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La remontée brutale des taux d’intérêt mondiaux ravive les tensions sur les marchés. Aux États-Unis, le rendement des obligations à 30 ans a dépassé un temps les 5 %, retrouvant des niveaux observés avant la crise des subprimes.
Les banques centrales se retrouvent face à un exercice délicat. La BCE pourrait reprendre le chemin du resserrement monétaire pour contenir la hausse des prix, tandis que la FED hésite entre maintien des taux et intervention plus rapide. Les marchés craignent une erreur comparable à celle de 2011, lorsque la BCE avait remonté ses taux avant la crise des dettes souveraines.
La France reste particulièrement exposée : une hausse prolongée des rendements augmenterait fortement la charge de la dette alors que les émissions atteignent des niveaux records. Le Royaume-Uni et le Japon apparaissent aussi fragilisés, confrontés à des tensions budgétaires et à des rendements historiquement élevés.
Pour l’instant, les marchés actions résistent grâce aux résultats des grandes valeurs technologiques. Mais la hausse du coût du financement pourrait finir par peser sur leurs investissements.
Enfin, le dollar ne profite que partiellement de cette remontée des taux : contrairement aux cycles précédents, les tensions actuelles sont davantage liées aux risques inflationnistes qu’à une accélération économique, limitant l’effet positif habituel sur la devise américaine.