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Le Zoom sur de Vladimir Vitoux, Responsable Relations investisseurs.
Natixis IM : Natixis innove et lance son offre de private equity avec son affilié Flexstone Partners. Je vous dis tout.
Natixis a plusieurs affiliés : Ostrum sur l’obligataire, Mirova sur les thématiques, Loomis sur les États-Unis. Nous décidons maintenant de nous lancer sur le private equity. Nous ne sommes pas les premiers, parce que nous avons voulu prendre le temps de comprendre le marché et de comprendre ce que nos clients aimaient ou aimaient moins sur le private equity.
Sur les deux dernières années, nous avons appelé des clients privés, des CGP et des banques privées pour leur demander ce qu’ils aiment dans le private equity aujourd’hui, et ce qu’ils pourraient améliorer s’ils avaient une baguette magique.
Nous avons retenu cinq points. Le premier, c’est la gestion des appels de fonds. D’un point de vue opérationnel, cela se gère, même si ce n’est pas forcément très facile. Mais c’est surtout le manque à gagner pour l’investisseur : quand son argent n’est pas appelé, il ne travaille pas, et cela dégrade sa performance.
Le deuxième point, c’est que certains de nos partenaires et certains de nos clients perdent quelques clients qui veulent faire du private equity, mais qui ne sont pas prêts à s’engager sur une période de dix ans.
Le troisième point, c’est la performance. On entend beaucoup parler de performances à deux chiffres, de très belles performances, mais quand on regarde les reportings, on se retrouve avec des performances plutôt autour de 6 ou 7 %. Il suffit de regarder à quel niveau les commissions de surperformance se déclenchent. Est-ce que j’ai envie de faire du private equity pour une performance à moins de deux chiffres ? Pas forcément.
Et ensuite, deux points bonus : éviter la courbe en J, qui n’est pas très agréable pour un client privé, et enfin le ticket d’entrée, qui peut parfois limiter certains clients, souvent à partir de 100 000 euros en direct.
Pour répondre à ce constat, nous avons fait appel à Flexstone, l’une des filiales de Natixis, comme Ostrum ou Loomis, spécialisée dans le private equity, avec des bureaux en Europe, en Asie et aux États-Unis. Leur métier est très simple : allouer le capital de leurs clients. Ils gèrent aujourd’hui plus de 11 milliards d’euros dans des stratégies primaires, secondaires et de co-investissement.
Avec Flexstone, nous avons fait ce travail de deux ans d’aller rencontrer nos clients. Pour répondre à ce constat, nous avons décidé de créer un format evergreen qui permet de limiter les appels de fonds et d’avoir des appels de fonds tous les trimestres, où 100 % de l’argent est appelé.
Deuxièmement, le format evergreen permet de répondre à la problématique de la durée d’engagement, en offrant une liquidité trimestrielle et non un investissement sur une période de dix ans.
Sur la performance, nous avons voulu vraiment aligner nos intérêts avec ceux des clients, et donc déclencher une commission de surperformance seulement si nous réalisons plus de 10 % nets par an, avec high watermark.
Pour la courbe en J, nous avons fait appel à la puissance de Natixis, qui a décidé de seeder le fonds il y a quasiment un an à hauteur de 100 millions d’euros, et donc de prendre à sa charge la courbe en J.
Enfin, pour le ticket d’entrée, nous avons aussi voulu répondre à certaines demandes de nos clients et offrir, grâce au format F, un ticket d’entrée à 10 000 euros en direct.
Ce produit, ce format F, a été lancé en novembre 2024 à la suite de l’agrément de l’AMF. Ce véhicule a vocation à investir dans du primaire, du secondaire et des co-investissements. Ces sous-jacents correspondent au métier historique de Flexstone : allouer le capital dans ces différents segments.
Depuis novembre, Flexstone alloue les 100 millions d’euros de seed dans ces trois segments. Pour éviter le plus possible la courbe en J, nous avons décidé d’investir pour l’instant 70 % en secondaire, le reste étant équilibré entre co-investissement et primaire.
À long terme, le véhicule a vocation à être plutôt sur 40 % primaire, le reste entre co-investissement et secondaire, avec une poche de cash entre 15 et 20 % pour assurer la liquidité de manière trimestrielle à partir de juin 2027.
Sur la question des fonds de fonds et des frais de frais, notre réponse tient en deux points. Premièrement, investir dans des fonds primaires et secondaires permet de mettre votre argent au travail beaucoup plus vite. C’est plus facile de déployer sur du primaire et du secondaire que d’investir dans des titres en direct.
Deuxièmement, cela permet aussi beaucoup plus de diversification. À travers cette stratégie qui fait déjà 100 millions d’euros, vous êtes exposé à plus de 200 lignes sur des millésimes différents, qui ont commencé en 2016, 2017 ou 2018.
Enfin, pour limiter cette couche de frais, nous ne prenons aucun fee et aucun carried interest sur le co-investissement et sur la poche de cash. Cela signifie que 40 % du portefeuille n’a pas de couche de frais supplémentaire.