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L’IPO géante de SpaceX illustre l’euphorie des investisseurs pour l’IA, malgré des pertes qui interrogent la valorisation rêvée par Elon Musk.
Cette année, ne cherchez pas de blockbusters au cinéma… C'est en Bourse qu'ils sont attendus.
Mieux que le prochain Marvel, plus fort que le nouveau Star Wars, l'IPO de SpaceX (le mois prochain) fait déjà tourner les têtes. L'opération pourrait permettre à Elon Musk de valoriser son joujou à près de 1 800 milliards de dollars et d'en lever jusqu'à 75 milliards pour décrocher la Lune — voire Mars.
À côté, Saudi Aramco, détentrice du précédent record avec 26 milliards levés en 2019, fait office de Hobbit. Et il y a tout lieu de penser que ce soit un carton si l'on s'en tient à celui de l'IPO de Cerebras il y a une dizaine de jours. En prévision de celles d'Open AI et d'Anthropic, on se croirait revenu aux belles heures de l'éclosion d'Internet où les modems crachaient des dissonances matricielles stridentes et chaotiques… Avant que cette exubérance spéculative n'aille s'empaler sur l'ombre d'un doute.
Cette fois-ci, pas de doute pour les investisseurs : l'IA est la pierre philosophale. Au point de faire l'impasse sur les pertes de SpaceX qui ont atteint 4,3 milliards de dollars au premier trimestre — presque autant (4,9 milliards) que sur l'ensemble de 2025 — plombées par… l'intelligence artificielle.
Ainsi vont les marchés en ce moment. Sous emprise obsessionnelle de l'IA, les investisseurs contemplent le monde économique de leur tapis volant sans se soucier de savoir comment il se porte. Pour leur gouverne, ça ne va pas fort en bas. L'activité semble désormais fébrile. La semaine passée, les PMI américains n'étaient pas à l'article de la stagnation, mais pas loin — notamment dans les services.
En Europe, c'est une autre histoire… de contraction déjà. Parallèlement, la récente hausse des taux d'emprunt réduit d'autant la capacité des acteurs économiques (États, entreprises et ménages) à dépenser. Enfin, alors que le mercure inflationniste a repris de la verticalité, les spéculations vont bon train sur un serrage de vis monétaire dès le mois prochain pour la BCE, qui serait imitée par la Fed d'ici la fin de l'année. Un environnement qui, précisément, ne sera pas à l'avantage des valeurs de croissance. Et les tech de gondole du marché américain risquent alors de le sentir passer.
PMI français qui passe en zone de contraction de l'activité

Source : Datastream, S&P, juin 2020 - mai 2026 ; S&P GLOBAL PMI: COMPOSITE.
Serait-ce le début d'un mieux ? Rien n'est moins sûr dans le conflit qui prévaut depuis bientôt trois mois maintenant au Moyen-Orient. Mais, si l'on s'en tient simplement à la tendance sur les marchés, les investisseurs semblaient avoir envie de croire à une issue favorable la semaine passée. Les actions sont reparties nettement à la hausse tandis que les matières premières étaient sur le reculoir, plombées par les cours du pétrole qui se rapprochaient en fin de semaine des 100 dollars le baril (Brent). Du reste, l'appréciation du compartiment obligataire suggère aussi que la prudence reste de mise tant qu'une paix durable n'aura pas été signée.
| Classes d'actifs * | Performances hebdo. (en %) | Performances 2026 (en %) |
|---|---|---|
| Actions | 1.6 | 11.9 |
| Obligations | 0.7 | 0.1 |
| Matières Premières | -1.3 | 29.8 |
| Liquidités | 0.0 | 0.8 |
Sans avoir jamais véritablement succombé aux affres de la guerre au Moyen-Orient, les actions ont montré, la semaine passée, un optimisme plus palpable concernant une éventuelle amélioration de la situation géopolitique. Et cet espoir a surtout profité aux marchés européens qui, jusqu’ici, ont le plus souffert du conflit sur fond de dépendance énergétique. Ainsi, le MSCI UK et le MSCI Europe se sont adjugé les deux plus fortes hausses de la semaine et regagnent, à cette occasion, un peu de terrain au classement général qui prévaut depuis janvier.
| Régions ** | Performances hebdo. (en %) | Performances 2026 (en %) |
|---|---|---|
| Amérique du Nord | 1.3 | 10.8 |
| Japon | 1.2 | 15.7 |
| Europe hors Royaume-Uni | 3.2 | 7.5 |
| Asie-Pacifique hors Japon | 0.3 | 10.8 |
| Pays émergents | 1.4 | 22.5 |
En dépit de ce net regain d'appétit pour le risque - ascendant actions -, les intervenants n'en demeurent pas moins sur leurs gardes. En témoigne, la tendance qui a prévalu sur le compartiment obligataire où tous les segments ont terminé dans le vert. À commencer par l'investment grade qui signe, de loin, la meilleure performance hebdomadaire, signe que les investisseurs ne sont pas prêts à acheter l'espoir de paix aussi facilement. Au palmarès qui prévaut depuis le début de l'année, c'est toujours le haut rendement qui fait la course en tête.
| Segments *** | Performances hebdo. (en %) | Performances 2026 (en %) |
|---|---|---|
| Investment Grade | 0.7 | 0.1 |
| High Yield | 0.1 | 0.7 |
| Court Terme | 0.2 | 0.1 |
Bien sûr, l’appréciation des actions tient aussi au recul des rendements des emprunts d’État à long terme après l’envolée de la semaine précédente. Du reste, cette tendance est toute relative aux États-Unis, où le 10 ans n’a cédé que de 3 pb sur la semaine. Le constat est en revanche un peu plus évident de ce côté de l’Atlantique, où les rendements ont plus nettement reculé. À l’instar des 10 ans allemand et français, qui ont cédé 12 pb sur la semaine.
| Indicateurs clés | Niveau |
|---|---|
| US T-Bond 10 ans (Etats-Unis) | 4.56 % |
| Bund 10 ans (Allemagne) | 3.00 % |
| OAT 10 ans (France) | 3.61 % |
Ce contexte s'est traduit par une stabilité sur le marché des changes où l'euro a légèrement reculé face au dollar et à la livre. Par ailleurs, le billet vert s'est maintenu proche de ses plus hauts des dernières semaines. De sorte que la paire euro-dollar s'est maintenue sur le seuil des 1,16.
Principales parités
1 € = 1.16 $
1 € = 0.86 £
1 € = 184.53 ¥
| Inflation | Taux directeurs |
|---|---|
| Etats-Unis = 3.8 % | Etats-Unis = 3.50 - 3.75 % |
| Zone Euro = 3.0 % | Zone Euro = 2.00 % |
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