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Anthony Lapeyre, Amplegest, Julien Quistrebert, Tailor Asset Management, Cyril Slama, VEGA Investment Solutions
Investissements dans l’IA, inflation et tensions sur les taux : la prudence porte-t-elle sur toutes les classes d’actifs ? Anthony Lapeyre, Julien Quistrebert et Cyril Slama confrontent leurs choix d’allocation dans cette table ronde animée par Stéphane van Huffel.
Bonjour à tous, bienvenue en direct sur Zoom Invest pour cette nouvelle table ronde. Nous sommes le 9 septembre 2026. On va dire que c'est la rentrée scolaire, donc on a tous plein de motivation. J'espère que pour l'ensemble de nos auditeurs et spectateurs, CGP, banquiers privés, la rentrée se passe bien. C'est bon signe, on a de l'activité. Aujourd'hui, on va faire une double table ronde, deux fois une demi-heure. On va parler des marchés financiers et est-ce qu'il faut revenir à un peu plus de prudence ? J'ai hâte d'entendre mes invités. La deuxième partie de cette table ronde, on parlera SCPI et de la classe d'actifs immobiliers, comme ça, on sera bien complet, on aura fait un tour d'horizon parfait pour ce mois de septembre.
On attaque tout de suite avec mes trois invités, Anthony Lapeyre, qui est directeur de la gestion diversifiée chez Amplegest, Julien Quistrebert, qui est directeur général délégué chez Tailor AM, et Cyril Slama, Global Portfolio Manager chez Vega IS. J'ai révisé mon anglais cet été. On y va, messieurs, j'espère que vous allez bien. Très bien, merci. Comme je le disais, rentrée scolaire oblige, je vais pouvoir vérifier que vous avez bien fait vos devoirs. J'ai préparé cette super blague depuis trois jours. Est-ce qu'on peut faire un point de contexte sur l'ensemble des marchés ? L'idée, c'est de mieux appréhender notre environnement en ce mois de septembre.
En gros, quelle analyse faites-vous de la situation économique globale et surtout les impacts présents ou futurs que ça peut avoir sur les marchés ? Anthony, je te fais commencer. Si on fait un petit retour sur les un peu plus de 8 mois écoulés sur 2026, on peut faire deux constats. Déjà, 2026 est malgré tout une année de surprise sur plusieurs éléments, mais c'est aussi une année de confirmation et d'accélération du régime économique que chez Amplegest, notamment, on décrit depuis de nombreux mois. C'est un régime économique qui est ancré sur l'investissement, on a eu plein de confirmations là-dessus, et non plus ancré sur le consommateur.
On est vraiment dans un régime qui est caractérisé par ça et qui se traduit et qui se caractérise par des flux de capitaux qui sont très favorables aux économies asiatiques à moyen terme, ce sont des éléments sur lesquels je vais revenir, et un ancrage de l'inflation malgré tout sur des niveaux qui sont encore et toujours bien supérieurs à la cible de nos banquiers centraux. C'est ce qu'on voit notamment dans les mouvements de marché des dernières semaines. Si on revient juste sur les éléments de surprise que j'évoquais, c'est encore une fois la géopolitique. La géopolitique, on a quand même eu un conflit en Iran qui se déclenche fin février et tout le monde comptait initialement sur un conflit relativement court.
Donald Trump, le premier, disait que ça allait être très court. Au final, on se retrouve plus de 6 mois après avec un cours du baril qui est proche des 100 dollars. Force est de constater qu'on ancre encore un peu plus l'inflation sur ces notions-là. Les surprises qu'on a eues aussi, malgré tout, et ça, c'est un des gros drivers du marché cette année, ce sont les révisions récurrentes sur les montants d'investissement dans l'intelligence artificielle. C'est vraiment le facteur central. Quand je parle d'économie ancrée sur l'investissement, ce sont des investisseurs qui s'attendaient initialement en début d'année à 400, 450 milliards de dollars de CAPEX sur l'année 2026.
On voit que ce chiffre est passé successivement au fur et à mesure des publications à plus de 700 milliards attendus dès cette année. Ces révisions sont extrêmement conséquentes et elles expliquent le gros de la dynamique qu'on a vue sur la tech, notamment au cours de l'année. Ces deux facteurs, la géopolitique et ce flux d'investissement, pour moi, ce sont vraiment les facteurs centraux qui expliquent aussi la prime d'inflation durable qui arrive et qui est désormais de plus en plus ancrée dans le marché et dans la courbe de taux, qui se matérialise par la sphère énergétique, qui se diffuse dans le fret, qui se diffuse dans les produits alimentaires. C'est vraiment la phase qu'on est en train de vivre aujourd'hui.
Par ailleurs, ça se traduit aussi par une hausse conséquente de l'endettement, parce qu'évidemment, les investissements massifs qu'on a sur une partie de l'économie, le corollaire, c'est qu'il y a aussi une hausse de l'endettement global. C'est véritablement la caractéristique du régime actuel. Quand on a dit ça, et je termine, c'est véritablement l'autre élément de surprise qui est extrêmement majeur, mais qui est très cohérent avec tout ce qu'on vient de dire, c'est qu'on a des banques centrales qui nous reparlent de resserrer les taux. La BCE a déjà monté les taux en juin. Demain, on va avoir certainement un tour de plus.
La semaine prochaine, on va attendre le CPI vendredi pour la Fed, mais on s'attend quand même à ce qu'il y ait un ton assez haussier globalement. C'est une grosse surprise, parce que si on se repositionne juste en janvier, il ne faut pas oublier qu'on s'attendait à avoir des taux directeurs côté Fed à 3 % fin 2026. On se retrouve aujourd'hui à avoir des anticipations de taux directeurs en fin d'année à 4 %. On a remis 1 % dans les courbes de taux globalement, c'est une très grosse variable. On est vraiment dans un changement extrêmement conséquent et la prise de conscience du changement de régime. Merci beaucoup Anthony. Julien, je t'ai vu hocher du chef dans le bon sens. Est-ce que tu partages globalement cette vision ?
Quelle est la vision que tu as toi ? La photographie est assez claire. On a une activité économique qui est très bien orientée. On a des PMI qui sont en hausse depuis 2 ans, notamment aux États-Unis. On voit que la croissance est là. Ça s'est vu aussi sur la publication du deuxième trimestre, avec des résultats et des révisions record en termes de croissance de la part des entreprises. Le fait assez notable, c'est qu'on a de la croissance aussi des résultats résultats en Europe, ce qu'on n'avait pas vu depuis assez longtemps. Si on regarde 2024, 2025, pour une fois, on est dans la course avec une croissance des EPS à deux chiffres, des bénéfices nets par action. Ça, c'est la bonne nouvelle.
Je dirais que là-dessus, effectivement, la thématique IA dont on a parlé avec les CAPEX sur les data centers, ça est en train de diffuser sur l'ensemble de l'économie. On l'a vu sur l'industrie, c'est un des segments, en tout cas en Europe, où on a eu les plus fortes révisions. Je le redis et je rabâche, mais c'est vrai qu'on dit souvent que les Européens sont en dehors des sujets data centers, mais sans les biens d'équipement européens, c'est un petit peu compliqué de les développer quand même. Là-dessus, on voit que ça continue d'aller dans le bon sens. Et puis des thématiques assez fortes qui s'accélèrent aussi comme l'électrification, notamment poussée par le détroit d'Ormuz. Ça, ce sont les points positifs.
Ce qui fait un peu plus peur aux marchés, naturellement, c'est cette situation d'inflation. Évidemment, il y a la croissance, évidemment, il y a la situation du détroit d'Ormuz, mais il y a aussi les déficits excessifs qui pèsent. Et puis des distorsions qu'on voit, des dislocations. Le point important, peut-être, qu'il faudra surveiller, c'est évidemment ce qui se passe autour du Japon, les mouvements du Trésor américain pour soutenir le yen. Encore une sortie hier soir de Scott Bessent pour dire : « Je suis là en tous les cas pour soutenir le yen, n'essayez pas de le faire baisser. » Et pourquoi ? Le Japon, c'est le plus gros détenteur de dettes américaines, plus d'un trillion.
Effectivement, il y a ces enjeux-là, ces distorsions de marché qui sont à surveiller dans un environnement aussi où on voit que le dollar est en train de perdre de la force, en tout cas de l'intérêt sur l'ensemble des places comme valeur de réserve, de l'intérêt pour l'or notamment, et on va en parler un peu plus tard. Je dirais que le sujet de crainte, il est surtout politique, guerre commerciale, géopolitique avec les guerres évidemment tout court. Et puis cette incapacité à gérer les budgets. La France évidemment, on ne peut pas faire l'impasse dessus. Les discussions sur ce qui va arriver, qui vont être assez complexes.
Puis les élections derrière, avec le concours des bonnes idées pour pouvoir dépenser davantage, donc réduire, geler, brûler, etc. , la dette française. On a déjà compris que du côté allemand, en tout cas des frugaux européens, il était hors de question d'envisager cette piste. Mais on voit que le sujet de l'endettement public, de manière générale, est quand même d'actualité. Et pour terminer, il est très fort aux États-Unis. Toutes les attaques de Trump contre la Fed se poursuivent. On pensait qu'avec Kevin Warsh, tout ça allait s'arrêter. Mais là, il revient en disant qu'il fallait baisser les taux. Pourquoi ? Parce que l'État est à 15 ans endetté sur la dette à court terme.
S'ils augmentent les taux de 75 bps sur un an, ce qu'attend le marché, c'est toute la dette américaine qui doit être refinancée. C'est celui-là, il reste- C'est très intéressant parce que là, on fait un tour d'horizon très large. Cyril, c'est un peu compliqué d'arriver le troisième là-dessus, parce que j'imagine que tu as globalement une vision assez proche de celle de tes camarades. Qu'est-ce que tu nous dis un peu toi sur cet environnement ? Comment Vega voit tout ça ? Comme Anthony et Julien l'ont évoqué, les principales préoccupations du marché actuellement sont sur les taux, l'inflation, la géopolitique. L'inflation et la géopolitique, Anthony et Julien en ont bien parlé.
Je me tourne plutôt sur les taux, parce que je pense que c'est le principal risque à court terme. Les raisons qui sont évoquées, ça a déjà été dit tout à l'heure, les déficits publics élevés, mais quelque part, ce n'est pas nouveau. Ça ne vient pas de sortir depuis quelques semaines. C'est juste qu'effectivement, ça se rajoute à des émissions obligataires de la part des Américains pour financer leur CAPEX. Ça fait finalement beaucoup de flux absorbés par les marchés. L'autre élément, ça a été aussi évoqué tout à l'heure, c'est par rapport aux Japonais. Les Japonais sont positifs après une quinzaine d'années de taux négatifs, voire neutres.
Quelque part, les investisseurs japonais sont moins enclins à aller chercher des placements obligataires souverains hors de leur pays. Ça aussi, ça fait un flux acheteur moindre par rapport aux émissions qui se mettent en place en ce moment. Tout ça, ça crée de la pression sur les tensions, sur les taux et une prime de risque qui monte. L'autre élément plus petit, c'est que finalement, on est dans une macroéconomie assez solide. Donc quelque part, ce n'est pas forcément normal d'avoir tension sur les taux longs termes si l'économie se porte plutôt bien. Sur les taux, c'est la principale préoccupation pour les marchés et quelque part, ça rapproche un peu un plafond de verre, même pour les actions.
Il faut vraiment qu'on arrive à avoir une visibilité sur la trajectoire des taux. Mais si on regarde le verre à moitié plein, je trouve que l'intervention du Trésor américain montre qu'on n'est quand même pas loin d'un seuil psychologique et même d'un seuil au niveau économique de douleur pour les marchés. On est quand même pas loin d'un point bas, donc pour nous, c'est un point où on pourrait avoir commencé à remettre de la sensibilité, mais je développerai ça un peu plus tard. Ok, est-ce que tu as la sensation, parce que c'est la sensation qu'on a, que les planètes s'alignent, mais pas forcément dans le bon sens, ce qui ne veut pas dire que c'est une mauvaise nouvelle pour vous, les gérants.
Est-ce que tout ça, il y a quand même quelques bonnes nouvelles dans l'environnement, Cyril ? Oui, tout à fait. Effectivement, comme ça a été rappelé tout à l'heure, la microéconomie est très bonne, très solide. D'habitude, chaque année, on fait des prévisions à plus 10 %, on termine péniblement à 0+ +. Là, cette année, on ne fait que réviser à la hausse. On est vraiment dans un cycle d'expansion lié effectivement aux CAPEX. Un cycle de CAPEX qui est quasi historique. La dernière fois qu'on a connu ça, c'était vraiment au début 2000, la nouvelle économie. On est vraiment sur quelque chose d'assez historique. L'IA va transformer nos économies et nos sociétés et on n'en est finalement qu'au tout début.
Tant mieux, ça veut dire qu'il y a quand même des perspectives intéressantes. Parce que vous me voyez venir, évidemment. L'idée quand même, et nos téléspectateurs ont regardé le titre de notre table ronde. Maintenant qu'on a fait ce tour d'horizon et qu'on a les bases de réflexion, on va essayer de parler un peu des perspectives pour la fin de l'année, particulièrement de vos convictions et de vos stratégies. Je l'ai dit, est-ce que c'est irrémédiablement le retour à une gestion plus prudente ? Je suis sûr que non, mais on va vous écouter pour ça, parce que l'idée, c'est quand même comment on optimise, nous, CGP, banquiers privés, les allocations de nos clients dans les prochaines semaines. Julien, je te redonne la parole.
C'est effectivement une bonne question. La prudence est de mise, à notre sens, toujours sur le marché obligataire. C'est vrai que ça peut être tentant de commencer à prendre de la duration. Je peux tout à fait comprendre la position de Cyril. Pour l'instant, nous, là-dessus, on préfère quand même rester prudent. Il n'y a pas d'urgence à le faire puisque si je parle de la partie obligataire, le High Yield avec des durations relativement courtes permet d'avoir des rendements assez sympathiques sans aller chercher de la duration. D'autant plus qu'on en a parlé, les gouvernements, c'est compliqué, donc aller faire des govies, ce n'est pas forcément simple. Surtout, évidemment, la dette française.
Et puis, du côté Investment Grade, les spreads sont quand même relativement bas. Donc aujourd'hui, on trouve qu'on n'est pas assez rémunéré là-dessus. Sur la partie allocation obligataire, prudent, entre guillemets, sur la duration, en tout cas, mais prendre du risque cyclique, puisqu'on est assez positif sur la croissance économique, c'est ce qu'on a dit tout ça avant. Donc plutôt du High Yield. La partie action, on a les derniers sujets de la valorisation, la monétisation ou pas de l'IA, c'est toujours les sujets qui reviennent sur le devant de la scène. Les valorisations, c'est vrai que la prime de risque, on peut se poser des questions avec des tensions sur les taux longs.
D'un autre côté, on a une croissance des résultats qui est excellente, qui va continuer d'être bonne. Tant qu'on a cette dynamique de croissance bénéficiaire, on n'a pas d'inquiétude particulière sur les tensions sur les taux. Et puis on attend peut-être quand même une résolution du sujet du détroit d'Ormuz qui va bien finir par arriver. En tout cas, on l'espère, parce qu'on aura du mal à vivre éternellement dans cette situation. L'autre point positif sur les actions, assez prudent sur le dollar. On a vu les actions du Trésor pour taper les taux, ça met de la pression sur le dollar. On voit que tout ça, plus les déficits, ça crée des tensions. En corollaire, on aime bien avoir de l'or, toujours en portefeuille.
On aime bien les actions émergentes, surtout l'Asie du Sud-Est, effectivement. Pourquoi ? Des monnaies qui se renforcent, des financements en dollars qui coûtent moins cher avec la baisse de la devise par rapport à la leur. C'est ce qu'on voit s'accélérer depuis cet été. Et puis, comme on l'a dit au préalable, une croissance économique, finalement à l'export, qui reste très bonne, surtout sur le domaine électronique, naturellement. Toujours sur le cycle industriel, on aime bien les actions européennes, les small et mid caps qui sont très en retard, croissance bénéficiaire, 2 fois supérieure aux large caps, des décotes toujours aussi fortes, si ce n'est historiques. Il y a un petit décrochage cet été. On pense que c'est de nouveau renforcé.
Il y a des flux qui vont arriver. Il y a le plan Tibi, notamment, qui va permettre de réinvestir sur cette thématique. On le sait, c'est très drivée par les flux parce que c'est un segment qui est moins liquide, naturellement. On sent qu'il y a un cocktail qui est assez positif. Pas d'inquiétude à ce stade, en tout cas pour les CAPEX des hyperscalers et de manière générale sur l'industrie, etc. , la dynamique de croissance bénéficiaire. Déjà, c'est une bonne nouvelle parce que tu sais qu'on est nombreux, je pense ce matin, à attendre cette fameuse réponse. Est-ce que ces CAPEX, c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Parce qu'on entend tout et son contraire.
Est-ce qu'il y a un risque aussi, à un moment donné, à ce que ces énormes dépenses ne donnent pas de résultats ? Vraisemblablement, toi, tu restes quand même assez optimiste sur le sujet, Julien. Pour l'instant. Pour l'instant, oui, effectivement, il y a quand même des zones d'inquiétude. On voit notamment l'arrivée des acteurs chinois qui sont en train de prendre des parts de marché assez importantes sur les vendors ouverts. Le constructeur chinois, c'est aujourd'hui 60 % des volumes, ce qui explique aussi la forte baisse du prix des tokens, ce qui explique aussi certainement pourquoi Anthropic accélère tout à fait son introduction en Bourse.
Il y a quand même du sujet, mais plus du côté du langage que de la puissance de calcul, parce que le prix du token, la conséquence, c'est un taux d'utilisation qui s'accélère aussi. Donc la puissance de calcul, oui, le langage LLM, attention aux acteurs et notamment aux éditeurs. Après, les CAPEX ne concernent pas que forcément les grands et les très connus. Ça concerne tout le monde, finalement, parce que c'est un ruissellement immense. Je vais rester sur le mot cocktail, parce que très clairement, on se rend compte que chez Tailor AM, on est très large dans l'approche. Cyril, comme il y a le mot global dans ton rôle chez Vega, je te redonne la parole, je vais garder Anthony juste après. Anthony juste après. Comment vous allez faire ?
Quelles sont les perspectives que vous allez viser ? Quelle est votre stratégie pour les prochaines semaines, vous, chez Vega ? On va l'appeler en deux phases. Une première de maintenant, je dirais à novembre, où effectivement, on a les banques centrales qui vont parler et agir. On a aussi les midterms qui vont arriver. Historiquement, avant ça, on est plutôt dans l'incertitude et le flottement dans les marchés, donc on est relativement prudent. On est opportuniste, mais prudent. Sur la partie taux, comme j'évoquais tout à l'heure, de manière très tactique et avec beaucoup de prudence, on commence à remettre un petit peu de sensibilité. Et sur les actions, comment on voit les choses, nous ?
On pense qu'effectivement, on est toujours positif sur les marchés actions, mais la performance sera beaucoup plus large, la performance que ce qu'on a connu au début d'année, sera beaucoup moins concentrée sur les US et sur l'IA. Au sein de l'IA même, ce sera beaucoup moins concentré sur les semi-conducteurs qui ont déjà des valorisations assez élevées, mais plus sur d'autres types de fournisseurs qui sont peut-être un petit peu en retard, sur les fournisseurs aussi d'énergie, d'eau. Tout ça, l'écosystème de construction des data centers est assez large, ça ne se limite pas du tout aux semi-conducteurs. Au sein de l'IA, effectivement, on cherche à être beaucoup plus fin dans notre sélection de valeurs.
Et en termes de thèmes, on est sur les US, mais il n'y aura pas que ça. Il y a l'Asie, qui est très intéressante et relative. Il y a effectivement des flux assez importants qui devraient se matérialiser. Il y a aussi l'Europe, qui prendra l'incertitude qui semble effectivement s'accélérer là. Ça crée ça aussi un petit soutien qu'on commence à avoir d'ailleurs dans les premiers chiffres. Donc voilà, il faut être positif, mais ça, c'est plutôt pour la deuxième partie de l'année. On anticipe effectivement une sorte de rallye de fin d'année, mais je veux dire, on sera assez sereins à partir des résultats des midterms, donc plutôt vers novembre. On se concentrera sur la publication, sur les micros, qui devraient être encore assez solides.
Tant mieux, c'est bien. On se rend compte quand même qu'en ce moment, votre rôle à tous les trois, mais là, comme je le disais Cyril, je dirais ton rôle à toi, c'est quand même un pilotage qui devient de plus en plus précis. Comment est-ce que vous vous organisez, vous, en interne chez Vega ? Vous avez revu un peu votre organisation pour pouvoir fonctionner dans ce contexte ultra-changeant ? Ce qu'on fait, c'est qu'on est spécialisés par classes d'actifs, mais finalement, on interagit énormément, beaucoup plus qu'avant. On peut voir les opportunités là où on considère sur les actions, sur les taux, sur l'IA, sur le crédit où le couple de risque n'est pas intéressant. Quand c'est ça, effectivement, on s'allège.
Quand par contre, on considère que le marché a été trop sévère, notamment sur les logiciels pour prendre des actions, on commence petit à petit à revenir dessus, mais de manière très spécifique sur certaines valeurs pour lesquelles on pense que le marché a sanctionné de manière un peu trop dure. Il faut être assez agile. C'est un marché beaucoup moins macro, beaucoup moins global thématique que ce qu'on a connu en début d'année. On va avoir plus de dispersion, et donc il faut plus de précision dans les allocations et dans le choix des risques que l'on veut porter pour arriver à capter un réservoir de performance. Merci Cyril. J'ai entendu cocktail, diversification, dispersion. C'est parfait. Agilité.
Diversification obligatoire, donc j'en appelle le directeur de la gestion diversifiée. Anthony, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ta stratégie et comment vous allez voir ça chez Amplegest ? Oui, notre point de départ pour refaire le fil avec la partie introductive, c'est qu'on est dans un cycle d'investissement et par rapport à la dynamique sur les taux, etc. ce n'est pas étonnant, entre guillemets, qu'on soit sur des pressions sur les marchés de taux. Selon nous, ça ne va pas s'estomper tout de suite. C'est très cohérent avec un cycle d'investissement massif, c'est ce qu'on a pu avoir.
On est dans le cadre d'une révolution industrielle, on peut le voir comme ça, la quatrième révolution industrielle avec l'IA et ce cycle de CAPEX absolument majeur qu'on est en train de vivre. Selon nous, il n'y a pas de stress pour revenir rapidement vers les marchés obligataires, parce que ce cycle d'investissement n'est pas encore en phase de déraper. Alors oui, il y a des sujets qui ont été évoqués par Julien et Cyril sur cette dynamique de CAPEX, est-ce qu'elle peut continuer à croître ? On va suivre de très près, évidemment, la dynamique des bénéfices, mais tout ce qu'on voit dans toutes les publications récurrentes récentes, c'est qu'on a une continuation des revenus qui se créent dans la sphère de l'IA.
Ça, ça stabilise énormément le cycle dans lequel on est. Ce qu'on cherche à faire dans nos allocations, très concrètement, c'est d'être assez directement exposés à ces flux de CAPEX et aux cash-flows les plus visibles du marché. Dit comme ça, c'est un peu simpliste, mais dans les faits, c'est vraiment la logique. Typiquement, pour prendre un exemple sur la visibilité des cash-flows, ce qu'on a fait sur les dernières semaines, derniers mois, c'est qu'on a fait un retour sur un thème dont on était sorti en début d'année, un retour sur les minières aurifères. Pourquoi ? Parce qu'on voit que sur ce secteur, on a eu une baisse de la valo très importante dans le cadre de la correction qu'on a eue sur l'or depuis le mois de février globalement.
Et on a malgré tout des marges d'exploitation sur ces business qui explosent. On a des niveaux de rentabilité qui sont de l'ordre de 3 000 $ l'once pour tous ces producteurs en moyenne. Le cash-flow est juste colossal et sur des niveaux de valo qui sont extrêmement attrayants aujourd'hui, selon selon nous. C'est un bon exemple. Anthony, rappelle très rapidement ce que tu es en train de dire, c'est que le coût d'extraction de l'or reste encore extrêmement rentable par rapport à la valeur de l'or. Il est extrêmement faible. Et même si l'or a perdu, il n'est pas loin de 1 000 $ l'once entre son top de début d'année et les 4 000 $ qu'il a déjà enfoncé sur certaines journées. Sur ce mouvement-là, pour les extracteurs d'or, il n'y a pas de sujet.
Ils ont 3 000 $ de marge dans leur compte d'exploitation. Ça, c'est un exemple concret. L'autre exemple concret qui a été évoqué par Julien, c'est l'électrification. C'est un thème qu'on joue beaucoup, notamment sur le gisement européen, mais l'électrification, c'est un thème qu'on aime beaucoup. Il est lié à l'IA dans un sens, bien évidemment, mais pas que. Il est lié vraiment à l'évolution du mix énergétique qu'on est en train de vivre. Il faut avoir en tête qu'on a 6 000 milliards d'investissements qui vont arriver d'ici 2035 sur la sphère de l'électrification. 6 000 milliards, on veut être sous cette douche de cash qui arrive dans le marché.
C'est la colonne vertébrale de l'économie dans le cadre de cette quatrième révolution industrielle. C'est ça qu'il faut se dire. C'est hyper important pour l'IA, bien évidemment, capacité des réseaux, et c'est hyper important aussi parce qu'on est dans une économie qui est beaucoup plus multipolaire. Chacun veut assurer sa souveraineté et la maîtrise du mix énergétique, ça passe par l'électrification globale et c'est une clé pour demain. L'autre élément qui est important pour refaire la dynamique, c'est qu'on s'expose aussi, on est en train de revenir sur les semi-conducteurs.
C'est un thème qui a pas mal corrigé depuis mi-juin, concrètement, qui a intégré aussi une partie des risques qui ont été évoqués sur peut-être la circularité de certains investissements qu'on a, peut-être sur la remontée des taux, tout simplement, et la question qu'on peut se poser sur les revenus futurs. Mais dans les faits, la valo a corrigé de 25 % et elle nous semble particulièrement attractive désormais. Ça, c'est un sujet. Le gros challenge, pour revenir à ta question de base, c'est où est-ce qu'on trouve la diversification dans ce contexte ? Ce n'est pas avec les taux, selon nous, c'est beaucoup plus avec les devises.
Là-dessus, on a une très forte conviction et on a des stratégies très actives sur les devises asiatiques, le won coréen, le yen aussi désormais. Pourquoi ? Parce qu'on a des balances courantes qui ont explosé de l'ordre de 1 000 milliards au cours des derniers mois pour ces économies-là. Et ça, ce n'est pas du tout matérialisé dans les devises. Donc on a une vraie anomalie économique. Selon nous, c'est le vrai vecteur de diversification aujourd'hui dans les portefeuilles. On bosse sur des opportunités et ça me va bien. C'est le dernier mot qui manquait à ce mix de ce matin. Évidemment, il est déjà 10 h 25, donc le temps passe très vite lorsque c'est très intéressant. Et là, c'est vrai que votre point donne très envie de creuser tout ça.
Je le rappelle tout de suite, vous pourrez évidemment retrouver toutes les équipes de nos trois invités pour creuser un peu plus en détail. Allez, il nous reste 5, 6 minutes, messieurs. Petit exercice pour vous. Beaucoup de nos auditeurs connaissent bien votre offre, c'est évident, mais pouvez-vous nous faire un focus quand même produit ou solution ? On va finir sur du concret, s'il vous plaît. On va traduire ce que vous venez de dire, parce que moi, j'aime bien qu'on parte avec ça. Comme ça, après, derrière, on décroche notre téléphone, on appelle vos équipes et on rentre un peu plus dans le détail de ce que vous venez de nous dire. Cyril, je te fais commencer.
Je vais mettre en avant le fonds VEGA Disruption, qui fait partie de notre gamme thématique. C'est un fonds qui fait à peu près 50 millions d'euros, qui a une performance de plus de 20 % depuis le début d'année par rapport aux actions monde qui sont autour de 14, 15 %. C'est un fonds qui est multithématique, mais qui est très axé sur trois thématiques : l'IA, bien sûr, l'énergie renouvelable et les biotech. L'IA, bien sûr, ça représentait jusqu'à 60 % du portefeuille en termes d'exposition. Avant l'été, on a réduit ça à 30 %, donc c'est un fonds de conviction très flexible. Dès qu'on sent qu'effectivement, c'est trop cher, que c'est assez tendu en termes de positionnement, on n'hésite pas à réduire l'exposition.
C'est ce qu'on a fait sur l'IA et on revient effectivement de manière spécifique sur certaines valeurs, comme je l'évoquais tout à l'heure. Énergie renouvelable, c'est le thème qu'a évoqué Anthony tout à l'heure, donc ça comprend l'électrification. C'est effectivement les besoins en énergie, ce n'est pas que l'IA, ce sont les voitures électriques, c'est globalement le mix énergétique qui est très important au niveau mondial. Donc ça, c'est aussi un thème très fort chez nous. Et les biotech, parce que finalement, on rentre dans un cycle d'innovation dans les biotech. Il y a aussi beaucoup de fusions-acquisitions qui se mettent en place. Ce sont trois thèmes qui fonctionnent assez bien, qui circulent assez bien ensemble.
Et cela permet d'avoir une performance assez intéressante et résiliente, avec bien sûr une conviction qui reste assez marquée dans chacun des trois thèmes, et une allocation très active entre ces thèmes-là et les autres pour justement pouvoir protéger la performance et essayer de capter davantage de réservoirs de performance. C'est un fonds qui a 10 ans à peu près, Cyril, un peu plus peut-être ? Oui. Très bien. Merci beaucoup. Anthony, je te redonne la parole et je garde Julien pour terminer. Je vais juste évoquer deux fonds Amplegest. Le premier, c'est Amplegest Digital Leaders.
Amplegest Digital Leaders, c'est un fonds qui est justement exposé sur toutes ces thématiques de la révolution industrielle qu'est l'IA, qui est très agile sur les différents segments de la tech. C'est vraiment un fonds qui nous expose aux bâtisseurs de l'IA. Et dans le cadre de tout ce qu'on a pu évoquer, c'est quelque chose qui nous semble toujours extrêmement attractif. C'est un fonds qui est à 35 % de performance depuis le début de l'année et qui fait très bien dans ce cycle-là, logiquement. Le deuxième fonds, c'est NOVA Dynamique, qui est un fonds flexible d'actions internationales avec des moteurs de devises très marqués aussi actuellement pour embarquer la diversification que j'évoquais.
On est vraiment sur de l'arbitrage actions-devises au niveau international, des convictions très fortes, un biais sur les économies asiatiques aujourd'hui, et on est à plus de 12 % depuis le début de l'année sur le produit. Ce qui est très bien pour un flexible. Comme ça, on est très complémentaires déjà. Julien, pour terminer en beauté, qu'est-ce qu'on va chercher chez Tailor AM pour cette fin d'année et début d'année 2027 ? En lien avec ce que je vous ai dit avant, on est assez optimistes sur les small & mid caps qui ont pu retracer cet été avec la hausse des taux. Comme on l'a dit, le cycle d'investissement est là. Tailor Actions Entrepreneurs fonds small & mid caps, prime de risque plutôt momentum, plus 50 % l'année dernière.
On est en plus 12 cette année. Pour nous, il y a un point d'entrée, puisqu'on a été jusqu'à plus 20 au plus haut sur ces thématiques. Et comme je disais, les flux vont revenir. Les résultats ont été excellents sur le deuxième trimestre. Donc, on est extrêmement confiants sur ces thématiques. Pour ceux qui veulent profiter d'un petit repli, c'est une opportunité qui nous semble tout à fait intéressante. Je le disais, il manquait le mot momentum et donc il est arrivé au bout. Merci messieurs pour ce moment, c'était très complet. On a entendu évidemment tout ce qu'il nous fallait, je pense, pour avoir les éléments de langage pour nos clients en cette rentrée scolaire.
Je le redis, je l'ai dit il y a 3 minutes, on retrouve évidemment toutes vos équipes disponibles. J'imagine qu'on se verra très bientôt à Lyon pour reparler de tout ça et ce sera le moment évidemment de créer de nouvelles dynamiques autour de cette prudence qui ne doit pas être un frein, mais qui doit nous donner envie de mieux piloter les allocations de nos clients. Merci de nous aider à le faire au mieux. Allez, je vous dis à très bientôt messieurs. Et nous, on va se retrouver dans une minute. On va parler maintenant de la classe d'actifs immobiliers, comme ça, on sera bien complets en ce matin de mercredi.