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À Hanovre, Pictet AM souligne que l’essor industriel passera par la maîtrise des données et l’accélération des énergies propres.
Le boom technologique rend la transition vers les énergies propres de plus en plus urgente, mais aussi plus réalisable. Découvrons pourquoi lors de la grande messe de l’innovation industrielle.
Par Katie Self, Senior Investment Manager
Les données et l’énergie figurent parmi les ressources les plus importantes au monde. Pour toutes deux, nous observons un changement significatif dans la dynamique de l’offre et de la demande – et nous devons innover pour nous adapter.
C’est ce que j’ai appris en discutant avec des start-ups, des grands groupes, des universitaires et des investisseurs en capital-risque sur l’édition 2026 de la Foire de Hanovre, le plus grand rassemblement mondial d’innovateurs industriels, qui a attiré quelque 150'000 visiteurs représentant 4'000 entreprises.
En tant qu’investisseurs dans l’environnement, nous étions là pour identifier de nouvelles technologies qui permettent d’économiser l’énergie et les ressources.
L’une des grandes évolutions que nous avons observée résidait dans le ton des conversations sur l’énergie dont la demande connaît un changement radical. Il en ressortait un nouveau sentiment d’urgence. Les services aux collectivités et les entreprises cherchent à relever les défis énergétiques avant leur apparition.
Les sources de combustibles non fossiles représentent déjà 41 % de la production d’électricité mondiale. Pour augmenter cette part, nous devons trouver de meilleures façons de gérer la nature intermittente de l’énergie éolienne et solaire.
Parallèlement, face à la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes et des cyberattaques signalées, ainsi que face à la volatilité géopolitique croissante, le thème de la sécurité et de l’indépendance énergétiques était dans toutes les bouches.
Un fournisseur d’équipements électriques basé à Taïwan, par exemple, nous a montré un nouveau système de stockage d’énergie par batterie (BESS) qui permet de gérer l’énergie de manière dynamique.
Utilisé avec des panneaux photovoltaïques, des piles à combustible, des générateurs, des transformateurs et d’autres équipements électriques critiques, ce BESS intègre un refroidissement par liquide et est fourni sous forme d’une seule armoire de stockage d’énergie. Avec une surface au sol de moins de 1,5 m² et une conception adaptée aux chariots élévateurs qui évite le creusement de tranchées souterraines, cette technologie est conçue pour simplifier le processus de gestion de l’énergie et rendre le stockage par batterie plus accessible, même pour les petits sites commerciaux.
Nous avons également constaté des progrès clairs dans le développement de logiciels et de dispositifs de contrôle de microréseaux, les « cerveaux » du système.
Les microréseaux peuvent renforcer la résilience de notre alimentation électrique en décentralisant les opérations et en réduisant la dépendance au réseau général. Pour cela, ils ont besoin de commandes complexes pour coordonner tous les générateurs, le stockage, les charges et les connexions aux réseaux. Nous en avons vu des exemples à Hanovre. Les activités d’innovation visent non seulement l’efficacité énergétique et la gestion dynamique de la charge, mais aussi la cybersécurité et la capacité à garantir la stabilité du système en cas de panne causée par des intempéries ou des attaques.

Toutes ces innovations ne sont possibles qu’avec la technologie numérique, qui était l’autre grand thème de la Foire de Hanovre. L’IA revenait sur chaque stand technologique, au cours de chaque démonstration que nous avons vue et de chaque conversation que nous avons eue. Rien de surprenant à cela: aujourd’hui, l’IA est LE sujet de la plupart des événements. Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont ce thème a évolué dans les conversations par rapport à l’année dernière.
La discussion ne porte plus sur les capacités potentielles de l’IA pour les entreprises industrielles, mais sur son déploiement. Et l’étendue des applications était impressionnante ici.
L’accent a été mis sur ce que l’on appelle l’IA physique, depuis les usines sans ouvrier (équipées uniquement de machines) aux robots humanoïdes présents sur de nombreux stands. Nous avons vu ce type de machines effectuer une multitude d’activités, certaines servaient des boissons tandis que d’autres faisaient du tai-chi. Cependant, tout autant divertissant que ce soit, nous avons eu du mal à trouver un stand où des robots humanoïdes étaient réellement impliqués dans l’automatisation des applications industrielles, car c’est là qu’ils pourraient jouer un rôle à l’avenir dans l’amélioration de l’efficacité.
Des robots en action sur la Foire de Hanovre

En revanche, l’IA agentique progresse déjà dans de nombreux secteurs. Pour nous, les cas d’utilisation particulièrement intéressants de cette forme d’intelligence artificielle impliquent la maintenance prédictive et les prévisions pour les processus industriels, où l’IA aide à anticiper les dysfonctionnements potentiels des équipements et à planifier des mesures préventives. Alors que cette technologie existe depuis un certain temps sous la forme de jumeaux numériques, l’intégration d’agents d’IA entraîne une évolution de l’offre classique de « tableaux de bord et simulateurs » vers des agents actifs et spécialisés qui planifient, décident et parfois exécutent les changements requis avec une intervention humaine minimale. Dans un exemple, les agents ont pu minimiser le volume de déchets, ainsi que la consommation d’eau et d’air comprimé dans un environnement d’usine en testant en permanence les changements à des microniveaux dans le jumeau numérique.
Une utilisation clé de ces technologies à l’avenir sera bien sûr la gestion de l’énergie. Comme nous l’a expliqué un ingénieur d’une entreprise européenne de technologie énergétique, l’énergie ne peut plus être considérée et gérée comme une source illimitée. Il nous a décrit la forte dynamique de la demande pour leurs solutions qui permettent de gérer ensemble l’énergie et les processus.
En d’autres termes, l’énergie n’est plus une ressource garantie accessible en appuyant simplement sur un bouton. Sa disponibilité est désormais une contrainte active. Par conséquent, cela représente également une opportunité pour les entreprises qui adoptent les technologies présentées sur la Foire de Hanovre de cette année et qui, si elles le font correctement, peuvent vraiment améliorer leurs processus, optimiser leur efficacité, réduire les temps d’arrêt et augmenter leurs niveaux de production. En tant qu’investisseurs dans l’environnement, nous y voyons un fort potentiel.