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Heureusement qu'il y avait, la semaine passée, le - toujours évanescent - accord de paix au Moyen-Orient pour soutenir le moral des investisseurs. Sans cela, ils auraient bien pu terminer sous Prozac tant l'environnement monétaire a subitement tourné à l'anthracite.
Après la BCE, la semaine précédente, c'est donc la BoJ qui est passée à l'acte, mardi dernier, en relevant son taux directeur à 1 %, soit son niveau le plus élevé depuis trente ans ! Largement attendue, la nouvelle n'a pas déclenché de tsunami obligataire. En revanche, celle de la Fed (le lendemain) a généré un peu de clapot indiciel sur les actions. Particulièrement attendue, elle était l'occasion de savoir de quel taux allait se chauffer Kevin Warsh, le nouveau patron de la Fed, en fausse colombe qu'il est. Pour sa première réunion (FOMC), celui-ci s'est surtout distingué par des changements de forme. Entre autres, des "task forces" et un communiqué de politique monétaire revenu à un format greenspanien qui tient plus du post-it que de l'A4, histoire de gagner en concision - mais peut-être pas en clarté.
Ça, c'est pour la forme. Sur le fond, la Warsh touch s'est illustrée par un statu quo et des projections pas très emballantes. La possibilité d'une baisse de taux a été gommée du communiqué de l'institution et neuf de ses responsables s'attendent désormais à au moins un relèvement cette année. Forcément, avec une inflation à désormais plus de 4 % (mai), Kevin peut difficilement fuir ses responsabilités. S'il entend aborder le problème le couteau entre les dents, il se laisse toutefois pour l'heure un peu de temps. Histoire d'en laisser à Donald pour finaliser définitivement un accord de paix durable. Mais aussi pour anticiper le pic d'inflation à venir afin de calibrer le tempo et l'ampleur de son resserrement. Une équation d'autant plus difficile qu'il faudra plusieurs mois pour que les chaînes mondiales d'approvisionnement du pétrole carburent enfin à plein régime. Certes, la semaine passée, les prix du baril (Brent) sont revenus sous les 80 dollars (voir graphique). Mais, loin de leur onirisme technologique, les investisseurs semblaient être tombés de l'armoire, découvrant stupéfaits que la situation conjoncturelle et inflationniste nécessiterait cette année une semonce monétaire. Il était temps.
Normalisation du cours du Brent


Source : Datastream, 31/12/2025-19/06/2026 (en USD)
Une fois encore, la prudence était palpable la semaine passée sur les marchés. S'attachant à l'espoir d'une paix durable au Moyen-Orient, les investisseurs retrouvaient clairement de l'appétit pour le risque en privilégiant les actions. Du reste, au regard de la situation incertaine et des négociations toujours en cours, ils n'en demeuraient pas moins sur leurs gardes, ce qui profitait dans une moindre mesure au compartiment obligataire. Plus que la prorogation du cessez-le-feu pour 60 jours supplémentaires, c'est bien le recul continu des cours du pétrole sous le seuil des 80 dollars le baril (pour la première fois depuis début mars) qui a soutenu la tendance sur les actions.
| Classes d'actifs * | Performances hebdo. (en %) | Performances 2026 (en %) |
|---|---|---|
| Actions | 2.2 | 14.7 |
| Obligations | 0.1 | 0.6 |
| Matières Premières | -1.1 | 20.3 |
| Liquidités | 0.0 | 0.9 |
À l'exception notable de Londres, pénalisée par la baisse du secteur énergétique et d'un contexte politique et monétaire délicat, toutes les zones géographiques ont terminé dans le vert la semaine passée. Malgré la perspective d'une politique monétaire plus restrictive, les marchés américains s'en sortent bien, toujours portés par le secteur technologique. Tout comme les actions japonaises qui signent la plus forte hausse de la semaine - le Nikkei ayant d'ailleurs touché un nouveau record à plus de 72 000 points. Mais ce sont - de très loin désormais - les marchés émergents qui caracolent en tête du classement général.
| Régions ** | Performances hebdo. (en %) | Performances 2026 (en %) |
|---|---|---|
| Amérique du Nord | 1.8 | 12.5 |
| Japon | 5.6 | 22.1 |
| Europe hors Royaume-Uni | 1.1 | 10.8 |
| Asie-Pacifique hors Japon | 0.9 | 10.7 |
| Pays émergents | 5.1 | 31.6 |
Les incertitudes qui pèsent sur les négociations en cours profitent une nouvelle fois au compartiment obligataire. "Chat échaudé craint l'eau froide" résume en substance la posture d'investisseurs qui, après plus de trois mois de guerre, restent particulièrement prudents en attendant la signature définitive d'un accord durable. Une posture qui profite aux obligations, à commencer par le haut rendement qui, dans le sillage des actions, signe la meilleure performance hebdomadaire et creuse un peu plus l'écart au palmarès annuel.
| Segments *** | Performances hebdo. (en %) | Performances 2026 (en %) |
|---|---|---|
| Investment Grade | 0.1 | 0.6 |
| High Yield | 0.2 | 1.7 |
| Court Terme | 0.0 | 0.4 |
Une tendance moins palpable, en revanche, sur le front souverain où les rendements des emprunts d'État sont restés globalement inchangés. Une immobilité à mettre au compte d'une conjonction de l'espoir prudent d'un accord de paix durable au Moyen-Orient et de l'assombrissement concomitant des perspectives monétaires cette année. Dans ces conditions, le 10 ans américain a grappillé deux points de base, là où, en Europe, son pendant allemand en cédait autant.
| Indicateurs clés | Niveau |
|---|---|
| US T-Bond 10 ans (Etats-Unis) | 4.45 % |
| Bund 10 ans (Allemagne) | 2.98 % |
| OAT 10 ans (France) | 3.63 % |
Sur le marché des changes, cet environnement ballotté entre les nouvelles du front géopolitique et monétaire s'est traduit par un léger impact sur la paire euro-dollar qui est revenue sur le seuil des 1,14 pour la première fois depuis fin mars. À noter que le yen évoluait en fin de semaine proche de ses plus bas niveaux depuis 40 ans.
Principales parités
1 € = 1.15 $
1 € = 0.87 £
1 € = 184.88 ¥
| Inflation | Taux directeurs |
|---|---|
| Etats-Unis = 4.2 % | Etats-Unis = 3.50 - 3.75 % |
| Zone Euro = 3.2 % | Zone Euro = 2.25 % |
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