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Le coût d’emprunt de la France poursuit sa remontée. Ce mercredi, le taux de l’OAT française à dix ans a atteint 3,89 %, son niveau le plus élevé depuis 2009, contre 3,79 % la veille. Cette hausse s’inscrit dans un mouvement général de tension sur les marchés obligataires européens, alimenté par le regain des inquiétudes géopolitiques au Moyen-Orient, mais elle reflète également les fragilités propres aux finances publiques françaises.
L’écart de taux avec l’Allemagne, référence de la zone euro, dépasse désormais 82 points de base, son plus haut niveau depuis le début de l’année. Les investisseurs exigent ainsi une prime de risque plus importante pour financer la dette française, dont l’encours dépasse désormais 3.500 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB.
Les doutes sur la trajectoire budgétaire du pays renforcent cette défiance. Le gouvernement reconnaît qu’il sera difficile d’atteindre son objectif de déficit public de 5 % du PIB cette année, tandis que plusieurs économistes estiment que les échéances politiques à venir, notamment le budget 2027 et l’élection présidentielle, entretiennent l’incertitude.
Pour les analystes, la remontée des taux pourrait s’inscrire dans la durée tant que les marchés ne disposeront pas d’une meilleure visibilité sur la stratégie de redressement des finances publiques. Un coût d’emprunt plus élevé pèserait progressivement sur les charges d’intérêt de l’État et réduirait ses marges de manœuvre budgétaires.