Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Dans cette vidéo, Gérald échange avec Julien Petit, responsable de la gestion crédit Absolute Return chez Arkéa Asset Management, autour du retour des opportunités sur le marché obligataire et des vrais choix de gestion à opérer dans cet environnement.
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau face à face sur Zoom Invest. Comme vous le savez, on a eu des marchés obligataires au cours des dernières années très particuliers, des rendements quasiment à zéro voire en dessous pendant très longtemps, et les choses changent, les choses ont changé. On a le retour du rendement, le retour du prix du risque et également le retour des choix de gestion. C'est pourquoi nous avons décidé aujourd'hui de discuter avec Julien Petit de sa philosophie de gestion, de ses convictions. Nous souhaitons comprendre comment dans cet environnement, un fonds obligataire Absolute Return peut se positionner. Et donc, j'accueille avec grand plaisir Julien Petit, qui est responsable de la gestion crédit Absolute Return de la gamme Schelcher Convictions chez Arkéa Asset Management. Bonjour Julien. Bonjour Gérald. Avant que vous nous parliez justement de la conviction, de la philosophie Schelcher et de votre produit Schelcher Optimal Income, dites-nous un peu en termes de panorama. Comment est-ce que vous analysez les banques centrales aujourd'hui, puisqu'il y a eu beaucoup d'évolutions entre le début d'année 2026 et aujourd'hui, mi-mai 2026, sur les attentes de ces banques centrales, que ce soit la Fed et la BCE d'ailleurs ?
Bien sûr Gérald. Alors aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que les deux grandes banques centrales mondiales, la BCE et la Fed, sont prises au piège de l'immobilisme. Pour la Banque centrale européenne, c'est lié à un contexte économique qui reste assez fort et puissant d'arriver par la tête, évidemment, et de l'autre côté, des forces qui sont plus politiques et qui sont liées au changement institutionnel, qui sont en cours à la tête de la Réserve fédérale américaine, notamment l'arrivée du nouveau gouverneur, Kevin Warsh. Ces deux forces s'opposent évidemment, puisque d'un côté, le pouvoir politique plaide pour des baisses de taux, à des fins électoralistes évidemment, et puis de l'autre côté, cette économie qui continue à être très forte et très tirée par le secteur technologique, les semi-conducteurs et tout ce qui va autour. En Europe, on a le même constat, c'est un immobilisme qui prévaut, puisque d'un côté, la crise en Iran a provoqué un choc en ce qui concerne les anticipations d'inflation, et donc des remontées des taux courts sur les marchés financiers très importantes, et de l'autre côté, une croissance qui est très molle depuis longtemps, et des perspectives de croissance qui s'amenuisent. Donc le rebond semble difficile, et donc la BCE pourrait être tentée par des hausses de taux,
mais au risque de faire une erreur de politique monétaire qui coûterait beaucoup en termes de croissance et d'activité au niveau de la zone euro. C'est pourquoi nous pensons qu'effectivement, encore une fois, l'immobilisme prévaut aujourd'hui, et dans le cadre aussi d'une fin de mandat pour Christine Lagarde, il nous semble peu probable qu'elle fasse preuve de beaucoup d'innovation ou beaucoup de prise de risque en ce qui concerne sa politique monétaire. Donc plutôt à l'opposé de ce que pense aujourd'hui le marché, qui en début d'année s'attendait éventuellement à une baisse de taux de la BCE en mars ou en juin, là on en est bien loin puisqu'il en anticipe plutôt trois à la hausse, donc vous, vous n'êtes pas dans ce scénario, Julien ? Exactement, Gérald. On pense que le marché a une lecture très premier degré de la politique monétaire aujourd'hui, et dans cette lecture premier degré, le marché financier, donc les marchés monétaires et les marchés obligataires de taux court, price des hausses de taux en Europe et à peu près pareil aux États-Unis. Ok. Donc vraiment, un contexte très différent de ce qu'on pouvait avoir, il y a encore cinq ou six mois. Alors on a parlé des taux courts et des banques centrales, mais il y a quand même un élément qui est marquant depuis, j'allais dire, quelques semaines,
mais on va dire dizaines, quinzaines de jours, ce sont les taux longs un peu partout aux États-Unis, avec notamment le 30 ans qui a dépassé les 5%, le 10 ans qui est autour de 4,60. En Europe également, le Bund, c'est à 3,15, 3,20 en ce moment, et puis au Japon, 2,80 sur le 10 ans japonais, là aussi avec toutes les conséquences qu'on peut craindre. Quelle est votre lecture de ces taux longs ? Qu'est-ce qui se passe sur les taux longs ? Alors, on est en train d'assister à un mini-krach obligataire, et ce mini-krach obligataire, il prend sa source sur les taux longs dans les taux courts. Les craintes sur l'inflation qui sont liées aux conflits et à l'enlisement du conflit, au fait que ça dure depuis deux mois et que la porte de sortie nous semble toujours plus éloignée, commencent à filtrer dans le reste de la courbe des taux et notamment sur les taux longs. Et donc c'est ce qu'on voit avec pas mal de capitulations en fin de semaine dernière sur les taux d'emprunt des différents États internationaux, que ce soit le Japon, comme tu le mentionnais, ou les États-Unis ou les pays européens.
Par contre, on a noté quand même un phénomène assez rassurant la semaine dernière, c'est que les spreads entre pays n'ont pas trop bougé, ce mouvement est uniforme. C'est ça. Il n'y a pas de discrimination en disant tel pays est moins bon entre guillemets que tel autre. Exactement. C'est assez généralisé et puis on a eu aussi une petite crise politique en Angleterre aussi, qui est liée aux élections locales récentes, qui elle aussi met la pression sur les rendements obligataires globaux. Alors, avant de... Bon là on a vu un peu le panorama, avant de voir comment ça se traduit dans votre gestion et en particulier dans Schelcher Optimal Income, peut-être parlez-nous, expliquez-nous quelle est votre philosophie de gestion pour la gamme Schelcher Convictions chez Arkéa Asset Management, et quelle est un peu... Qu'est-ce que c'est que la conviction pour vous ? Parce que tout le monde nous parle de conviction, que ce soit dans les actions, dans les obligations. J'ai jamais entendu un gérant me dire, « Ouais, moi j'achète parce que je ne suis pas convaincu ». Donc pour vous, c'est quoi cette conviction ? C'est quoi la philosophie ? Alors c'est marrant puisque aujourd'hui on parle beaucoup de conviction, on ouvre son LinkedIn,
on voit des gérants qui parlent avec conviction certes et qui affirment leur conviction. Ceci dit, toutes ces communications, on les voit, elles sont faites avec l'utilisation à outrance du conditionnel, des si, des peut-être, des potentiellement partout, et des multiples scénarios. Nous chez nous, vous ne nous entendrez jamais parler avec ce type de champ lexical. La gestion de conviction chez nous, elle s'appuie sur trois mots, « Contrarian », « Convexité » et « Conviction ». Je vais expliquer. Contrarian pourquoi ? Parce que nous cherchons à analyser, voire à nous éloigner du consensus de marché, afin de trouver des trades, des idées d'investissement, des cas d'investissement, qui ne sont pas surpeuplés, qui ne sont pas embouteillés, et dans lesquels il y a un potentiel de performance important. Ce qui veut dire que par moment, vous pouvez être un peu à l'encontre de ce consensus, et peut-être donc contre le momentum, avant de vous rattraper ? Exactement. Le deuxième mot que je citais, c'était « la convexité ». On fait une recherche quasi systématique de trades qui offrent de la convexité, c'est-à-dire une asymétrie entre le potentiel de performance et le potentiel de perte d'un trade, d'une stratégie, d'un investissement ou d'une position.
Et ça, on le fait de manière quasi systématique. On analyse tous les marchés qui sont devant nous, principalement le marché obligataire, le marché de crédit, que ce soit les courbes, que ce soit les relative values, que ce soit l'arbitrage cross-asset à l'intérieur de la sub-class, et on procède à cet exercice de manière quotidienne afin de faire bénéficier nos portefeuilles de cette asymétrie et de cette convexité. Ok, et le troisième mot ? Et le troisième mot, c'est « Conviction ». Donc je vais le dire. Conviction, c'est la croyance forte en nos idées, et qu'on déploie dans nos process de gestion et dans nos stratégies d'investissement. C'est clair. Alors du coup, une fois que l'on a dit ça, ce qui peut être intéressant, bien évidemment, c'est de voir comment ça se traduit dans votre gestion, et en particulier dans « Schelcher Optimal Income ». Donc si on reprend ces trois mots, quelles sont vos convictions, comment vous êtes contrarian, et quelle convexité vous arrivez à trouver ? Alors, dans « Schelcher Optimal Income » pour utiliser cette stratégie de notre gamme comme exemple, on a choisi d'utiliser le mouvement récent sur les spreads et sur les taux,
qui a eu lieu au cours, à partir de la mi-mars jusqu'à peu près mi-avril, pour augmenter notre exposition au marché de crédit. On n'a pas attendu que le marché primaire rouvre la semaine dernière. On s'est mis en face du marché, et on a rajouté des crédits de bonne qualité dans le portefeuille pour reconstituer et bénéficier du rendement incrémental offert par l'augmentation des spreads et l'augmentation des taux dans le portefeuille. On a aussi choisi d'augmenter notre exposition en sensibilité taux au marché obligataire, qui était assez basse en entrant dans le conflit, qu'on a remonté de manière assez prononcée depuis quelques semaines, pour profiter dans le cadre d'une résolution potentielle du conflit ou d'un dégonflement de la pression sur le baril, d'un rallye sur les taux qui pourrait nous permettre de l'afficher des performances très solides. Est-ce que c'est simple en ce moment d'avoir des convictions dans ce marché où il y a de l'incertitude macro, où il y a aussi un peu de dispersion malgré tout ? C'est pas évident forcément. Oui, c'est très difficile, surtout qu'il y a beaucoup de bruit et que tout le monde en parle. Donc que vous ouvriez le journal ou que vous regardiez le 20h,
maintenant les sujets font l'actualité, et ça fait plusieurs semaines maintenant qu'on est dans ce sujet. On essaie de s'extraire de ça en pensant un peu plus largement, et finalement en traitant de manière très active dans les marchés financiers et en tournant les portefeuilles, afin d'aller chercher les nouvelles opportunités d'investissement qui s'offrent à nous du fait de la remontée de la volatilité. Et on en trouve de plus en plus nombreuses, puisqu'on a une augmentation des dispersions, qui est assez importante, une augmentation de la fragmentation du marché de crédit, que ce soit entre les différentes classes de rating ou sur la courbe de crédit, intra-émetteur ou de capital structure, et aussi il y a une montée du risque idiosyncrasique, donc c'est le risque de crédit propre à un émetteur, qui est remonté de manière assez forte. On en parle assez peu puisque en surface tout est calme, et les niveaux agrégés des spreads laissent penser que tout se passe très bien, mais il y a une très forte dispersion de qualité de crédit des émetteurs en ce moment. Il y a un vrai travail de sélection. Exactement, il y a un vrai travail de sélection, un vrai travail d'analyse,
un vrai travail d'arbitrage des positions que nous avons en portefeuille, qui nous permet, avec cette augmentation des opportunités, de faire bénéficier les perspectives de nos portefeuilles. En tant que responsable du département crédit et Absolute Return chez Arkéa Asset Management, vous avez beaucoup de fonds sous votre responsabilité, mais là, on est refocussés justement sur Schelcher Optimal Income. À quoi doit s'attendre un investisseur qui aujourd'hui regarderait ce fonds en termes de couple rendement risque ? Où est-ce qu'on se situe, en fait ? Quelle serait la promesse, entre guillemets ? Schelcher Optimal Income s'inscrit dans une gamme plus large, qui est la gamme crédit, conviction et Absolute Return. Et dans cette gamme, je vais élargir un petit peu, on part d'un fonds moins risqué, qui est un fonds de court terme crédit, qui offre un rendement bien plus important que ce qu'on pourrait avoir sur du monétaire, donc une bonne alternative au produit monétaire et au produit cash. Et puis en allant vers le milieu de la gamme, on passe par Flexi Short et Optimal Income, et puis à la fin de la gamme, on a des produits qui sont plus risqués. On a un fonds Emerging Market, qu'on vient de lancer, qui s'appelle Schelcher Emerging Market Blend,
et puis un fonds de gestion Schelcher Euro High Yield, qui lui aussi est un des fonds les plus risqués de la gamme. Optimal Income, il se situe au cœur de notre gamme. C'est notre fonds tout terrain, notre fonds qui est capable de performer dans toutes les configurations de marché, qu'il y ait de la volatilité ou peu, que ça soit plutôt sur les taux ou sur le crédit, ce fonds est très flexible et il a une plage d'action qui est très large. Comment on fait ça ? On a un socle de portage dans le portefeuille, qui est constitué de crédits de très bonne qualité, qui nous assure un rendement embarqué assez important au travers de l'année. Et à côté, on met en place des stratégies de diversification, et des stratégies d'arbitrage de courbes, des stratégies macros, des stratégies optionnelles, et on peut être amenés à intervenir sur les produits dérivés pour pouvoir capter les opportunités dont on parlait tout à l'heure, qui sont liées à la fragmentation du marché, à la dispersion, et à l'augmentation de la volatilité notamment. On cherche toujours la convexité, on cherche toujours à implémenter notre ADN d'investisseurs contrariants. Donc contrariant, ça ne veut pas dire ne pas suivre le momentum,
mais ça veut dire le questionner. Et donc le questionner, ça veut dire est-ce qu'on s'inscrit dans le momentum aujourd'hui, ou est-ce qu'on considère que ce momentum est trop... Consensuel, excessivement complaisant. Exactement. Et dans ces cas-là, on se met en face. Optimal Income aujourd'hui, il a d'excellentes performances. J'ai plutôt parlé de drawdown, si vous voulez bien. Quand on a eu Liberation Day l'année dernière, on a un drawdown sur Optimal Income qui est de moins 0,5%, au moment de Liberation Day, quand un fonds d'Investment Grade classique fait moins 3,5%. Le drawdown, il est récupéré en 30 jours, alors que sur les fonds d'Investment Grade, ce drawdown a duré plusieurs mois. En termes de volatilité, sur un an, on est autour de 1,5% sur Optimal Income, alors que sur 3 ans, on est plutôt autour de 2,5%, ce qui serait plutôt sa moyenne historique. Merci beaucoup, Julien. C'était très clair. Je pense qu'on a bien compris comment chez Schelcher, Arkéa Asset Management, vous gérez le crédit et l'Absolute Return. Vous aurez compris aussi qu'il faut retenir 3 mots. Convexité, contrariant, conviction. On peut s'adapter, avec un fonds obligataire aujourd'hui, à un marché complexe, dans lequel il y a de la dispersion,
de l'incertitude macro-géopolitique et aussi sur les taux courts, avec ces banques centrales qui ne savent plus trop sur quel pied danser. J'espère que cela vous aura intéressé, que vous serez amenés à en demander plus à Arkéa Asset Management. Merci beaucoup et à bientôt pour un nouveau Face à Face sur Zoom Invest.