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La décision prise par la BCE le 11 juin dernier de relever son taux de dépôt de 25 points de base, le portant à 2,25 %, n’a guère surpris les marchés, les cours des…
Par Gianluca Lobefalo, Analyste senior au sein de l’équipe de Couvertures Macroéconomiques
Le Conseil des gouverneurs a clairement indiqué que la récente accélération de l'inflation est principalement liée au choc énergétique provoqué par le conflit avec l'Iran. Les projections actualisées des services de la BCE ont revu à la hausse les prévisions d'inflation et à la baisse les prévisions de croissance, reflétant le risque que l’augmentation des coûts de l'énergie se répercute sur les biens, les services et les salaires.
Le message délivré lors de la conférence de presse a été clair : une nouvelle hausse des taux d'ici septembre ne peut être exclue si les prix de l'énergie restent élevés et si les effets indirects commencent à se propager à l'ensemble de l'économie. La BCE a délibérément évité tout engagement sur une trajectoire prédéfinie et a conservé une approche au cas par cas.
Les événements survenus ce week-end ont cependant introduit une nouvelle variable. Les informations suggérant qu’un accord de paix avec l’Iran pourrait être signé de façon imminente ont en effet considérablement redéfini les perspectives d’inflation.
L’accord ayant bel et bien été conclu, il devrait en découler une normalisation des flux énergétiques laissant davantage entrevoir un choc d'offre temporaire que le début d'un cycle d'inflation prolongé. De fait, les cours du pétrole pourraient refluer, les anticipations d'inflation se stabiliser et les arguments en faveur d'une hausse des taux en septembre s'affaiblir considérablement.
Reste que les décisions de politique monétaire ne peuvent pas reposer uniquement sur les anticipations. En outre, les dommages économiques déjà causés par le conflit, la durée des perturbations de l'offre et l'ampleur de la répercussion sur l'ensemble des prix restent incertains. En conséquence, nous considérons qu’il est trop tôt pour déterminer si la BCE a déjà procédé à la seule hausse de ce cycle ou si un resserrement supplémentaire sera encore nécessaire.
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