Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Entre performances spectaculaires, recomposition des flux d’investissement et montée des risques politiques, l’année 2025 a validé plusieurs paris stratégiques tout en posant les bases.
Entre performances spectaculaires, recomposition des flux d’investissement et montée des risques politiques, l’année 2025 a validé plusieurs paris stratégiques tout en posant les bases d’un environnement 2026 exigeant mais porteur. Lecture structurée d’un cycle qui se prolonge, entre innovation, liquidité et vigilance accrue.
Les perspectives de Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet Asset Management, datées de janvier 2026
2025 a confirmé la solidité des choix d’allocation, notamment en faveur des États-Unis, de la Chine, des thématiques technologiques, des énergies propres et de l’or.
La liquidité mondiale et le super cycle d’innovation (IA, robotique, transition énergétique) constituent les principaux soutiens des marchés à l’horizon 2026.
Les risques politiques, géopolitiques et liés aux effets de levier imposent une gestion active et une forte sélectivité, en particulier en Europe et sur certains segments du crédit.
L’année 2025 a confirmé la pertinence des recommandations d’allocation, avec une surpondération des États-Unis et de la Chine, cette dernière ayant rebondi de plus de 20 %. Les thématiques technologiques et énergies propres ont également bien performé, tout comme l’or (+70 %). Les marchés émergents, notamment via la dette, ont surperformé, tandis que la dette souveraine classique a été évitée avec succès. En revanche, la prévision d’un dollar fort s’est avérée plus complexe à anticiper, en raison de facteurs politiques inattendus.
Deux tendances majeures de 2025 devraient continuer d’influencer 2026 :
Le rôle croissant des fonds spéculatifs, particulièrement américains, qui représentent désormais une part significative des volumes sur les marchés actions (environ 22%), avec un effet de levier accru. Leur positionnement reste un moteur clé des phases de correction ou de rebond.
L’essor des investisseurs particuliers, surtout aux États-Unis, qui interviennent via des ETF et notamment via des ETF à effet de levier. Leur influence reste cependant limitée à l’amplification des mouvements, sans capacité à initier des tendances majeures.
La liquidité mondiale demeure abondante, soutenue par des politiques monétaires accommodantes. Si la Fed devrait poursuivre ses baisses de taux, la plupart des autres banques centrales sont désormais en statu quo, avec de possibles hausses en deuxième partie d’année, l’Australie servant souvent d’indicateur avancé. Cette abondance de liquidité continue d’irriguer l’économie mondiale, soutenant une croissance proche de son potentiel, notamment grâce aux gains de productivité et à la dynamique des marchés émergents.
La France reste confrontée à un déclassement économique, avec une croissance molle malgré un taux d’épargne élevé. L’Allemagne, après trois années de stagnation, pourrait bénéficier de son plan de relance, mais l’impact reste incertain sur le moyen-long terme. En Europe, la sélectivité sectorielle et géographique est cruciale, avec des opportunités identifiées notamment dans les banques espagnoles et italiennes.
L’économie américaine demeure robuste, portée par la consommation de 60 % des ménages et une croissance attendue autour de 2,5 %. L’inflation reste maîtrisée (2,5-3 %), soutenue par la hausse des salaires et la vigueur des services. La productivité américaine, dopée par l’innovation et l’IA, creuse l’écart avec la zone euro, justifiant un biais structurel en faveur des actifs américains.
L’Asie s’affirme comme moteur de la croissance mondiale, avec un découplage du commerce intra-asiatique. Le Japon bénéficie de rachats d’actions massifs et d’un yen faible, tandis que la Chine sort de la déflation et poursuit une stratégie de long terme inspirée par des principes historiques. Les marchés frontières, comme le Vietnam ou la Roumanie, affichent des performances remarquables et offrent des opportunités de diversification, à condition d’opter pour une gestion active.
La géopolitique reste un facteur de volatilité, avec des tensions au Venezuela et une recomposition des alliances. Le pétrole vénézuélien, bien que stratégique, reste difficilement exploitable à court terme. Les États-Unis privilégient la sécurisation de ressources plus accessibles, comme au Guyana. Sur les matières premières, l’or et l’argent poursuivent leur rallye, soutenus par un déficit structurel d’offre et une demande institutionnelle croissante. Les métaux industriels et stratégiques, comme le cuivre ou l’uranium, bénéficient également de cette tendance, tandis que le lithium et les matières premières agricoles évoluent différemment.
L’IA s’inscrit dans un super cycle d’innovation, avec des applications concrètes dans la robotique et les biotechnologies. Les plateformes technologiques (Meta, Amazon, etc.) tirent parti de l’IA pour accroître leur productivité et leurs revenus. La transition énergétique reste également un thème porteur, notamment via le solaire américain et la robotisation du recyclage des métaux stratégiques. Les large caps américaines de la tech restent à privilégier, tandis que la diversification vers les marchés émergents et les matières premières s’impose.
Plusieurs risques sont à surveiller :
· Effets de levier sur les marchés actions et volatilité accrue liée aux fonds spéculatifs et aux particuliers.
· Situation politique américaine, marquée par une radicalisation et des incertitudes liées à l’élection présidentielle.
· Prix du pétrole, avec un consensus sur la baisse mais un risque de hausse en cas de demande supérieure aux prévisions.
· Banques régionales et crédit privé américain, qui présentent des risques spécifiques à surveiller.
· Réglementation accrue sur les secteurs de la défense et bancaire, notamment sous l’impulsion de Donald Trump.
L’année 2026 s’annonce comme une année de continuité dans le super cycle d’innovation, portée par la robotique, l’IA et la transition énergétique. Les opportunités d’investissement se concentrent sur les actions technologiques, les marchés émergents et frontières, ainsi que sur les métaux précieux. La sélectivité reste essentielle, notamment en Europe et dans les secteurs cycliques. Malgré un environnement globalement favorable, la vigilance s’impose face aux risques politiques, géopolitiques et de marché. La gestion active et la diversification demeurent les clés pour tirer parti des dynamiques de 2026.