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Entretien avec Luc Maruenda sur L’un des plus beaux deals de buy out Eurazeo accessible en Unité de compte ! Le talk Private Equity..
Benjamin : Bonjour, bienvenue dans le Talk Private Equity de Zoom Invest. Aujourd’hui, nous avons le plaisir de recevoir la société Eurazeo, que connaissent beaucoup de conseillers en gestion de patrimoine et conseillers en investissements financiers, ainsi que Monsieur Théodore-Michel Vrangos, président d’i-Tracing.
Nous allons parler private equity et cybersécurité aujourd’hui. Bonjour messieurs. Bonjour Luc Maruenda, vous êtes partner chez Eurazeo et vous êtes patron du département Wealth Solutions. Théodore-Michel, vous êtes le fondateur et président d’i-Tracing, une société spécialisée dans la cybersécurité.
Aujourd’hui, nous allons parler d’investissement, de private equity, de l’intérêt pour les clients et les conseillers d’aller sur le private equity. Mais nous allons aussi parler de cybersécurité et voir comment vos deux sociétés ont réussi à articuler cette possibilité d’investir dans la cybersécurité via du private equity.
Luc, pouvez-vous nous présenter brièvement Eurazeo, votre savoir-faire et les nouveautés aujourd’hui ?
Luc Maruenda : Chez Eurazeo, nous sommes une grosse plateforme dédiée aux investissements dans les entreprises. Nous gérons 35 milliards d’euros sur plusieurs stratégies.
Ce qui nous différencie, notamment auprès de nos amis CGP et des clients privés, c’est que nous avons développé au fil des années un vrai savoir-faire pour offrir nos stratégies d’investissement de private equity aussi bien à de grands clients institutionnels qu’à des clients privés.
C’est vraiment un peu notre marque de fabrique. Nous faisons cela depuis à peu près 25 ans. Les clients privés deviennent une composante très importante du fundraising du groupe Eurazeo.
Nous y arrivons parce que nous sommes capables, et nous le démontrons systématiquement, d’apporter à nos clients individuels, qui sont les clients de nos amis CGP, exactement les mêmes stratégies d’investissement, dans les mêmes sociétés, aux mêmes conditions financières que ce que nous offrons à nos clients institutionnels.
Nous sommes obligés de faire des fonds séparés parce qu’il y a un environnement réglementaire et des seuils d’accès de montant pour les clients privés qui sont très particuliers. Cela nécessite d’avoir des véhicules qui leur sont dédiés.
Benjamin : Finalement, vous avez réussi à faire venir vos offres institutionnelles vers le client particulier, qui va pouvoir les retrouver soit en direct, soit via des contrats d’assurance vie, par exemple.
Luc Maruenda : C’est vraiment l’excellence réservée à nos clients institutionnels que nous sommes capables d’apporter au même niveau d’excellence et d’exigence à nos clients privés.
Benjamin : Pouvez-vous nous parler un peu de cette offre, de sa simplicité, de sa transparence, du type de sociétés dans lesquelles vous investissez ? Comment faites-vous votre sélection ?
Luc Maruenda : Ce que j’aime dans les marchés privés, c’est que nos produits sont simples. On n’a pas à se gratter la tête sur des futures, sur des fonds, sur des box.
Quand il y a un reporting sur un fonds Eurazeo, il y a une liste d’entreprises. On va retrouver i-Tracing dans certains d’entre eux. On sait ce que fait la société. On peut mettre des gens, des photos de personnes sur ces sociétés-là. Ce sont des histoires simples.
C’est vraiment de la prise directe et j’aime beaucoup cela. Nos clients aiment beaucoup parce qu’on peut vraiment avoir le sentiment d’être en prise avec l’économie réelle.
Le gros avantage des marchés privés, c’est aussi que l’on a peu de volatilité, forcément, puisque les sociétés ne sont pas cotées. Si j’ai une boîte de transport cotée en Bourse et qu’il y a un attentat en Arabie saoudite, tout d’un coup ma société vaut 20 % de moins. Là, ce n’est pas le cas.
Le fait que les valorisations soient basées sur la valorisation intrinsèque de la société, avec une approche de moyen-long terme, apporte beaucoup de stabilité. C’est très rassurant et très différent pour les clients.
Benjamin : Merci beaucoup Luc. Théodore, à vous la parole. Pouvez-vous nous présenter i-Tracing et la cybersécurité ?
Théodore-Michel Vrangos : Avec grand plaisir. Luc parlait d’une histoire simple. Nous, nous sommes une histoire simple dans un monde compliqué.
Nous sommes une société de cybersécurité qui fait du service en cybersécurité, très différente des éditeurs de solutions. Nous mettons le ciment autour des solutions qui permettent de s’adapter aux clients, qui sont des grandes entreprises. À travers ces prestations de service, nous rendons nos clients aussi protégés que possible.
La société a 18 ans. Nous l’avons créée à trois. Nous sommes 600 personnes aujourd’hui, avec une croissance autour de 25 % à 30 % par an en moyenne. Nous avons réalisé 115 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023.
Nous avons été profitables dès la première année, parce que nous sommes une société de service. Nous avons un modèle extrêmement sain de gestion et une visibilité forte sur nos clients.
C’est un domaine qui explose en termes de besoins. Le besoin en cybersécurité n’est pas un besoin statique, c’est un besoin qui s’inscrit dans le temps. Il y a des attaques nouvelles tous les mois. Le système d’information d’une entreprise évolue énormément : la mobilité, maintenant l’intelligence artificielle, qui est un appel d’air pour la cybersécurité.
Avec ChatGPT, on déverse des informations confidentielles de l’entreprise à l’extérieur, dans un cloud. Les solutions de ChatGPT sont dans des clouds. Il va donc falloir protéger tout cela, tracer, savoir ce qui est sortable, ce qui ne l’est pas, ce qui doit être conservé, etc.
Notre enjeu principal, c’est d’accompagner nos clients dans la durée, techniquement, et d’être capables de faire des recrutements de qualité. Toute la société est basée sur l’humain. Nous accompagnons techniquement nos clients sur une longueur de temps importante.
Nous sommes 600, nous pensons pouvoir être 1 000 peut-être pas à la fin de l’année 2024, mais au premier trimestre 2025. Nous sommes aussi très présents à l’international.
Benjamin : Ma question était justement de savoir comment le monde de l’investissement, du private equity Eurazeo, rencontre i-Tracing, qui fait de la cybersécurité, et comment vous avez décidé de travailler ensemble main dans la main.
Luc Maruenda : Théodore le dit très bien : la société est rentable, mais elle doit énormément investir pour embaucher constamment de nouveaux ingénieurs, chercher des marchés, ouvrir des bureaux dans différentes géographies, faire de la croissance et faire des acquisitions.
Pour cela, il faut pouvoir apporter du capital. C’est un peu le nerf de la guerre. C’est justement ce qui a été fait par Eurazeo.
Théodore-Michel Vrangos : Depuis juin 2021, bientôt trois ans, avec une entente extrêmement cordiale, professionnelle et même amicale.
Benjamin : Luc, pouvez-vous nous dire quels fonds investissent dans i-Tracing ?
Luc Maruenda : C’est là où l’on voit le savoir-faire Eurazeo. Eurazeo a fait un investissement en capital dans i-Tracing, avec l’objectif de contribuer à la création de valeur, à la bonne gouvernance et à tous les éléments qui permettent à i-Tracing de se développer.
L’investissement a été fait par deux véhicules. Il y a le fonds dédié à nos clients institutionnels, un fonds d’un milliard dans lequel il y a peut-être une cinquantaine de clients investisseurs, pas plus.
À côté, nous avons un fonds dédié à la gestion privée qui s’appelle Eurazeo Principal Investments. Ce fonds est accessible en assurance vie, en unité de compte, pour les clients privés. C’est un FCP agréé par l’Autorité des marchés financiers.
Ce fonds fait du co-investissement systématique avec le programme institutionnel. C’est ce qui permet aux gens qui nous regardent de se dire : i-Tracing est une super société, elle n’est pas cotée en Bourse, comment puis-je y accéder ? Je peux y accéder uniquement à travers ce fonds-là.
C’est vraiment ce qui est très différent et ce qui fait que nous attirons beaucoup de gens dans nos stratégies. Cette capacité à montrer des sociétés aussi enthousiasmantes et intéressantes à travers le contrat d’assurance vie est très intéressante. C’est un savoir-faire que nous avons développé depuis longtemps.
Benjamin : C’est faire venir le savoir-faire institutionnel vers la clientèle privée.
Luc Maruenda : Exactement.
Benjamin : Théodore, pour conclure, pouvez-vous nous donner l’ambition sur le futur d’i-Tracing ?
Théodore-Michel Vrangos : Il faut suivre nos clients. Cela veut dire que l’international est extrêmement important. Quand on a des groupes comme LVMH ou d’autres, fortement présents à l’international, il faut que nous soyons là où ils sont.
C’est un enjeu important pour nous de créer une structure internationale beaucoup plus forte que ce que nous sommes actuellement : les États-Unis bien sûr, l’Asie où nous sommes déjà assez présents.
Nous avons plusieurs centres opérationnels de sécurité, ce que nous appelons des SOC, Security Operation Centers. La croissance externe est aussi un élément important, parce qu’il faut pouvoir faire des bonds en croissance, en thématiques, en savoir-faire, en skills, mais aussi en présence en Europe.
L’objectif, c’est 1 000 à 2 000 ingénieurs assez rapidement. C’est un point clé pour nous. Cette année, nous avons un objectif de 150 millions d’euros. Je pense qu’en 2025, nous pouvons être à 200 millions assez facilement, dans un contexte complexe.
Le contexte dans lequel nous sommes est complexe par le niveau technique, par la rareté des compétences et par l’évolution de la menace et des attaques. Cela rend la situation assez complexe pour croître, mais nous sommes très confiants.
Benjamin : Messieurs, merci beaucoup. C’est passionnant de voir ces implications entre le monde de la cybersécurité et le private equity. On vous souhaite plein de bonnes choses, de la croissance pour i-Tracing, de la performance pour Eurazeo et pour les clients. Merci beaucoup, plein de bonnes choses à vous et à très bientôt pour revenir parler des évolutions mutuelles dans un Talk Private Equity chez Zoom Invest.