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Ecofi : depuis le milieu de l’année 2025, quelque chose a changé.
Depuis le milieu de l’année 2025, quelque chose a changé. Discrètement d’abord, puis avec une accélération sensible en ce début 2026 : les valeurs liées à la transition énergétique et environnementale retrouvent les faveurs des investisseurs. Un retour qui mérite qu’on s’y arrête — non pas pour céder à l’enthousiasme, mais pour comprendre ce qu’il dit vraiment des marchés et des opportunités qui se dessinent.
Par Alice de CHARMOY, Directrice de la Gestion Actions
Rappelons le contexte. Entre 2019 et 2022, la thématique climat avait connu un engouement spectaculaire. Portées par la baisse des taux, une prise de conscience collective et des flux massifs d’investissement, les valeurs environnementales avaient atteint des niveaux de valorisation difficilement justifiables.
Une bulle, pour dire les choses clairement. Les valeurs« incontournables » de la transition concentraient des flux excessifs, leurs multiples s’envolaient, et les prévisions de résultats intégraient des hypothèses de taux durablement proches de zéro, hypothèse qui s’est révélée, on le sait, radicalement fausse. Puis est venu le temps de la correction. Dès 2022 et jusqu’à mi-2025, la hausse brutale des taux, l’inflation persistante et le renchérissement des coûts dans les chaînes d’approvisionnement ont lourdement pesé sur les valeurs liées aux énergies renouvelables, à la construction et à la production d’énergie décarbonée.
Les flux se sont retirés, les investisseurs ont regardé ailleurs, et la contre-performance a alimenté le désintérêt ; un cercle vicieux classique. Ce cycle baissier a eu au moins une vertu : il a ramené les valorisations à des niveaux beaucoup plus attractifs.
Et c’est précisément ce réajustement qui attire aujourd’hui les investisseurs généralistes, ceux-là mêmes qui avaient tourné le dos à la thématique pendant plusieurs années. Non par conviction retrouvée, mais parce que les fondamentaux redeviennent lisibles, les points d’entrée raisonnables, et les perspectives de croissance structurelle intactes.
Alors, changement de cycle ou simple rebond tactique ? Les signaux plaident pour un retour de fond. Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas un mouvement spéculatif : c’est la réallocation progressive d’investisseurs généralistes vers des segments qu’ils avaient délibérément ignorés, attirés par des valorisations assainies et des perspectives de long terme qui, elles, n’ont jamais disparu.
Car le fond du sujet n’a pas changé. La transition vers des énergies décarbonées en est encore à ses débuts. La dépendance aux énergies fossiles reste massive à l’échelle mondiale. Les besoins en électrification, en efficience énergétique, en économie circulaire représentent un cycle d’investissement qui s’étendra sur plusieurs décennies.
Ce n’est pas une mode, c’est une nécessité économique et industrielle profonde, qui continuera de créer des opportunités indépendamment des turbulences politiques de court terme.
Et c’est là un point important : le backlash politique autour du climat — dont l’élection de gouvernements climatosceptiques dans plusieurs pays est le symptôme le plus visible — n’a pas effacé la réalité des enjeux, ni la dynamique d’investissement sous-jacente. Des rapports scientifiques s’accumulent, les faits climatiques s’imposent, et derrière les discours qui minimisent l’effort à fournir ou renvoient le problème à plus tard, les investisseurs institutionnels continuent de regarder les chiffres.
Ce qui pourrait en revanche constituer un risque réel, c’est un retour en arrière réglementaire significatif — sur les normes d’émission, les subventions aux énergies propres ou les objectifs de décarbonation — qui viendrait fragiliser la visibilité des acteurs de la transition.
Un autre facteur explique ce regain d’intérêt : la thématique d’Ecofi Agir Pour le Climat est bien plus large que ce que l’on imagine souvent.
La transition énergétique et environnementale ne se résume pas aux éoliennes ou aux panneaux solaires. Elle englobe des segments aussi variés que l’économie circulaire, la gestion des ressources en eau, la biodiversité, la lutte contre la pollution, l’efficience énergétique dans les bâtiments, les réseaux électriques, ou encore les mobilités propres. Autant de sous-univers avec des comportements boursiers très différents, ce qui offre de réelles opportunités de diversification au sein même de la thématique.
Cette diversité interne est précisément ce qui permet une gestion active et véritablement équilibrée. Aujourd’hui, par exemple, les valeurs liées à l’électrification ou au recyclage des métaux ont fortement rebondi, tandis que celles liées à l’efficience énergétique dans le bâtiment offrent encore des potentiels de revalorisation significatifs. Un portefeuille bien construit sait naviguer entre ces dynamiques, en combinant des valeurs à fort potentiel de croissance et des profils plus défensifs — comme les opérateurs de réseaux électriques régulés —qui apportent de la résilience dans les phases de marchés chahutés.
C’est aussi cela qui distingue une gestion de conviction d’un simple pari directionnel sur le climat : la capacité à identifier les acteurs qui proposent de vraies solutions — ceux dont la mission intègre un impact positif durable, qui innovent, qui investissent, qui cherchent à emmener leurs clients et leurs marchés plutôt qu’à simplement suivre les tendances réglementaires — tout en maintenant une discipline rigoureuse sur les valorisations et la construction de portefeuille.
Il reste un chantier de pédagogie important. Dans l’esprit de nombreux investisseurs, ISR et performance demeurent deux notions antagonistes — comme si choisir l’une impliquait de renoncer à l’autre. Cette perception est non seulement fausse, mais elle est contre-productive.
Les gérants ont toujours intégré des critères qui relèvent aujourd’hui de l’ESG, bien avant que ce sigle n’existe. Analyser la durabilité d’un modèle économique, anticiper les risques réglementaires, évaluer la qualité de la gouvernance et l’éthique du management : ce sont des facteurs financiers à part entière. Une entreprise exposée à une industrie déclinante, une société aux pratiques de gouvernance douteuses, un acteur incapable de s’adapter aux évolutions réglementaires — ce sont des risques financiers, pas seulement des risques extra-financiers. Et les études le confirment : les entreprises bien notées sur les critères ESG tendent à être plus résilientes, mieux gérées, et mieux positionnées sur les tendances de long terme.
Si l’ISR a souffert d’une mauvaise réputation ces dernières années, c’est en partie parce que sa surperformance des années 2018-2022 a mécaniquement généré une sous-performance lors du retournement — créant l’illusion d’un facteur défaillant, alors qu’il ne faisait que rendre une prime accumulée dans un contexte de flux excessifs. C’est aussi parce que la multiplication des contraintes réglementaires, des reportings et des exercices de conformité a parfois obscurci l’essentiel : l’apport concret à la performance des portefeuilles.
Chez Ecofi, cette question ne se pose pas en termes de choix. ISR et performance sont deux dimensions alignées, qui convergent dans la durée. C’est notre conviction de fond, et c’est ce qui guide notre approche sur le fonds Ecofi Agir pour le Climat.