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Créée en 2012 après la crise financière, la taxe française sur les transactions financières présente un bilan contrasté. Selon la Cour des comptes, elle procure des recettes croissantes à l’État, mais son efficacité pour limiter l’instabilité des marchés n’est pas démontrée.
Son taux, initialement fixé à 0,2 %, a été relevé à 0,3 % en 2017, puis à 0,4 % en 2025. Sur cette période, les recettes ont nettement augmenté : de 800 millions d’euros en 2013, elles sont passées à 2,5 milliards en 2025.
L’objectif budgétaire est donc rempli. En revanche, les études ne permettent pas d’établir une réduction durable des fluctuations boursières grâce à cette taxation. Son périmètre limité contribue à expliquer ce résultat : elle concerne les actions de grandes entreprises françaises, tandis que 95 % des transactions lui échappent. Les produits dérivés, les ETF et les opérations dénouées dans la journée restent notamment exclus.
La Cour des comptes recommande néanmoins d’évaluer soigneusement les conséquences d’un élargissement. Une taxation plus étendue pourrait déplacer certains échanges vers des places européennes concurrentes.
Cette difficulté souligne l’absence de coordination européenne. Conçu comme une première étape vers un dispositif commun, le modèle français n’a été suivi que par l’Italie et l’Espagne, tandis que le projet européen reste bloqué.