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À trop regarder les indices Actions défier les lois de la gravité, on en avait oublié qu'ils ne sont que la petite fougère qui cache la forêt obligataire. Et quand celle-ci commence à s'agiter au souffle d'un vent mauvais, il s'agit d'être réactif - car, en matière de dette, une brise peut vite se muer en tempête.
C'est ce qu'a tenté de faire, la semaine passée, Scott Bessent, en annonçant que le Trésor américain allait doubler, en septembre, ses rachats de dette américaine à long terme (entre 10 et 30 ans). Si l'annonce a quelque peu détendu l'atmosphère, cela n'a été que de courte durée. Forcément, au vu de la situation, autant mettre un sparadrap sur une fracture ouverte. En l'occurrence, une crise de confiance caractérisée par une envolée du coût d'emprunts de l'Oncle Sam dont les taux à 10 et 30 ans ont touché, la semaine passée, des cimes (voir graphique). Forcément, avec une dette qui vient de dépasser les 40 000 milliards de dollars et un déficit à plus 6 % du PIB, les investisseurs se montrent plus tatillons. Surtout alors que la guerre au Moyen-Orient est un jour sans fin qui coûte les yeux de la tête.
Plus que des mesures financières, les Etats-Unis seraient plus inspirés de se sortir du bourbier géopolitique dans lequel ils se sont enlisés depuis la fin février. Un impératif d'autant plus grand que les américains ne sont pas les seuls à se financer sur le marché de la dette. Les Golgoths de la tech ont, eux aussi, besoin de lever des fonds pour continuer de financer leur pierre philosophale artificielle. Face à cette concurrence de besoins, les investisseurs pourraient bien être tentés de faire leur choix sur un "Am, Stram, Gram…" Quoique, à bien regarder l'impasse géopolitique actuelle et ce qu'elle coûte au pays, ils seraient même plus avisés de tourner le dos au souverain. Une hypothèse qui suggère que le coût auquel empruntent déjà les États-Unis pourrait continuer de prendre de la verticalité. Sachant que les intérêts de la dette sont déjà de 1 200 milliards de dollars cette année, la situation pourrait se dégrader plus vite encore. Une pression supplémentaire qui laisse entendre que le marché obligataire sera le véritable juge de paix dans cette histoire.
Retour sur des plus hauts de 25 ans sur le 30 ans américain

Source : Datastream, décembre 2020 - août 2026
L'agitation sur l'obligataire n'a bien sûr pas manqué de peser sur la tendance des marchés la semaine passée. À commencer par les actions qui signent la plus forte baisse hebdomadaire. Parallèlement, les obligations n'ont pas trouvé grâce aux yeux d'investisseurs qui n'avaient d'attention que pour les matières premières, portées par l'appréciation du pétrole. L'absence prolongée d'une sortie de crise dans le Golfe Persique a, en effet, été un facteur de soutien pour les cours de l'or noir qui se sont installés au-dessus des 90 dollars le baril - le Brent a conclu la semaine proche des 94 dollars.
| Classes d'actifs * | Performances hebdo. (en %) | Performances 2026 (en %) |
|---|---|---|
| Actions | -1.7 | 15.3 |
| Obligations | -0.4 | -0.4 |
| Matières Premières | 3.0 | 31.9 |
| Liquidités | 0.0 | 1.3 |
L'impasse géopolitique, les craintes relatives à l'inflation sous-jacente et les tensions sur l'obligataire qui en ont découlé, ont surtout pénalisé les actions. Les marchés américains mais surtout japonais se sont retrouvés en première ligne de cette agitation en signant les deux plus fortes baisses hebdomadaires. Si l'Europe n'est pas en reste, le MSCI UK tire son épingle du jeu à la hausse grâce à l’embellie sur les matières premières. Depuis janvier, ce sont les marchés émergents qui continuent de faire, de très loin, la course en tête du classement général.
| Régions ** | Performances hebdo. (en %) | Performances 2026 (en %) |
|---|---|---|
| Amérique du Nord | -2.1 | 13.7 |
| Japon | -4.1 | 19.9 |
| Europe hors Royaume-Uni | -0.8 | 13.4 |
| Asie-Pacifique hors Japon | 0.4 | 17.1 |
| Pays émergents | 0.4 | 25.2 |
Le contexte sur les marchés et l'absence d'appétit pour les actions n'a, pour autant, pas profité au compartiment obligataire. À l'exception du court terme qui parvient à se maintenir à l'équilibre, les autres segments ont conclu la semaine en baisse. Si le haut rendement ne recule que faiblement, l'Investment Grade signe la plus forte baisse de la semaine et creuse un peu plus son retard au palmarès qui prévaut depuis le début de l'année.
| Segments *** | Performances hebdo. (en %) | Performances 2026 (en %) |
|---|---|---|
| Investment Grade | -0.4 | -0.4 |
| High Yield | -0.1 | 2.0 |
| Court Terme | 0.0 | 0.5 |
Sur le front souverain, les rendements des emprunts d'État à long terme étaient, bien entendu, orientés à la hausse. L'inflation et les risques induits par la crise prolongée au Moyen-Orient commencent à peser sérieusement sur le profil financier d'un certain nombre d'économies pour lesquelles les investisseurs réclament désormais une prime de risque plus élevée. Cela s'est fait sentir sur le 10 ans américain (+ 4 pb) - qui a, du reste, profité de l'annonce du Trésor américain - mais surtout sur ses pendants européens. Le Bund de même maturité a pris parallèlement 7 pb tandis que l'OAT en a pris dix. Si le mouvement reste mesuré, il pourrait prendre plus d'ampleur dans un avenir proche.
| Indicateurs clés | Niveau |
|---|---|
| US T-Bond 10 ans (Etats-Unis) | 4.72 % |
| Bund 10 ans (Allemagne) | 3.23 % |
| OAT 10 ans (France) | 4.01 % |
Ce contexte n'a pas manqué non plus de se faire sentir sur le marché des changes. L'annonce par le Trésor américain du doublement des rachats de dette à long terme à compter de septembre s'est, sans surprise, faite sentir sur le dollar, l'opération faisant craindre aux investisseurs une perte de confiance dans le billet vert. De sorte que, la devise américaine a nettement reculé face à l'euro la semaine passée, la paire revenant au-dessus du seuil de 1,17.
Principales parités
1 € = 1.17 $
1 € = 0.86 £
1 € = 185.66 ¥
| Inflation | Taux directeurs |
|---|---|
| Etats-Unis = 3.4 % | Etats-Unis = 3.50 - 3.75 % |
| Zone Euro = 2.9 % | Zone Euro = 2.25 % |
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