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Pictet AM : depuis le début de l’année, les actions émergentes affichent d’excellentes performances.
Depuis le début de l’année, les actions émergentes affichent d’excellentes performances. C’est notamment le cas au Brésil : l’Ibovespa, l’indice boursier de São Paulo, progresse de 6,2 % depuis janvier.
Par Christopher Dembik, Senior Investment Adviser
Pour un investisseur européen, la performance est encore plus spectaculaire grâce à l’appréciation du réal. Exprimée en euros, la hausse atteint 13,5 %*.
Cette dynamique peut-elle se poursuivre ? Une grande partie de la réponse dépendra de l’élection présidentielle des 4 et 25 octobre. Si le président actuel Lula est reconduit, la hausse pourrait légèrement s’essouffler dans un premier temps, le marché craignant une envolée des dépenses publiques qui pourrait contraindre la banque centrale à maintenir des taux élevés. À l’inverse, si son principal opposant Flavio Bolsonaro l’emporte, cela pourrait susciter un nouvel engouement des investisseurs étrangers.
Pourquoi ? L’économie brésilienne est aujourd’hui confrontée à un paradoxe. La banque centrale maintient son taux directeur, le Selic, à un niveau très élevé à 14 %, alors que l’inflation est relativement maîtrisée, à 4,5 %, et que les comptes extérieurs restent solides, soutenus notamment par les exportations de pétrole, de soja et de minerai de fer. Mais un renversement est possible si un nouveau gouvernement, plus vertueux sur le plan budgétaire, est mis en place. La banque centrale aurait alors plus de latitude pour réduire ses taux. Les actions brésiliennes pourraient alors bénéficier d’un double moteur de performance :
Parmi les gagnants possibles, le secteur financier.
En zone euro, la première estimation de l’inflation en août ne devrait pas détourner la BCE de sa trajectoire. Une nouvelle hausse de 25 points de base en septembre est largement anticipée, portant le taux de dépôt à 2,5%. Le marché envisage même la possibilité d’un troisième durcissement monétaire en décembre. Ce n’est pas notre scénario. Ce serait particulièrement dommageable alors que la croissance de la zone euro reste faible. Cela risquerait notamment de casser la reprise de l’investissement des entreprises, qui commençait à montrer des signes d’amélioration avant la hausse des taux de juin.
L’administration Trump fait le pari que les investissements massifs dans l’intelligence artificielle et les infrastructures associées, en partie soutenus directement ou indirectement par la politique budgétaire, provoqueront une accélération suffisamment forte de la productivité et de la croissance pour stabiliser, puis réduire, le poids de la dette publique.
Est-ce possible ? En théorie, oui. En pratique, c’est plus compliqué.
Avec une dette publique légèrement supérieure à 120% du PIB, ramener ce ratio vers 110% supposerait, selon nos hypothèses, une croissance nominale américaine d’environ 8,5% par an jusqu’en 2050. Une telle performance n’a jamais perduré sur une période aussi longue dans l’histoire économique américaine moderne.
*Données en date du 25 août, Boursorama. Propres calculs.