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Charlotte Peuron, Groupe La Française, Aymeric Gastaldi, Edmond de Rothschild Asset Management, Joffrey Ouafqa, Auris Gestion
La table ronde met en regard trois axes : un environnement macro plus incertain, la nécessité d’éviter les effets de mode dans les gestions thématiques, et le retour de thèmes structurels liés à la souveraineté, aux ressources stratégiques et à l’or. Le fil directeur est celui d’une allocation plus sélective : ne pas acheter une thématique parce qu’elle concentre les flux, mais parce qu’elle combine visibilité, valorisation et profondeur de long terme.
EdR SICAV Global Resilience A EUR
CM-AM SICAV - CM-AM Global Gold RC
Quelles sont ces opportunités et quels sont les leviers pour cette nouvelle année ? J'accueille pour cela Charlotte Perron, gestionnaire de fonds Actions Senior chez Crédit Mutuel AM, Aymeric Castadi, gérant de portefeuille chez Edmond de Rothschild, et Geoffrey Wawka, directeur des gestions chez Auris Gestion. Bonjour à tous les trois, j'espère que vous allez bien et que vous êtes en pleine forme. Bonjour Stéphane. On profite pour faire le sacro saint test micro. Avant de poser la question des opportunités, ce pour quoi on est là ce matin, parce que mes confrères de CGP et banquiers privés n'attendent que ça. On va quand même faire un petit tour d'horizon du contexte actuel. Je pense que c'est important, le contexte dans lequel vos maisons de gestion évoluent.
Quels sont les marqueurs macro, c'est un gros mot, mais qui sont importants quand même quand on pilote des fonds à thème en ce moment ? Charlotte, je te laisse commencer. Bonjour à tous, merci Stéphane. Le contexte actuel, comme vous pouvez le voir, il est assez volatile, notamment un petit peu sur la thématique que je porte aujourd'hui. Des grands changements se sont produits, même au cours presque de ces derniers jours, notamment au niveau de l'économie américaine, où on sent qu'elle est très résiliente. On l'a vu avec les chiffres de l'emploi, du chômage. Et puis cette inflation qui, finalement, est persistante, un petit peu sous pression avec le prix du pétrole qui est venu finalement s'ajouter aux pressions précédentes, puisqu'on était toujours au-dessus de la cible de la Fed.
Finalement, au moins à court terme, c'est l'inversion des anticipations possibles sur la politique de la Fed qui pèse beaucoup aujourd'hui sur notre thématique. On va voir le premier FOMC avec Warche la semaine prochaine. On va avoir un petit peu des indications, mais ça, c'est vraiment très prégnant, avec potentiellement une hausse des taux de la Fed alors que tout le monde n'attendait pas de hausse et au mieux une baisse des taux encore de la Fed. Donc ça, c'est très important. Ça a un impact, évidemment, sur les tendances du dollar, qui s'est raffermi. L'autre élément de court terme pour notre thématique, mes collègues en parleront mieux, c'est le flux des investisseurs qui vont vers les États-Unis, qui poussent aussi le dollar à la hausse. Pour acheter quoi ? Essentiellement pour acheter de la tech américaine qui a le vent en poupe aujourd'hui.
Donc plutôt à court terme, un peu moins de momentum avec des indicateurs court terme qui sont plus négatifs sur le secteur aurifère. Et à moyen terme, on reste quand même constructif puisque les tendances de long terme restent en place sur la thématique. Merci Charlotte. Geoffrey, même question, qu'est-ce que tu regardes en ce moment ? Sur la macro, évidemment, je ne vais pas répéter ce qu'a dit Charlotte. En effet, sur la Fed, on le voit bien, il y a peut-être un changement de paradigme qu'il faut surveiller parce qu'on a l'impression que la croissance américaine tourne un petit peu en surrégime en ce moment. Et les chiffres de l'emploi l'ont récemment montré. Les chiffres du mois de mai ont été très bons et les chiffres du mois précédent, le mois d'avril, ont été, eux, révisés à la hausse.
Et c'est vrai que le chiffre d'inflation qui sera publié aujourd'hui à 14 h 30, il revêt une importance majeure. Parce que si on s'aperçoit que l'inflation commence à décaler aux États-Unis, sous l'effet évidemment de la crise énergétique, mais pas que, s'il y a aussi des effets de second tour, on va se rendre compte que la Fed ne pourra pas s'affranchir d'une hausse de taux, voire de plusieurs hausses de taux. Kevin Warsh ou pas Kevin Warsh, finalement, qui avait été nommé par Donald Trump pour avoir une politique monétaire accommodante. Finalement, il n'aura peut-être pas cette possibilité parce que l'économie américaine tourne trop fort. Et c'est vrai qu'on l'a vu, quand il y a un repricing des attentes de hausse de taux de la Fed, le marché action peut corriger substantiellement. Ça a été le cas vendredi.
Et on le voit bien, depuis vendredi, le marché actions américain est un peu plus tendu. La volatilité augmente, la volatilité sur les thématiques aussi. On le voit bien, l'essor et l'engouement autour des semi-conducteurs étaient peut-être un petit peu élevés. Là, finalement, c'est en train de se dégonfler un peu fortement. Donc ça, c'est vrai que d'un point de vue macro, c'est important à suivre. L'autre côté de la macro, c'est qu'en zone euro, pour le coup, la BCE, elle, est assez lisible. La croissance est en train de ralentir, mais l'inflation est au-dessus de sa cible et elle va remonter les taux de manière assez dogmatique. On sait tous que c'est une erreur de politique monétaire, mais elle est quasiment obligée de le faire. C'est la tradition pour la BCE. Donc c'est malheureux, ça va accentuer le ralentissement. Il n'y aura peut-être pas d'effet de second tour sur l'inflation.
Ce qui est rassurant néanmoins, c'est qu'on a regardé, nous, historiquement. Historiquement, quand la BCE remonte les taux à cause d'un choc pétrolier, l'année suivante, elle les rebaisse parce que finalement, elle se rend compte que ça n'a pas servi à grand-chose. Donc ça sera bien ça pour l'année prochaine. Par contre, au niveau des thématiques, et je terminerai sur ce point-là, nous, ce qu'on trouve, c'est que la difficulté pour les thématiques, c'est de réussir à s'affranchir des effets de mode. Il y a beaucoup d'effets de mode dans la gestion thématique et il faut réussir à surveiller ça, surveiller aussi quand il y a un peu d'emballement. Nous, ce qu'on regarde au niveau des thématiques, c'est les attentes de croissance de bénéfices, les valorisations en absolu, en relatif aussi. Et puis on essaye aussi de surveiller les flux. Charlotte en parlait.
Les flux, en ce moment, ils sont quand même assez massifs sur la thématique de l'IA, sur la thématique des semi-conducteurs. Et souvent, ces thématiques-là, elles viennent absorber les flux des autres thématiques. Et ça, nous, c'est quelque chose qu'on surveille parce que, par exemple, l'année dernière, tout le monde voulait de la défenseLa défense depuis le début de l'année, ça ne fait rien. Il y a deux, trois ans, tout le monde voulait du luxe en thématique. Depuis deux, trois ans, le luxe, ça marche beaucoup moins bien et aujourd'hui, plus personne n'en veut. Il faut quand même être assez flexible. Nous, ce qu'on va rechercher dans nos gestions, c'est cette agilité en termes de gestion des thématiques pour ne pas être trop consensuel. On va en parler justement parce que le consensus, à chaque fois, a ses avantages, mais il peut avoir de grands inconvénients.
Aymeric, je t'ai vu sourire lorsque Geoffrey faisait allusion évidemment toujours au contretemps, si on est danseur, de la BCE constamment. Qu'est-ce que tu peux nous dire sur l'environnement ? Est-ce que tu partages encore une fois de plus le fait que, pour quelques mois, l'Europe va encore être le dindon de la farce ? Sur la BCE, je partage parfaitement le constat et il est assez limpide, c'est qu'on a potentiellement une hausse de l'inflation qui vient d'un choc d'offre et pas de demande, c'est de l'offre extérieure. Oui, c'est ça le problème. Et donc en augmentant les taux sur la zone euro, on va endommager, on va contraindre la demande domestique. On a du mal, effectivement, à résoudre l'équation que la BCE pense résoudre avec nos taux. Je suis parfaitement aligné.
Maintenant, plus généralement, et si on sort du scope européen, ce qui est vrai, ça a été dit par Charlotte et par Geoffrey, on a été tous très surpris par la résilience et même plus que ça, par la performance de l'économie américaine à bien des égards. Et ça va clairement au-delà de la seule sphère IA, puisque toute l'activité manufacturière maintenant est bien sortie de la récession et accumule les mois d'expansion, donc la partie industrielle, et puis le marché de l'emploi, ça a été évoqué. Nous, il y a un ratio qu'on regarde de très près qui est censé incarner ou illustrer la tension sur le marché de l'emploi, c'est le rapport entre les emplois vacants, donc les emplois qui doivent être pourvus, et le nombre de chômeurs. Ce ratio-là est repassé au-dessus de 1 suite aux derniers chiffres du chômage. À savoir que du coup, il y a plus d'emplois vacants aux US que de chômeurs.
Ce qui en dit assez long sur la vigueur de l'économie américaine et le besoin d'emplois, et ce qui aussi, au passage, vient décrédibiliser les thèses disant que l'IA générerait des réductions d'emplois massives, etc. Donc effectivement, tout d'abord, cette très bonne vigueur de l'économie américaine. Maintenant, sur les marchés, on est sur un marché qui est beaucoup plus binaire puisque depuis le début de l'année, notamment aux US, on a un marché dont la hausse est essentiellement drivée par quelques titres sur une seule thématique. Et ça, pour nous, c'est vraiment une poche de risque. On évite ce phénomène d'encombrement. Et deux autres peut-être aussi messages d'alerte sur le court-moyen terme. Sur le court terme, il y a un choc de liquidités à venir avec l'accumulation d'IPO très importante. On va avoir 80 milliards appelés par SpaceX d'ici la fin de la semaine. Anthropic suivra.
Peut-être que Meta va également faire appel au marché comme l'a fait Google il y a quelques jours. Donc beaucoup de liquidités qui vont être aspirées par ces opérations-là. Et puis, à moyen, long terme, il y a un élément quand même qui nous intrigue, c'est en cas de résolution du conflit entre l'Iran et les US, quid du détroit d'Ormuz ? Nous, on pense que le détroit d'Ormuz va réouvrir que graduellement, partiellement, et le marché aujourd'hui n'est pas forcément uni sur ça. Le marché a plutôt tendance à jouer une normalisation accélérée. Nous, on pense qu'en revanche, cette normalisation va prendre du temps et ça veut dire un impact durable sur le prix du pétrole, notamment. Je pense effectivement que le marché est un peu complaisant sur cette dimension-là. Évidemment. Merci beaucoup Aymeric. Justement, c'est toute l'importance de cette table ronde.
On avait fait, il y a quelques mois, un point sur l'année 2026. On s'était un peu projeté sur les grandes thématiques. Donc c'est bien de faire un point parce qu'il se passe finalement plein de choses, que ce soit d'un point de vue de banque centrale ou évidemment les événements au Moyen-Orient. On avait abordé cette gestion de thématique avec différents angles. Il faut bien cibler les thématiques porteuses. C'était le message qu'on avait passé à toute notre audience. Justement, qu'est-ce qu'on doit privilégier, d'après ce que vous avez dit là, selon vous, dans les prochains mois ? Je dis prochains mois, ça peut être prochains mois, prochaines années. On n'est pas non plus sur du court terme. Geoffrey, est-ce que je peux te demander de nous parler un petit peu des convictions actuelles que tu as ? Oui, on a une approche différente en fonction des zones géographiques.
Sur l'Europe, clairement, il y a un thème dominant, c'est la souveraineté. C'est le grand réveil de l'Union européenne qui se rend bien compte, finalement, qu'elle se retrouve un peu isolée face à la constitution de grands blocs entre les États-Unis, la Chine et la Russie d'un côté. C'est vrai que c'est le réveil de l'Europe. Au niveau de la souveraineté, il va se matérialiser à travers plusieurs thématiques de fond qui sont là pour durer des années. Évidemment, on parle de la défense, mais pas que. Ça va aussi concerner l'indépendance énergétique, l'approvisionnement des matériaux nécessaires à la défense, notamment l'acier, l'aéronautique civile aussi. On pense également à l'indépendance et à la souveraineté en termes de digitalisation de l'économie.
Et on le voit bien, ça devient un sujet d'importance avec l'émergence d'acteurs dans l'intelligence artificielle qui, à part Mistral, finalement, sont tous soit aux États-Unis, soit en Chine. D'où l'importance de favoriser un acteur européen. On le voit bien aussi dans la technologie pure et dans les semi-conducteurs, d'avoir un champion européen comme ASML, c'est nécessaire à aussi conserver une forme d'indépendance. Et puis, il y a aussi tout le développement de l'infrastructure énergétique qui favorisera cette indépendance européenne, notamment avec l'électrification massive. Et encore une fois, le conflit en Iran vient montrer cette nécessité d'être plus indépendant et beaucoup moins dépendant de l'énergie qu'on est obligé d'importer, notamment du Moyen-Orient. C'est vrai que les thématiques, en tout cas sur l'Europe, je trouve qu'elles sont nombreuses.
Elles sont portées par une lame de fond qui est puissante et qui va durer des années. Comme je le disais en intro, on aime bien être agile entre ces différentes thématiques parce qu'il y a des moments où la défenseSurvalorisés, surdétenus. On va surveiller notamment les flux des ETF pour voir si une thématique ne doit pas être un peu moins importante dans les portefeuilles, favoriser d'autres thématiques, à l'inverse, qui sont un peu moins détenues. Le deuxième point de la question, c'est sur les États-Unis. On trouve que le marché américain a une grille de lecture qui est un peu différente. Souvent, le marché américain est très marqué, soit très croissance, avec un positionnement très agressif, soit avec un positionnement qui va être plus défensif quand le marché sera un peu plus tendu.
On va privilégier une approche assez tactique dans la gestion des thématiques américaines, où on va essayer de sélectionner des secteurs qui sont adaptés en fonction du cycle de la macroéconomie américaine et du cycle de marché. C'est vrai que d'avoir ces secteurs-là, d'avoir cette gestion tactique sur le marché américain, ça permet de prendre les rallies, mais aussi de savoir calmer le jeu quand les marchés sont un peu tendus, et de pouvoir sélectionner les secteurs les plus adaptés au contexte macro et au contexte de marché. Oui, c'est-à-dire qu'il faut choisir la bonne thématique et dans la thématique, choisir les valeurs qui sont les plus adaptées au momentum et en tirer le meilleur de cette thématique à ce moment-là. Merci Geoffrey, c'était très clair. Aymeric, est-ce que tu peux nous parler également, toi, du ou des grands thèmes que tu vois gagnants ?
Je ne sais pas, il faut être prudent en ce moment, mais qui seraient les bonnes opportunités ? Oui, bien sûr. Avant de penser à ceux qui vont gagner dans les mois à venir, il y a déjà ceux qu'il faut éviter. C'est vrai qu'on a dessiné brièvement ce constat-là tout à l'heure, mais je pense que le niveau de concentration du marché sur la thématique du Gen AI et notamment sur la partie semi et mémoire, c'est un vrai sujet. Nous, en priorité, on évite cette cohorte-là, qui en plus est détenue plutôt par des mains faibles, à savoir des hedge funds qui sont très leveragers. En termes de levier brut, on est dans le 100e percentile depuis 20 ans, donc un positionnement qui est très marqué et qui est amplifié par les flux d'épargne individuelle américain. Là encore, il y a quelques chiffres sur les montants détenus dans les ETF leveragers qui sont assez inquiétants.
On évite cette partie-là de la cote. Maintenant, quand on regarde le positif, l'avantage, c'est qu'il y a beaucoup de segments qui ont été oubliés par le marché parce que le marché est monothématique sur la partie IA. Nous, sur la défense, on est assez constructifs, que ce soit côté US ou côté Europe. En Europe, effectivement, ça ne fait plus grand-chose depuis 6 mois, donc les multiples de valorisation se sont contractés. Je pense, même sans être très original, BAE Systems ou Thales, on est maintenant sur 20 fois, 21 fois les bénéfices attendus l'année prochaine. Nous sommes très raisonnables quand on compare la visibilité qu'on a. On a un cycle de dépenses extraordinaire sur les 8, 9, 10 prochaines années. Et puis aux US, il y a un changement de paradigme qu'on a peut-être un peu raté côté défense. Excusez-moi, il y a mon ordinateur qui devient fou. Je l'ai calmé pour l'instant.
Sur la partie défense américaine, il faut savoir que pendant 30 ans, les Américains ont toujours dépensé plus que leurs ennemis réunis. Donc Chine plus Russie, plus Iran. Ce paradigme a changé quand on corrige de la parité de pouvoir d'achat. Maintenant, Iran, Russie plus Chine dépensent plus que les US. Ce qui veut dire qu'il y a vraiment un besoin, si les US veulent garder leur suprématie militaire, il y a un besoin de réinvestir dans l'équipement militaire américain. Trump, il y a quelques semaines, parlait d'une hausse de 50 % du budget. Je pense qu'on n'y sera pas, mais en tout cas, ça donne une idée assez claire de la direction des dépenses et de la croissance du coût apportée au secteur de la défense américaine. Effectivement, nous, on est très positifs sur la défense US, défense européenne.
Et puis, pour prolonger le propos de Geoffrey sur la souveraineté, nous, on voit ça plus comme un défi pas seulement européen, c'est un défi qui maintenant devient mondial pour chaque région, puisqu'on peut questionner la pertinence et la durabilité des alliances stratégiques historiques. Donc chaque pays doit revoir ses sources d'approvisionnement en hydrocarbures, par exemple, et plus généralement en matériaux critiques. Ça veut dire une hausse de la demande pour les entreprises qui peuvent aider justement ces pays-là à diversifier, par exemple, leur base de fournisseurs. C'est le cas d'un AGTT en France, par exemple, qui est spécialiste du transport maritime et qui permet aux États d'aller arbitrer, d'aller dupliquer même le nombre de pays fournisseurs en gaz naturel. C'est un exemple parmi d'autres.
Mais cette souveraineté, nous, on y voit une opportunité autre que seulement en Europe, aux US et en Asie également. Est-ce qu'il n'y a pas une interconnexion, d'après toi, Aymeric, en ce moment ? D'ailleurs, cette question peut s'adresser à tous les trois, mais si on observe bien les sept magnifiques et autres groupes qui suivent, ils sont sur plusieurs thématiques. Évidemment, ils tirent énormément de l'intelligence artificielle, mais on les retrouve aussi dans d'autres thématiques sur la santé et la défense. Est-ce que c'est un constat que tu fais aussi, Aymeric ? Sur la santé Pense à Google un peu. Alphabet, pardon. Je pense que les Sept Magnifiques commencent maintenant à être un peu, je vais être un peu excessif peut-être, mais un peu ringardisés par ce qui se passe côté mémoire et côté semi. C'est vraiment eux qui ont le nouveau hype.
Et quand tu regardes, hier tu as vu que la performance des Sept Magnifiques est tout à fait décente, mais rien à voir avec le rally extraordinaire qu'on a eu côté semi et côté mémoire. Et ce qui est vrai, c'est que sur les Sept Magnifiques, dont les hyperscalers, il y a de plus en plus de questionnements qui arrivent sur le changement structurel de leur business model. Pendant très longtemps, Google, Microsoft, c'étaient des cash machines extraordinaires qui opéraient des monopoles. Aujourd'hui, les lignes se floutent, il y a moins de monopoles, chacun va chasser sur les terres des uns et des autres, et surtout l'intensité capitalistique de leur business a explosé à la hausse, donc il y a beaucoup moins de cash flow. C'est ce qui explique aussi le fait qu'elles sont un peu dépassées, boursièrement en tout cas, par les semi.
Sur la confluence santé/défense, ça ne me paraît pas net à ce niveau-là. En tout cas, ça ne me paraît pas être un enjeu boursier majeur. Parfait. Merci beaucoup. Charlotte qui attend sagement son tour. On avait parlé, Charlotte, de matières premières lors de notre dernier échange il y a six mois. Il faut que tu remettes ton micro, ma chère Charlotte. Je pense qu'il est coupéC'est bien, c'est discipliné pendant que les autres parlent, c'est très bien. On avait parlé de matières premières et en particulier évidemment de l'or en octobre dernier. Est-ce que c'est toujours la thématique du moment ? Où est-ce qu'on en est et comment on doit l'analyser ? Effectivement, est-ce que c'est toujours la thématique du moment ? Comme l'a énoncé Geoffrey ou Aymeric, il ne faut pas toujours céder aux sirènes de la mode dans les thématiques et il faut rester relativement constant.
Nous, on considère que l'actif or et les actifs aurifères sont des actifs de diversification stratégique plutôt que tactique. Effectivement, même si à court terme, vous avez un momentum qui s'est un petit peu dégradé, il faut le constater, c'est une réalité, elle offre finalement des opportunités pour revenir ou créer des positions dans une thématique de long terme. Dans ce cadre-là, oui, on peut considérer qu'après une correction quand même de 30 % par rapport au plus haut de fin février sur rien que le secteur aurifère, pas sur l'or, l'or a corrigé quand même de 25 % depuis ses plus hauts de janvier. Vous commencez à avoir des opportunités de réinvestissement sur cette thématique. Ensuite, il faut effectivement jongler avec les thématiques quand vous les avez en portefeuille.
C'est vrai, on l'avait déjà énoncé, nous, on aime également un certain nombre d'autres matières premières, notamment comme le cuivre, qui bénéficient effectivement du trend très long terme, donc de l'électrification évidemment, de la transition énergétique, de l'IA, évidemment, puisque pour connecter tout ça, il faut également du cuivre ou des métaux. Il faut également de nombreux métaux rares ou pas rares d'ailleurs, pour la construction de ces data centers. Vous avez ici également dans la thématique technologie IA, des sous-segments comme les métaux et les producteurs des métaux qui profitent de cette thématique. On est plutôt constructif quand même sur notre secteur d'activité, même si effectivement, après une hausse de 65 %, je le rappelle toujours un petit peu, sur l'or en 2025 et plus de 150 % sur le secteur aurifère, c'est normal qu'il y ait des pauses.
On le voit, il y a des phénomènes un petit peu de microbulle qui peuvent se produire, ce sont des microbulles ou des exagérations de marché puisque les secteurs génèrent beaucoup de free cash flow comme il n'en a jamais généré d'ailleurs. Ce n'est pas vraiment une bulle, c'est une exagération de marché qu'on a pu connaître en début d'année, comme peut-être le segment de l'IA ou de la tech le connaît depuis quelques jours. D'où l'intérêt, effectivement, de jongler un petit peu sur les différentes thématiques et d'en avoir un petit peu dans les portefeuilles. Merci Charlotte, je viens de noter. J'aime beaucoup le terme « exagération de marché » qui est l'étape avant la bulle. Charlotte, j'essaie de faire un peu d'équilibre, de temps de parole entre mes trois invités. Il te reste 40 secondes.
Tu m'avais appris quelque chose, ou en tout cas, tu nous avais expliqué très clairement quelque chose en octobre, qui était la notion, j'utilise le mot spread, entre l'or et la valeur de l'or. Je prends l'or, mais ça doit être la même chose pour les autres métaux, et le coût d'extraction de l'or. Et il y avait un énorme spread à l'époque. Si j'ai bien compris, les aurifères ont beaucoup plus progressé depuis que l'or pur. Donc ce spread s'est resserré. Est-ce qu'il y a encore des opportunités aujourd'hui sur les minières, sur tout le marché environnement, le métal précieux, ou est-ce que ça s'est vraiment resserré et c'est devenu plus cohérent ? Je ne sais pas si ma question est claire. Oui. C'est l'écart de performance entre l'or et le secteur aurifère.
Effectivement, il s'est resserré, il y a toujours encore un petit peu de place, mais avec la performance de l'année dernière, le secteur des sociétés aurifères a rattrapé. Mais c'est normal et ça s'explique par les marges qui étaient en expansion, qui restent encore en expansion sur le premier trimestre et qui restent très élevées. Ce qu'il est important de voir aussi dans le secteur est cet effet de levier, c'est le spread entre le coût de production des sociétés, par exemple de notre portefeuille, qui est aujourd'hui estimé pour 2026 à 1 800 $ l'once, et le prix de vente de l'or sous-jacent, donc de l'or, qui même si c'est le cours actuel qui est à 4 200, puisque ça a corrigé encore un peu cette nuit, vous voyez qu'il est encore tout à fait significatif. Il y a un terrain de jeu énorme. On est à 2 400 $ par once produite de marge, ce qui est gigantesque.
Ça ouvre encore des perspectives. On a toujours de l'effet de levier massif. D'ailleurs, les actionnaires en profitent puisque les sociétés aujourd'hui versent des dividendes et font du share buy back, un peu comme les valeurs de la tech d'ailleurs. Exactement. Sauf que là, il y a un truc excessivement simple à comprendre, c'est combien ça coûte à produire et quelle est la valeur fondamentale sur laquelle tu fixes ta marge future. Merci beaucoup Charlotte. Pour finir avec du concret, parce que le temps passe hyper vite. J'adore les tables rondes gestion thématique, parce que c'est très intéressant et très transversal. Vous savez, à chaque table ronde, j'aime bien qu'on finisse sur du concret. Quel fonds on doit mettre en avant ? Qu'est-ce qu'on doit privilégier dans votre gamme pour justement traduire ce que vous venez de dire ? Aymeric, je te laisse commencer.
On se donne une minute trente, deux minutes. C'est l'instant pitch Entendu. À la lumière de tout ce qui a été dit auparavant sur la souveraineté, l'or notamment, les défis géopolitiques, etc. Nous, on a un fonds qui répond à ces contraintes-là et qui est dessiné, qui est bâti pour même en bénéficier, c'est le fonds EDR Global Resilience. On investit sur quatre piliers : cybersécurité et défense, accès aux ressources stratégiques, protection individuelle et infrastructures critiques. En faisant ça, vous avez la quadrature du cercle qui répond aux nouveaux enjeux géopolitiques. Donc ça peut être des entreprises qui aident les États à bâtir une souveraineté, qu'elle soit alimentaire, énergétique ou autre. On a des entreprises du secteur de la défense, de la cybersécurité et des entreprises qui répondent aux besoins vitaux des populations, donc très peu cycliques.
C'est l'accès à l'eau, à l'électricité. Des entreprises qui n'ont pas du tout bénéficié du mouvement sur le hype Gen AI. Des entreprises qui offrent de la croissance, de la visibilité et surtout qui se traitent sur des multiples de valorisation bon marché. Sur la partie accès aux ressources stratégiques, l'or en fait partie, je suis parfaitement aligné avec Charlotte dessus. Nous, ce qu'on va juste essayer de faire dans ce pilier-là, c'est plutôt des entreprises qui sont dans la supply chain, dans la chaîne de valeur, pas forcément aller chercher l'extracteur d'or ou de pétrole qui lui va souffrir potentiellement de la volatilité du prix des matières premières. On préfère les entreprises qui sont fournisseurs de ces entreprises-là. De matériaux. Exactement.
Parce que souvent, c'est elles qui ont la technologie, c'est elles qui ont le savoir-faire et c'est elles qui ont les meilleures perspectives de progression à long terme, quelle que soit l'évolution du prix de la matière première sous-jacente. Et qui sont très innovantes. Donc la thématique, la résilience sur une grande partie des besoins primaires de l'humanité. Merci beaucoup Aymeric, c'était très clair. Je profite puisque Aymeric faisait référence à Charlotte. Charlotte, on parle d'or aujourd'hui à privilégier ou peut-être plus large sur des matières premières ? Qu'est-ce que tu nous dis aujourd'hui ? Effectivement, aujourd'hui, on peut revenir sur l'or. Il commence à être temps et à renforcer ses positions. On est aussi favorable, comme je vous l'ai expliqué, à des thématiques plus larges sur les métaux, les métaux de la transition, notamment.
C'est tout ce qui est cuivre, lithium, métaux rares, tout ce qui est lié à la transition et au développement des technologies, puisque vous savez que dans tous les appareils ou autres, et dans les puces, vous avez tous ces métaux indispensables. Est-ce que tu as un nom de fonds à nous conseiller pour ça dans ta gamme ? Dans notre gamme, nous n'avons pas de fonds directement sur les autres métaux. En revanche, moi, j'investis une poche qui peut aller jusqu'à 10 % et c'est aussi une particularité de notre fonds, c'est cette liberté d'aller un petit peu sur les autres métaux. Donc aujourd'hui, c'est un petit peu ça. Et dans la même veine, je me permets aussi de citer d'autres thématiques sur lesquelles on est bien positionné et sur lesquelles, effectivement, on est tout à fait en ligne avec Aymeric et Geoffrey, qui sont les thématiques de la souveraineté.
Et puis on en a moins parlé, peut-être revenir aussi un petit peu sur des thématiques climat qui profitent finalement à la fois des thématiques, parfois métaux, de transition, sur la transition et qui profitent aussi de la thématique un petit peu IA. C'est une thématique, effectivement, qui a un peu moins bien performé au cours des dernières années et sur lesquelles on peut revenir aujourd'hui. Parfait. Merci beaucoup Charlotte. Geoffrey, pour finir, est-ce que tu peux nous donner un ou deux produits sur lesquels on pourrait se pencher ? Oui, nous, on met deux fonds en avant.
Le premier pour jouer évidemment cette tendance de fonds à la souveraineté européenne qui s'appelle Auris European Shield Fund, qui comme son nom l'indique, va investir dans la défense, dans la souveraineté énergétique, dans la souveraineté digitale, dans les infrastructures européennes, le développement de l'électrification à travers six thématiques et comme je le disais en introduction, avec une certaine agilité dans la gestion des thématiques. Le fonds avait plutôt réduit son exposition à la défense dès septembre dernier, encore un peu en début d'année, et puis là se remet à renforcer. Par exemple, on avait aussi vu très bien la remontée en bourse des aciéristes, qui est une thématique qui a plutôt bien marché cette année aussi. Et c'est vrai que ce fonds-là marche très bien. Et comme je disais, parfois les flux sont trop concentrés et les performances ne sont pas au rendez-vous.
Et on le voit, si on avait investi sur un ETF défense depuis le début de l'année, vous n'aviez pas de performance. Là, avec ce fonds, on est déjà en progression de chiffre depuis le début de l'année, je crois, même autour de 15 % depuis le début d'année, donc c'est plutôt très encourageant. Et enfin, le deuxième fonds qu'on met en avant, c'est Auris Gravity US Equity Fund, qui est un fonds de rotation sectorielle sur le S&P 500, qui tous les mois va investir dans les trois secteurs qui sont les plus adaptés au cycle macro et au cycle de marché, à travers des indicateurs propriétaires qu'on identifie sur la macroéconomie et sur le marché aussi, parce que c'est important de comprendre les dynamiques de marché pour justement pouvoir anticiper les rotations sectorielles.
Ce fonds-là, depuis la création en 2021, il arrive à battre le S&P, donc cocorico, on a un fonds français qui bat le S&P 500, à la faveur à la fois d'une belle progression dans les marchés haussiers et surtout en 2022, le fonds a réussi à passer en mode défensif quand le marché se retournait parce que justement, la Banque centrale américaine est devenue plus hawkish. Donc il y a un peu un parallèle qui pourrait se faire. Et justement, ce fonds, il est quand même bien adapté. En 2022, on fait la moitié de la baisse du S&P 500. Donc voilà un fonds qui permet de naviguer en eaux qui parfois peuvent être agitées. Parfait. Merci Geoffrey.
Évidemment, tous nos auditeurs et nos spectateurs, vous savez très bien que toutes les équipes sales des trois belles maisons de gestion que j'ai interrogées ce matin sont à votre disposition pour rentrer un peu plus dans le détail parce qu'il y a énormément de choses à dire et on n'avait qu'une demi-heure et cette demi-heure est passée comme un claquement de doigts. Et même pour ceux qui ont besoin, vous savez que les replays tournent, donc vous avez le temps de relire, de réécouter pour pouvoir approfondir tout ça. Merci à tous les trois pour ce très bon moment et on refera un point sans doute en fin d'année pour voir comment tout cela a évolué. Et nous, on va se retrouver dans quelques secondes ou dizaines de secondes et on va parler maintenant, pour être complet, de produits structurés. À tout de suite.