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Entretien avec Daniel While sur « L’immobilier a joué son rôle et doit continuer de jouer son rôle à condition de respecter sa..
Daniel While : Les perspectives pour l’immobilier en 2024.
Un choc inédit, mais selon nous transitoire, parce que les niveaux de taux auxquels nous sommes arrivés, 4,5 % pour le taux de refinancement de la BCE, ne sont pas, d’après nous, soutenables sur le long terme.
Effectivement, c’est la hausse de taux la plus forte sur courte durée de l’histoire des pays industrialisés. Maintenant que l’inflation a été ramenée dans son lit de 2 %, nous pensons, comme beaucoup d’autres, que la baisse des taux devrait s’enclencher au cours de l’année 2024.
Elle devrait donc être une sorte de soulagement à la fois en termes de croissance économique et évidemment pour l’immobilier.
Ce que l’on a vu entre juin 2022 et juin 2024, c’est une dépréciation des différentes classes d’actifs immobilières, un peu plus forte sur le bureau, parce que le bureau vit également une crise d’usage.
Cette dépréciation est moins forte sur des actifs défensifs comme la santé, et moins forte également sur des actifs comme le commerce et l’hôtellerie, qui avaient déjà été décotés pendant la crise pandémique.
Ce que l’on observe, c’est un ajustement généralisé des valeurs sans qu’il y ait de crise des fondamentaux immobiliers, sauf éventuellement pour certains types de bureaux mal adaptés au télétravail.
Ce que l’on vit, c’est moins une crise immobilière qu’une crise financière et mécanique, donc l’adaptation généralisée des différents marchés immobiliers à un nouvel environnement de taux.
Je crois que la principale conclusion que doit tirer l’investisseur, c’est que l’immobilier a joué son rôle. Il a joué son rôle dans le cycle précédent où le rendement des produits obligataires avait baissé et où l’immobilier avait pris le relais. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui se passe.
Si l’on raisonne vraiment en termes d’allocation d’actifs, l’immobilier a joué son rôle et doit continuer de jouer son rôle à condition de respecter sa temporalité.
Nous prônons évidemment le fait de conserver une poche immobilière assez substantielle dans les allocations, précisément pour avoir ce caractère défensif et tout terrain, dans un environnement qui reste assez changeant et incertain.
Probablement, à la fin de l’année 2024, il sera temps de penser à renforcer la partie immobilière, une fois que la décote aura été actée sur l’ensemble des marchés.