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Malgré les tensions Israël-Iran et le risque sur Ormuz, les investisseurs relativisent déjà l’escalade, soutenus par des signaux de désescalade américaine.
Alors qu’un accord entre Washington et Téhéran semblait à portée de main ces dernières semaines, la reprise des hostilités entre Israël et l’Iran ce week-end a brutalement rappelé combien la trajectoire diplomatique au Moyen-Orient demeurait fragile
Par Thomas Giudici, Directeur de la gestion obligataire
Donald Trump, qui semble plus que jamais déterminé à décrocher son prix Nobel de la paix, s’est employé à minimiser la portée des événements. Le président américain a en effet affirmé que ces affrontements n’avaient eu « aucun impact » sur les discussions en cours avec l’Iran et a multiplié les déclarations visant à contenir toute escalade supplémentaire. Selon plusieurs médias américains et israéliens, il aurait notamment exhorté Benyamin Netanyahou à éviter toute riposte d’ampleur immédiate, tout en réaffirmant sa conviction que les négociations finiraient par aboutir.
Si l’ouverture des marchés ce matin s’inscrit logiquement dans le rouge, le mouvement reste néanmoins relativement contenu. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer cette résilience des actifs financiers malgré le contexte particulièrement incertain.
Le premier, et probablement le plus important, tient au fait que le marché s’est pour l’instant allègrement trompé sur les prévisions de prix du baril. Alors qu’au début du conflit, les scénarios les plus pessimistes évoquaient un pétrole pouvant atteindre 150 à 200 dollars en cas de fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, force est de constater que cette envolée ne s’est jamais matérialisée. Au-delà du fait que les investisseurs continuent de privilégier un scénario de normalisation progressive de la situation malgré les multiples rebondissements, le marché pétrolier a également bénéficié de plusieurs amortisseurs qui ont permis d’absorber une partie du choc.
Le premier était déjà relativement connu dès le début de la crise : les principaux producteurs du Golfe disposaient de capacités alternatives leur permettant de contourner, au moins partiellement, le détroit d’Ormuz. Ainsi, l’augmentation de l’utilisation de l’oléoduc Est-Ouest saoudien, reliant les champs pétroliers du Golfe au port de Yanbu sur la mer Rouge, ainsi que du pipeline reliant Abou Dhabi au terminal de Fujairah, ont permis de compenser près d’un quart des volumes transitant habituellement par le détroit d’Ormuz. Deux autres facteurs ont également contribué à amortir le choc. D’une part, les exportations nettes américaines de pétrole et de produits raffinés ont fortement progressé ces derniers mois, passant d’environ 5 à près de 9 millions de barils par jour. D’autre part, et plus surprenant, la Chine a considérablement réduit ses achats de pétrole. Les importations nettes maritimes du pays sont passées d’environ 13 à 7,5 millions de barils par jour. Pékin aurait fait le choix de limiter ses achats face à la hausse des prix, profitant de stocks constitués de longue date et d’une dépendance énergétique progressivement réduite grâce au développement du nucléaire, des énergies renouvelables et de la mobilité électrique. À titre d’exemple, plus d’une voiture neuve sur deux vendue en Chine est désormais électrique et la consommation d’essence a chuté de près de 20 % sur un an en avril selon Goldman Sachs.
Ces évolutions, ainsi que la rapidité avec laquelle les marchés ont l’habitude de passer à autre chose, expliquent probablement pourquoi les investisseurs semblent progressivement tourner la page Ormuz, intégrant désormais l’hypothèse d’un baril durablement plus élevé, mais sans véritable choc pétrolier. Retour aux fondamentaux économiques, à commencer par la résilience du marché de l’emploi américain, qui alimente les interrogations sur la trajectoire de la Fed et le niveau futur des taux directeurs. Du côté des marchés actions, qui avaient d’ailleurs largement tourné la page du conflit depuis plusieurs semaines, la thématique de l’IA et les méga-IPO attendues dans le secteur technologique mènent de nouveau la danse.
Granularité, diversification et dette maîtrisée : les leviers évoqués par Norma Capital pour traverser le cycle immobilier.
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