamin : C’est toujours un plaisir de parler solutions et produits avec le camarade Adin Huseljic. Tu es responsable structuration et commercialisation produit chez Eurazeo. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Adin Huseljic : C’est ça. Ravi d’être avec toi aujourd’hui et d’être avec vous. En effet, chez Eurazeo, je fais partie de l’équipe Solutions, dont le métier est de structurer et de commercialiser des solutions d’investissement à destination de clients non professionnels.
Chez Eurazeo, nous avons la chance de gérer plus de 37 milliards d’euros en non coté uniquement, dont 10 milliards d’euros qui proviennent de nos fonds propres, du bilan d’Eurazeo. Cela nous permet d’être premier investisseur dans les fonds que nous lançons, dans les sociétés que nous soutenons, et donc de mouiller le maillot.
À côté de cela, parmi les 26 à 27 milliards d’euros que nous gérons pour des clients externes à date, 20 % proviennent de personnes comme toi et moi, de clients particuliers. Depuis 1999, chez Eurazeo, l’équipe Solutions, dont je fais partie, structure et commercialise des solutions à part pour les clients particuliers, qui co-investissent toujours avec nos clients institutionnels.
Benjamin : Justement, on s’était vus à Patrimonia il y a quelque temps. Tu m’avais parlé de la mise en place de cette stratégie de création de feeders. Est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ?
Adin Huseljic : Oui, clairement. Cela va dans le prolongement de ce que l’on fait depuis un quart de siècle maintenant. On avait toujours, aux côtés de notre véhicule institutionnel, un fonds ou une autre coquille juridique dédiée aux clients privés.
Mais on trouvait qu’il nous manquait cet entre-deux. Nos FCP sont maintenant accessibles en assurance-vie à partir de 1 000 euros. Nos fonds titres restent accessibles à partir de 5 millions d’euros. Cela fait encore un ticket assez élevé. Il fallait donc structurer cet entre-deux sous forme de feeder, d’un fonds nourricier qui va se déverser dans le véhicule institutionnel.
Benjamin : Rappelle-nous ce qu’est un feeder en deux mots.
Adin Huseljic : Un feeder, globalement, c’est une entité à part qui va avoir la même structure juridique que le fonds maître, le fonds institutionnel, et qui va se déverser dedans. Il va être un investisseur institutionnel de plus dans le véhicule institutionnel, qui fonctionne par appels de fonds et par distributions.
Pour faciliter l’accès aux particuliers, plutôt que de les appeler au fur et à mesure, au hasard, nous avons décidé de les appeler deux fois par an, en décembre et en juin. Quand le fonds institutionnel appelle, le feeder appelle également.
Benjamin : L’accès est à partir de combien dans ces cas-là ?
Adin Huseljic : L’accès est à partir de 100 000 euros. Le réel intérêt de ces feeders, c’est que nos partenaires CGP vont pouvoir aller chercher une base de clients un peu plus haut de gamme.
Et surtout, c’est pour cela que nous les faisons nous-mêmes : il n’y a pas de couche de frais ajoutée. Eurazeo continue de se rémunérer sur les frais de son fonds institutionnel, sur les frais de son fonds maître. Il y a simplement une partie de frais, la rétrocession, qui va aux partenaires et qui est ajoutée.
D’ailleurs, si le CGP veut mettre son client en clean share parce qu’il se rémunère par honoraires ou mandat, son client va payer les mêmes frais que notre client institutionnel.
Benjamin : Super. Comment cela se traduit d’un point de vue produit ? Peux-tu nous parler concrètement de ce que cela va apporter pour nous, CGP ?
Adin Huseljic : L’objectif chez Eurazeo, c’est qu’à terme, à chaque fois que l’on lance une solution, un fonds dédié aux clients actuels pour chacune de nos stratégies, qu’il y ait ce feeder entre-deux, accompagné d’un FCP généralement éligible à l’assurance-vie.
Le premier arrivé sur le marché cette année, c’est le feeder de notre fonds secondaire. Nous lançons le cinquième millésime de notre fonds Eurazeo Secondary Fund V. C’est un fonds pour clients institutionnels, accessible à partir de 5 millions d’euros, dont l’objectif est de collecter 1,5 milliard d’euros.
Sur le feeder, nous avons pour objectif de collecter 50 millions d’euros, qui vont se déverser dans ce fonds. Le fonds est déjà lancé. Il devait même clôturer à la fin de l’année 2025, mais on l’a prorogé de trois à six mois pour permettre au feeder de se mettre en place, de collecter et de collecter davantage.
L’intérêt, c’est qu’aujourd’hui il y a déjà 80 sociétés en portefeuille. Je rappelle que l’intérêt du secondaire, pour faire simple, est triple. Notre métier, quand on fait du private equity secondaire, c’est d’offrir de la liquidité à des institutionnels qui, au bout d’un certain temps, souhaitent vendre leurs parts de fonds. On est sur le marché occasion du private equity.
L’avantage est triple. Le premier, c’est que tu sais ce que tu achètes : quand tu rachètes les parts d’un fonds lancé depuis quatre ou cinq ans, le portefeuille est constitué.
Deuxième avantage : on mitige la courbe en J, qui nous embête tous et qui embête surtout les clients, parce qu’ils ne comprennent pas pourquoi la boîte de private equity ne performe pas immédiatement. Quand on arrive au bout de la quatrième année, on est déjà sorti de la courbe en J.
Troisième avantage, peut-être le plus important : la diversification immédiate. Quand je rachète les parts d’un institutionnel investi dans un fonds de private equity avec une dizaine de sociétés, si je fais cela dix fois, je m’expose à 100 sociétés sous-jacentes. Si une société est en difficulté, cela reste une société sur 100.
Benjamin : Elle est noyée, la mutualisation.
Adin Huseljic : Exactement. On va diversifier et diluer le risque. C’est ce que nous avons vu au fur et à mesure de nos millésimes précédents : nous avons à peu près un rendement qui reste stable, peu volatile, parce que nous avons cette belle dilution. Nous allons exposer le client à plus de 200 PME françaises et européennes.
Benjamin : Le produit est accessible partout ?
Adin Huseljic : Le produit est accessible via notre plateforme en nominatif pur, à partir de 100 000 euros. Il est important de rappeler qu’il existe une part clean share, qui permet à votre client d’avoir les mêmes frais que nos institutionnels, et une part rétro, parce qu’il faut aussi rémunérer le travail des conseillers.
Benjamin : Limpide, clair, impeccable. Merci pour l’invitation. À bientôt.