Actions
1Obligations
1Flexibles
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Giulia Culot, responsable de la stratégie sociale et gérante de portefeuille chez Sycomore Asset Management, présente le fonds Sycomore Europe Happy@Work et l'importance du capital humain dans la performance des entreprises.
Dans ce talk, Giulia Culot expose la philosophie et la méthodologie du fonds Sycomore Europe Happy@Work, qui investit dans des entreprises européennes valorisant le capital humain. Elle souligne le lien avéré entre épanouissement au travail et performance financière durable.
Le fonds se distingue par une approche thématique rigoureuse, une gestion active et une analyse approfondie des critères sociaux, allant au-delà des simples indicateurs quantitatifs. Des exemples concrets d'entreprises exemplaires sont également présentés.
Bonjour, bienvenue dans le Talk Marchés de Zoom Invest. Aujourd'hui, nous recevons la société Sycomore AM, avec Giulia Culot, bonjour Giulia. Bonjour. Vous êtes responsable de la stratégie sociale et gérante de portefeuille. On va très rapidement représenter Sycomore AM. C'est une maison qui a été fondée en 2001, qui a un très fort esprit entrepreneurial, et qui est spécialisée dans l'investissement responsable, d'où votre présence aujourd'hui. puisqu’on va parler du fonds Sycomore Europe Happy@Work. Vous avez une expertise au sein de la société Sycomore AM qui s'appuie sur la démarche de terrain. Vous rencontrez les entreprises, les chefs d'entreprise, il y a aussi la rencontre avec les humains pour faire la sélection des valeurs.
Vous faites notamment une analyse financière et extra-financière, c'est ce qui va nous intéresser peut-être plus aujourd'hui. Sycomore AM est une entreprise à mission, qui est labellisée B Corp. Vous investissez... Vous favorisez les investissements dans l'économie plus durable et responsable, et donc, vous êtes un acteur de référence aujourd'hui en France, sur cette thématique-là. On a fait la présentation de la société, on se focalise aujourd'hui plus sur le fonds Sycomore Europe Happy@Work. Est-ce que vous pouvez, dans un premier temps, nous donner les spécificités de cette gestion chez Sycomore AM, et dans quelle mesure finalement, la valorisation du capital humain contribue à la performance des entreprises ? Oui, tout d'abord, qu’est-ce que Sycomore Europe Happy@Work ?
C’est un fonds qui investit dans les actions des entreprises européennes, qui accordent une importance particulière au capital humain. Ces spécificités, je dirais, qu'il y en a 4. La première est la valorisation de capital humain. C'est un thème qui est matériel pour les performances des entreprises. On le verra ensuite, ce n'est pas négligeable. Je suis tout d'abord gérante. C'est déjà intéressant d'avoir un thème qui est lié aux performances extra-financières des groupes dans lesquels nous investissons. Le deuxième thème, même si c'est un fonds thématique ESG, ce n'est pas un fonds qui est biaisé sur des secteurs, sur des thèmes de niches. Donc, les pratiques des entreprises, on les retrouve sur le capital humain dans tous les secteurs d'activité, c'est un autre point différenciant. La 3ème, c'est notre méthodologie.
Le fonds a 9 ans, la méthodologie existe depuis plus longtemps. C'est une méthodologie propriétaire qui a un long track record. Le dernier point, qui est pour moi fondamental, c'est qu’un fonds thématique ESG, ce n'est pas nécessairement un fonds statique pour lequel les performances, la gestion des convictions passent au second rang. Ainsi, c'est vraiment la force de ce produit, d'allier, vraiment, au cœur, la démarche ESG et la gestion financière. Ainsi, pourquoi c'est important de préciser ? Il y a plusieurs d'études qui démontrent qu'il y a effectivement un lien entre épanouissement au travail et performance des entreprises. C'est autant du côté des ventes, que des coûts.
Si on prend quelques statistiques sur les ventes, on a des groupes qui ont beaucoup plus de croissance, une satisfaction de leurs clients qui est de 10 points supérieure aux autres groupes. Du point de vue des coûts, on a un taux de rotation du personnel qui est 1/3 inférieure, une productivité qui est de 15% plus élevée. On voit bien que sur la durée, sachant que les performances financières, sont tout d'abord, l'évolution du résultat des entreprises plus que l'évolution du multiple. on a effectivement cet alignement entre l'analyse que nous faisons et les performances dans les groupes dans lesquels nous investissons. On voit bien l'impact effectivement, quand vous sélectionnez ces entreprises, sur la rentabilité et finalement les performances de l'entreprise.
Est-ce que finalement un fonds à thématique sociale, peut faire plus de performances qu'un fonds à gestion traditionnelle ? La réponse est oui, et ce n'est pas juste mon opinion. Si on m'aviez dit non, j'aurais été étonné quand-même. Ce n'est pas mon opinion. L'avantage, c'est que, comme je le disais, il existe depuis novembre. Ainsi sur la période, on a un retour de +100%. C'est bien supérieur à celui de l'indice avec moins de volatilité. Si on prend l'année dernière, qui n'était pas une année nécessairement facile pour les gestions actives, on a délivré +13%, donc plus de 3 points d'avance vis-à-vis de l'EuroStoxx. Les performances sont au rendez-vous, et pour moi, ça vient vraiment de ce que je disais.
La première chose, c'est qu'on a un univers privilégié de sélections, dans lequel nos entreprises ont une performance financière qui est meilleure sur la durée. Le deuxième point, c'est cette capacité d'être quand même active dans la gestion, de ne pas être coincé dans des thèmes de niches, qui peut-être, ont toute leur validité sur un horizon temporel de 5 à 10 ans, mais qui nous met en difficulté dans le court terme. Moi, comme gérante, j'ai la flexibilité d'adapter, sachant que l'univers de départ est un peu biaisé qualité-croissance. Mais, dans une année comme 2024, où la qualité et notamment les styles "croissance" en Europe, n'étaient pas vraiment les meilleurs, le fonds arrive quand-même à délivrer de bons résultats. Du coup, l'indice de référence, c'est l'EuroStoxx 50 ? Tout à fait. Non, l'EuroStoxx large. D'accord.
Alors, finalement, quels sont les critères que vous prenez en compte pour choisir les entreprises ? Une fois qu'on a identifié un thème, Parce que vous organisez... Vous prenez les sociétés qui font des massages pour les salariés, par exemple ou des choses comme ça ? Moi je rêverais de ça ! Il faut demander à vos patrons chez Sycomore AM. Mais ce n'est pas que ça, et en effet, c'est l'intérêt de notre approche. On a cette méthodologie qui s'appelle SACRE. C'est le synonyme des choses que nous allons regarder, au final. C'est le sens, l'autonomie, les compétences, les relations et l'équité au sein de l'entreprise. Ca semble compliqué, la réalité, c'est que nous voyons dans la vie de tous les jours, en tant que salarié, c'est pas juste un critère qui va déterminer si on est épanoui ou pas au travail. Bien sûr.
Des fois on dit, "un fonds c'est le capital humain, c'est la diversité", mais est-ce que si j'ai un comité exécutif avec 50% de femmes, l'ensemble des salariés est entrepreneurial, heureux, motivé, engagé ? Pas que. Donc, l'avantage de cette approche c'est qu'on a quand-même beaucoup de critères quantitatifs qu'on peut regarder. Typiquement, si on parle d'équité. L'égalité d'un salaire homme/femme ? Est-ce qu'il y a l'égalité des salaires ? Est-ce que il y a égalité de la représentation à tout niveau de l'organisation ? Est-ce que l'écart entre la rémunération du top de l'organisation et de la moyenne est correct, ou si il est absolument démesuré ? Donc ça, c'est sur l'équité. On a d'autres critères sur les formations, c'est effectivement, les heures de formation, les compétences, les promotions en interne.
Ainsi, cela représente un socle, sur lequel nous fondons le démarrage de l'analyse. Après, il y a tout un côté qui est vraiment la valeur ajoutée de ce que nous faisons dans une entreprise engagée comme Sycomore AM. C'est aller à la rencontre des entreprises, parler avec leur directeur des ressources humaines, parler avec des anciens employés, faire des calls avec des experts, ce qui nous permet de nourrir effectivement, cette connaissance, qui va au-delà de quelques chiffres et qui est vraiment l'ensemble des spécificités de la démarche d'une entreprise, et aussi bien que de ses résultats, effectivement, en termes de chiffres à la fin. Vous ne pourriez pas avoir de LVMH, par exemple, s'il y a trop d'écart de salaire entre Bernard Arnault et des salariés du groupe ? On n'a pas de critères qui soient bloquants. D'accord.
Il n'y a pas un seul critère. C'est un ensemble de critères et de rencontres. C'est un ensemble de choses. Par contre, ce qu'on cherche, je le disais, on a 5 points d'analyse. Il faut que l'entreprise elle soit vraiment différenciante sur deux-trois points. Et que, sur les autres, elle soit bien, qu'il n'y ait pas de dommages. Il y a un autre point qui est quand même assez important, et spécifique pour le fonds, c'est qu'on est très attentif aussi au fait que, des fois, les entreprises sont dans un écosystème qui est plus large. Par exemple, si on prend le secteur de l'alimentation, on peut dire que l'entreprise en elle-même, est bien. Mais si on sait que dans sa supply chain, dans sa chaîne de fournisseur, il y a des zones d'ombres importantes, ça va bloquer quand-même.
Alors, pour terminer, est-ce que vous pouvez nous donner quelques exemples de bonnes pratiques d'entreprise ? Oui, vous mentionnez le secteur du luxe. Là, je pense que c'est un bon exemple. On a 2 valeurs en portefeuille, qui sont Brunello Cucinelli et Hermès. Elles sont les mieux notées dans tout notre univers. Un score 5/5 sur le capital humain. On voit bien que dans un secteur comme le luxe, où, sur ces dernières années, on a eu des hausses de prix, qui étaient assez incroyables, mais aussi des controverses, en termes de pratique notamment, avec le groupe Dior, et Armani en Italie, avec des soucis vis-à-vis des fournisseurs, de la qualité des produits. On voit bien que des groupes qui ont investi au cœur de leur philosophie d'être, sur le capital humain, sur la compétence, sur une vision de durée...
Si on prend le groupe Brunello Cucinelli, le groupe est italien, comme moi. Ils ont un âge moyen dans leur groupe de 38 ans, ce qui est très rare pour une entreprise italienne. D'accord. Ils paient 20 à 30% leur salariés artisanaux de plus que la moyenne d'une entreprise équivalente. Ainsi, cela leur garantit... Une pérennité des salariés, de l'activité, ce qui n'est pas négligeable. A l'inverse, je dirais que notre rôle d'investisseurs responsables, n'est justement pas que, d'avoir les mieux positionnés, mais aussi rester dans un dialogue et dans un échange, là où on peut avoir quelques soucis aussi. La vie d'entreprise n'est pas toujours parfaite. Par exemple, un des points cœur de notre action d'engagement, est toute la partie de restructuration responsable. On le voit bien en Europe, on a des soucis vis-à-vis de l'industrialisation.
On sait qu'on peut avoir des fermetures. Un groupe dans notre portefeuille, qui est le groupe Michelin, qui, même s'il fait la Une de la presse des fois, malheureusement, pour des fermetures d'usines, ils le font d'une façon qui est absolument “best-in-class”, afin de maintenir tout de même la richesse dans le territoire. Oui, bien sûr. Donc ça, ça révèle un peu, on est un fonds Article 9... Donc, on pourrait l'avoir Michelin, en portefeuille ? On l'a en portefeuille. C'est de l'automobile, c'est du caoutchouc. Voilà, c'est vraiment sur la façon dont ils traitent leurs capitaux humain. C'est une entreprise qui est très reconnue pour ça, et encore, même si des fois, il sont malheureusement... En fait, ils doivent adapter leurs outils de production à la réalité industrielle, qui est, des importations chinoises massives de pneus en Europe.
On va accompagner les groupes dans cette démarche, mais c'est là où je dis, ce n'est pas noir ou blanc. C'est pas sectoriel, dans chaque secteur, on a des groupes qui jouent le jeu, qui ont des bonnes pratiques et d'autres qui ne sont vraiment pas au rendez-vous. J'ai un ami qui travaille chez Hermès et je peux vous confirmer qu'il est très heureux. Ça se passe très bien. Il m'a dit, c'est le rêve absolu. Giulia, merci beaucoup, c'était passionnant. Merci à vous ! On va vous souhaiter une belle année 2025, bien sûr, avec encore de la sur-performance par rapport à votre indice. De nombreuses rencontres avec des entrepreneurs, avec des sociétés. Et puis on espère vous retrouver très rapidement dans un Talk Marchés chez Zoom Invest. Ça sera avec plaisir. Merci beaucoup Giulia ! A bientôt, au revoir.