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En dépit du protocole d’accord du 17 juin entre les Etats-Unis et l’Iran, la persistance d’une inflation plus élevée que souhaitée a conduit les Banques Centrales à…
Par Emmanuel Auboyneau, Gérant de portefeuilles - Associé
L’activité américaine, malgré tous les évènements de ces derniers mois, est étonnamment solide. La consommation s’est récemment effritée mais reste à des niveaux solides. L’industrie est un pourvoyeur de croissance avec des taux de progression de 3 à 4% par an en moyenne pour la production industrielle. L’investissement est également dynamique avec la forte contribution du secteur militaire et de l’intelligence artificielle. En revanche, le marché de l’emploi donne toujours des signes de faiblesse et aura besoin de davantage de visibilité pour retrouver des couleurs. La construction est également un élément de faiblesse de la croissance américaine et ne parvient pas à rebondir.
L’économie américaine se porte donc plutôt bien et n’a pas souffert outre mesure de la guerre et du choc pétrolier. L’accord avec l’Iran, s’il est bien confirmé, et la chute des prix du pétrole renforcent la visibilité pour les prochains mois.
Le risque de chute de l’activité étant écarté à court terme, la Réserve Fédérale peut donc concentrer son attention sur l’inflation. Les prix américains sont aujourd’hui nettement au-dessus de l’objectif de 2%. Reste à savoir quelle est la part conjoncturelle liée à la récente hausse des matières premières d’une part et d’autre part la part un peu plus structurelle liée aux effets induits dans l’économie des évènements récents. La première se dégonflera d’elle-même avec la baisse du pétrole. La seconde nécessitera sans doute une action plus tangible de la Banque Centrale. C’est pourquoi nous avons assisté à un changement de ton marqué de l’institution monétaire. Son nouveau président, Kevin Warsh, récemment nommé par Donald Trump qui ne cesse de réclamer des taux plus bas, a tenu un discours assez clair et plutôt orienté vers une remontée des taux. Warsh a adopté une attitude étonnamment restrictive et affirmé que la Banque Centrale « livrera la stabilité des prix ». Cette sortie aura au moins le mérite de rassurer sur l’indépendance de la Réserve Fédérale.
En Europe la Banque Centrale se pose moins de questions, focalisée sur son seul mandat, la lutte contre l’inflation. La situation préoccupante de la croissance européenne, en dépit de l’hétérogénéité de situations des membres de la zone, n’a pas incité l’institution monétaire à faire preuve de modération. Elle a donc procédé à une première hausse des taux tout en laissant la porte largement ouverte à d’autres relèvements.
En agissant ainsi la Banque Centrale Européenne prive sciemment l’économie du continent d’un levier de croissance. On peut donc regretter ce dogmatisme qui semble inscrit dans les gênes de notre Banque Centrale.
En Chine l’inflation est étonnamment restée mesurée en dépit de la hausse du pétrole. La croissance s’est stabilisée avec un secteur manufacturier à plat et une consommation toujours fragile. Le moral des ménages ne semble pas devoir rebondir à court terme. A contrario de ses consœurs, la Banque Centrale Chinoise pourrait garder une politique monétaire incitative.
Au milieu de cette récente instabilité mondiale, la révolution de l’Intelligence Artificielle poursuit son cours. La concurrence sévère entre les différents acteurs, les géants américains mais aussi les compétiteurs chinois à moindre coût, et les besoins de financement toujours plus élevés, créent une volatilité et des rotations importantes.
Nous avons dernièrement légèrement réduit le risque sur nos mandats équilibrés pour tenir compte des hausses récentes et de valorisations exigeantes. La hausse récente des taux offre de nouvelles opportunités sur certains placements obligataires, notamment les obligations à échéance.