Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Private equity : Peqan mise sur les fonds secondaires pour répondre à la tension sur la liquidité.
Stéphane : Lors de tous ces entretiens avec Zoom Invest, c’est toujours un moment que j’adore parce que je retrouve mon vieux camarade. Vieux camarade parce que cela fait longtemps qu’on se connaît, sinon nous sommes en pleine jeunesse.
Je reçois Sassan Golshani, directeur du développement de Peqan, et grande personnalité du private equity, qui a toujours donné beaucoup de pédagogie et de convictions sur cette classe d’actifs que l’on défend depuis quelques années ensemble.
On va parler de Peqan, parce qu’on est quand même là pour cela. Quel est le contexte du private equity ? 2023 et 2024 n’ont pas forcément été les bonnes années. En 2025, on voit un peu ce qui se passe. Est-ce que tu peux nous donner quelques éléments ?
Sassan Golshani : Ce n’est pas un contexte facile. Nous sommes toujours dans ce moment où les participations des fonds de private equity sont marquées par le changement géopolitique, par la hausse des taux d’intérêt et par tous ces éléments qui font qu’il y a un potentiel ralentissement économique, sans parler de la guerre douanière.
Autrement dit, les nouvelles ne sont pas excellentes sur le front macroéconomique. Et comme tu le sais, le private equity n’est pas insensibilisé par rapport à cette macro.
Il y a le rapport Bain qui est sorti, avec notamment un élément important pour tous les gérants private equity et pour les investisseurs : la durée de détention en LBO a augmenté de 14 ou 15 mois, grosso modo. C’était cinq ans, et c’est passé à plus de six ans.
Ce ralentissement de la vélocité du capital fait qu’un certain nombre d’institutionnels se retrouvent, du fait de l’effet dénominateur, avec beaucoup plus de private equity. Ils ont donc besoin de liquidités. Les sorties, ce sont des IPO, d’autres fonds qui rachètent ou un industriel qui se porte acquéreur. Comme il n’y a pas cette liquidité, ce sont les fonds secondaires qui sont actifs en private equity actuellement.
C’est un résumé un peu succinct, mais il faut bien avoir en tête que l’industrie du private equity, et le LBO particulièrement, est marquée par cette relative absence de liquidité et par le fait que les durées de détention en portefeuille se sont allongées.
Stéphane : Cela crée des opportunités. Parlons un peu de Peqan et des actualités, des gammes de produits adaptées à ce momentum.
Sassan Golshani : Il n’y a pas de market timing en private equity. Je ne suis pas le seul à le dire, mais c’est une réalité. Il n’y a pas de market timing en private equity pour une raison simple : on est sur une durée d’investissement relativement longue. C’est ce qui permet de passer les cycles, les crises et de ne pas être soumis à un momentum.
Ceci étant, ce qui fait énormément de sens pour moi, c’est d’avoir de la diversification à l’intérieur d’un portefeuille. C’est ce que nous proposons à l’intérieur de notre programme millésimé de fonds de fonds de private equity institutionnels, dont je parle souvent sur ce plateau.
Ce qui va bénéficier de la situation macroéconomique adaptée au private equity dont je viens de parler, c’est le secondaire. Ce sont ces deux sujets qui me paraissent intéressants.
Stéphane : De mémoire, Peqan Convictions Secondaires.
Sassan Golshani : Effectivement, comme son nom l’indique, Peqan Convictions Secondaires est un fonds que nous venons de lancer. Il est assez intéressant parce que nous avons sélectionné trois gérants qui interviennent à des stades de maturité différents du portefeuille.
Le premier est Adams Street, qui intervient à quatre-six ans, donc au tout début de la vie du secondaire. Ensuite, nous avons Blackstone, sur six-huit ans, le cœur du secondaire. Enfin, nous avons Hollyport, un acteur de niche qui intervient dans le rachat de portefeuilles qui ont plus de dix ans.
Pourquoi est-ce intéressant d’intervenir sur des maturités différentes de portefeuille ? Tout simplement parce que vous êtes certain de ne pas avoir de redondance en termes d’actifs, puisque vous êtes sur des maturités différentes. Le deuxième élément, c’est que vos leviers de création de valeur vont être différents. Sur du quatre-six ans, on va être davantage sur de la croissance de la NAV parce qu’on a encore du temps devant nous. Alors que sur Hollyport, à plus de dix ans, on va avoir de la décote parce que c’est un segment extrêmement illiquide.
Nous avons trouvé intéressant de proposer cela aux professionnels du patrimoine et à leurs clients en secondaire.
Stéphane : Profiter évidemment de cet environnement favorable au secondaire. Je suis obligé de poser la question, parce qu’on est en juin : il y a la clôture d’un produit phare.
Sassan Golshani : Merci de le dire de cette façon-là, phare, parce que nous sommes les seuls à proposer un fonds de fonds multigestionnaire sous format FCP, accessible à partir de 10 000 euros en appels successifs.
Le premier millésime a rencontré le succès auprès des professionnels du patrimoine qui souhaitaient avoir un outil d’exposition au private equity. Le second se clôture le 30 juin. Il est déjà largement déployé : il y a quatre fonds primaires, deux fonds secondaires et déjà un co-investissement.
L’avantage, c’est que vous avez la visibilité du portefeuille. Vous avez gagné près de deux ans. Et pour ces avantages-là, vous ne payez pas de prime de souscription ou d’égalisation puisque vous êtes sur un format FCP. Il est donc ouvert aux clients professionnels comme aux clients non professionnels.
Stéphane : Son successeur partira sur la même composition ?
Sassan Golshani : Exactement, à partir de septembre.
Stéphane : Les équipes de mes confrères et consœurs vont avoir besoin de tes équipes pour creuser le secondaire et la prochaine tranche de Convictions en septembre. Tu as des petites choses à nous dire ?
Sassan Golshani : Nous avons commencé à quatre, aujourd’hui nous sommes une dizaine. Nous avons 250 millions d’euros sous gestion. Cela fait à peu près dix fonds entre ceux qui sont clôturés et ceux qui sont en cours de levée.
Nous sommes en phase de recrutement sur les trois piliers de notre activité : la gestion, avec une personne qui va nous rejoindre ; le middle office, pour avoir une personne en plus de la plateforme digitale que les professionnels connaissent ; et évidemment le développement.
Chez Peqan, nous faisons quatre choses : nous sélectionnons des opportunités d’investissement, nous les logeons à l’intérieur de produits, nous digitalisons et nous accompagnons les professionnels du patrimoine, comme aujourd’hui au MidSommer. Nous renforçons donc cette équipe partenaires.
Stéphane : Magnifique, comme d’habitude. Merci.
Sassan Golshani : Merci Stéphane, à très vite.