Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
À Busan, Donald Trump et Xi Jinping ont officialisé une trêve inattendue après des mois d’escalade commerciale.
À Busan, Donald Trump et Xi Jinping ont officialisé une trêve inattendue après des mois d’escalade commerciale. Un cessez-le-feu temporaire qui en dit long sur les nouvelles dynamiques de puissance entre Washington et Pékin.
Le point hebdo de La Financière de l'Echiquier (LFDE) daté du 3 novembre 2025, par Clément Inbona, gérant
3 points à retenir :
La Chine suspend les restrictions sur les terres rares et intensifie sa coopération sur le Fentanyl, tandis que les États-Unis réduisent leurs taxes douanières.
Pékin démontre sa capacité à utiliser des leviers géoéconomiques comparables au dollar américain.
La Chine se positionne désormais comme défenseur du multilatéralisme face à l’« America First ».
Le 30 octobre à Busan en Corée du Sud, Xi Jinping et Donald Trump, les deux hommes les plus puissants du monde se sont rencontrés pour mettre à plat leurs différends. Après des semaines de joutes à distance, la hache de guerre semble, au moins temporairement, enterrée. Les deux parties sont parvenues à un accord, sur le fond d’abord, la forme devant suivre dans les semaines à venir.
En voici les contours. Pékin accepte de suspendre pendant un an les restrictions d’exportation de terres rares, s’engage à acheter « d’immenses quantités » de soja américain et va renforcer sa lutte contre la production de précurseurs chimiques du Fentanyl, un opioïde qui fait des ravages parmi la population américaine. En face, Washington va diminuer de 10% les taxes douanières sur les produits chinois – soit une taxe de 30% en moyenne – et relâcher certaines contraintes qui pesaient sur l’exportation de puces électroniques vers l’Empire du Milieu. Si ces concessions dessinent les contours d’un cessez-le-feu ou d’une guerre froide après un conflit ouvert, cet épisode de guerre commerciale débridée depuis début avril illustre bien des mutations de l’ordre mondial.
« En utilisant l’arme des terres rares, la Chine a démontré qu’en tant que principale productrice et raffineuse quasi-exclusive, elle disposait d’une arme de dissuasion massive contre les menaces de Washington. »
En utilisant l’arme des terres rares, ces matériaux cruciaux pour la production d’armes, de véhicules ou des biens électroniques, la Chine a démontré qu’en tant que principale productrice et raffineuse quasi-exclusive, elle disposait d’une arme de dissuasion massive contre les menaces de Washington. En posant des conditions drastiques à l’utilisation de terres rares passées par son sol, Pékin a également démontré sa capacité à exercer son influence au-delà de ses frontières. Comme la Maison Blanche peut le faire grâce au dollar, l’extraterritorialité coercitive chinoise est une menace réelle et crédible.
En réduisant les taxes douanières sur la Chine, Donald Trump retire à Pékin son statut de cible numéro 1. L’Inde et le Brésil deviennent les partenaires les plus durement touchés par des taxes douanières états-uniennes.
La séquence de guerre commerciale d’avril à octobre marque un basculement. Avec la fin du multilatéralisme américain vers la nouvelle doctrine « America First », la Chine s’est muée en apôtre du libre-échange et du multilatéralisme, en particulier avec ses partenaires régionaux. Le retrait des Etats-Unis de nombreux organismes supranationaux ouvre la porte à Pékin, pour endosser ce rôle et ainsi peser plus lourdement sur l’échiquier mondial.
Pour les marchés financiers et la croissance mondiale, cet accord ôte un risque qui planait depuis un semestre, vecteur de volatilité. De quoi donner de l’élan vers de nouveaux sommets boursiers ?